Aller au contenu principal

Cartographie des orgasmes : toutes les façons de jouir

Cartographie des orgasmes : toutes les façons de jouir

Il y a des phrases que j'entends souvent, et qui me peinent à chaque fois : « moi je n'ai qu'un seul type d'orgasme », « les femmes ont tellement plus d'orgasmes que les hommes », « les hommes ont tellement plus facilement des orgasmes que nous les femmes ». Elles sont presque toujours dites sur le ton de l'aveu, comme s'il manquait quelque chose aux personnes qui les disent.

Alors j'ai voulu dresser la carte pour vous montrer que vous avez accès à bien plus de plaisirs que vous ne l'imaginez. Pas pour établir un palmarès ni pour vous donner une liste d'objectifs à atteindre, mais parce que je trouve utile de savoir ce qui existe. On explore mal un territoire dont on ignore les contours.

Je tiens cependant à dire une chose importante : il n'existe pas de classification officielle des orgasmes. Aucune autorité scientifique n'a validé la liste qui suit. Ce sont des catégories d'orgasmes descriptives, bâties sur mes explorations, sur ce que j'entends, sur ce que les gens rapportent de leurs sensations et sur la zone qui les a déclenchés. Certains orgasmes sont solidement documentés, d'autres reposent surtout sur des témoignages. Je le signale au fil du texte quand nécessaire.

Pour moi, le découpage le plus parlant n'est pas homme/femme. C'est celui-ci : d'un côté ce qui dépend d'une anatomie génitale particulière, de l'autre, la moitié de la liste, ce qui n'en dépend pas du tout. Car, en fait, nous sommes tous beaucoup plus semblables que ce que les genres voudraient nous faire croire.

Ce qu'est un orgasme, physiologiquement

Avant les types, le mécanisme. Un orgasme est une réponse réflexe : une montée d'excitation qui atteint un seuil, une décharge du système nerveux, une série de contractions rythmiques du plancher pelvien, puis un relâchement.

Ce qui compte dans cette description, c'est ce qu'elle ne dit pas. Elle ne mentionne aucun organe en particulier. Le réflexe est central, pas local, et c'est pour cette raison qu'il peut être déclenché de tant de manières différentes.

J'ai détaillé la mécanique dans deux dossiers, sur la science de l'orgasme féminin et sur la science de l'orgasme masculin, ce dernier étant même une expérience où j'ai enregistré mes propres contractions.

Les orgasmes communs à toutes les anatomies

Ceux-là reposent sur des zones érogènes partagées ou sur des mécanismes neurologiques que nous avons tous. C'est la partie de la carte que l'on regarde souvent le moins et pourtant peut être une des plus intéressante.

  • L'orgasme anal : L'orgasme de l'égalité des sexes, tout le monde a un anus. Par la stimulation du sphincter, du rectum et des terminaisons nerveuses qui les entourent, une zone densément innervée chez tout le monde. Chez les personnes à pénis, il se mêle souvent au plaisir prostatique, mais ce n'est pas la même chose. J'ai détaillé la question dans le plaisir anal et ses pratiques.
  • L'orgasme mamelonnaire : Déclenché par la stimulation des tétons. C'est l'un des mieux documentés de la liste : l'imagerie cérébrale a montré que la stimulation des tétons active la même région du cortex sensoriel que celle des organes génitaux. Autrement dit, le cerveau ne fait pas vraiment la différence. Et cette sensibilité se travaille : voir comment augmenter la sensibilité des tétons.
  • L'orgasme énergétique : Atteint par la respiration, la circulation d'énergie, les pratiques issues du tantra. Sans stimulation génitale, parfois sans contact du tout. C'est le plus difficile à documenter et l'un des plus rapportés par ceux qui pratiquent. J'en ai vécu un que je raconte dans un orgasme énergétique énorme, des larmes et des rires.
  • L'orgasme hypnotique : Induit par la seule puissance de la suggestion et l'état de transe hypnotique. Il est peu étudié mais régulièrement rapporté par les praticiens d'hypnose érotique. Je peux dire que cela fonctionne particulièrement bien si on est réceptif et que l'hypnotiseur est compétent, j'ai raconté ça dans l'hypnose érotique, le ressenti et les effets.
  • L'orgasme par l'impact : La douleur physique transformée en plaisir, dans un cadre BDSM. Ce n'est pas une métaphore : au-delà d'un certain seuil, les endorphines et l'état modifié de conscience font basculer la sensation. Au bout d'un moment, l'impact peut être très intense et provoquer un orgasme. Le mécanisme est décrit dans le masochisme, le plaisir de la douleur.
  • L'orgasme cérébral : Déclenché uniquement par l'imaginaire ou par des stimuli sensoriels : un son, une voix, l'ASMR, aucun contact. C'est souvent de l'ordre de la rêverie. Il peut même se déclencher sur de la musique, personnellement, j'en ai un à chaque fois que j'écoute un certain morceau. Les mots seuls y suffisent parfois, comme dans mes tétons vibrent par ses mots.
  • Le coregasm : Provoqué par un effort physique intense qui sollicite les muscles profonds du périnée et de la sangle abdominale. Les abdominaux et le gainage sont les plus souvent cités. C'est documenté par des enquêtes de terrain, et beaucoup de gens le vivent sans jamais oser en parler à la salle de sport.
  • L'orgasme du sommeil : Pendant les phases de rêve, sans intention. Rapporté depuis les enquêtes Kinsey, dans tous les genres.
  • L'orgasme périnéal : Par la stimulation du périnée, cette zone entre l'anus et les organes génitaux, riche en terminaisons nerveuses et traversée par les muscles qui se contractent pendant l'orgasme. Accessible à toutes les anatomies, et très peu exploré. Le muscle lui-même se travaille : voir prendre soin de son périnée.
  • Le point U : Stimulation de la zone érogène qui entoure l'urètre. La pratique demande des précautions, je les détaille dans comment débuter avec la stimulation urétrale.
  • L'orgasme cutané : Le frisson esthétique, déclenché par une musique, une œuvre, une voix, avec chair de poule et vague le long de la colonne. Il faut être honnête sur le mot : ce n'est pas un orgasme, c'est une analogie, et les chercheurs qui l'ont baptisé skin orgasm le savaient. Mais il mobilise le même circuit de la récompense, l'imagerie montre une décharge de dopamine dans le striatum, exactement là où répondent la nourriture et le sexe. Je le mets dans la liste parce qu'il éclaire une chose : le plaisir intense n'a pas besoin du corps pour être physique. J'ai consacré un article à celles qui jouissent en musique, Metallichatte Hero.
  • L'orgasme fantôme : Celui-là est le plus troublant. Dans la carte du cortex sensoriel, la zone des organes génitaux jouxte celle du pied. Chez des personnes amputées d'une jambe, cette zone voisine finit par envahir le territoire devenu muet, et plusieurs rapportent ressentir leur orgasme dans le pied fantôme. L'un d'eux expliquait à Ramachandran que son pied étant bien plus grand que son sexe, l'orgasme y était devenu « beaucoup plus intense qu'avant ». Chez des personnes paraplégiques, un travail plus ancien décrit des orgasmes fantômes survenant en rêve. Le cerveau ne se contente pas de recevoir le plaisir : il sait le reconstruire ailleurs.
  • L'orgasme de tout le corps : Une vague d'énergie qui irradie au-delà du bassin et déferle dans l'ensemble du corps. Ce n'est pas une zone, c'est une intensité globale qui nous envahit, un peu comme l'orgasme énergétique, mais qui irradie dans tout le corps. En tout cas c'est assez distinct pour mériter de le nommer. J'en ai fait le récit dans tantra, découverte de l'orgasme extatique.

Les orgasmes liés à une anatomie à vulve

Ici, la zone stimulée est spécifique aux porteuses de vulves.

  • Le clitoridien : Stimulation du gland du clitoris ou de ses branches internes, j'ai cartographié cette zone dans les zones du plaisir féminin. Le plus fréquent, le plus rapide, souvent décrit comme aigu, électrique et qui retombe assez vite.
  • Le vaginal (point G) : Stimulation de la zone sensible de la paroi antérieure du vagin. Décrit comme plus profond, plus enveloppant. Précision : l'existence du point G comme structure anatomique distincte fait toujours débat, et on stimule sans doute là les racines internes du clitoris à travers la paroi. Mais l'imagerie cérébrale a tranché la question autrement. Les travaux de Barry Komisaruk montrent que les stimulations clitoridienne, vaginale et cervicale activent dans le cortex sensoriel trois zones voisines mais distinctes, disposées comme une grappe. Il n'y a peut-être pas trois organes, mais il y a bien trois adresses dans le cerveau. J'ai enquêté sur la question dans à la recherche du point G.
  • Le cervical : Par la pression ou la stimulation du col de l'utérus. Décrit comme très profond, lent à venir, parfois accompagné d'un relâchement émotionnel important. Demande beaucoup de confiance et une excitation déjà installée.
  • Le point A : Stimulation du fornix antérieur, plus profond que le point G.
  • L'utérin : Contractions profondes de la musculature utérine. Souvent décrit comme le plus violent, et le plus rare. L'anatomie de la zone est décrite dans le sexe féminin, anatomie de mon sexe.
  • L'orgasme de l'accouchement : Rare, longtemps tu, mais documenté : une minorité de femmes rapporte un orgasme pendant la phase d'expulsion. Les mécanismes invoqués : pression sur les mêmes structures que le point A et le col, décharge massive d'ocytocine et d'endorphines, sont exactement ceux du reste de cette liste. Ce n'est donc pas une anomalie, c'est la même mécanique dans un autre contexte.
  • L'orgasme de l'allaitement : Celui-ci, presque personne n'en parle, et c'est bien le problème. La succion du mamelon déclenche une décharge d'ocytocine, la même hormone que pendant l'excitation sexuelle, avec les mêmes effets : érection du mamelon, contractions utérines. Masters et Johnson l'avaient déjà documenté, et les enquêtes qui ont suivi rapportent qu'entre un tiers et la moitié des femmes allaitantes décrivent des sensations proches de l'orgasme, une partie d'entre elles allant jusqu'à l'orgasme complet. Ce qu'ils ont documenté aussi, c'est la culpabilité : sur les vingt-quatre femmes de leur étude, six en éprouvaient. Il n'y a pourtant rien là d'anormal ni d'équivoque : c'est la même hormone qui fait son travail dans un autre contexte, et le corps ne tient pas deux comptabilités séparées. Le dire clairement épargne à des mères une honte qui n'a aucune raison d'être.

Les orgasmes liés à une anatomie à pénis

Et la première surprend toujours par sa banalité.

  • Le pénien : Stimulation du gland, du frein ou du corps du pénis. Le classique, et à peu près le seul qui est évoqué pour les hommes.
  • L'orgasme du gland : Je le distingue du précédent parce qu'il s'obtient autrement : par une stimulation très localisée et prolongée du gland seul, sans va-et-vient sur la hampe. Je l'ai décrit en détail dans un nouvel orgasme masculin, l'orgasme du gland.
  • Le prostatique : Par le massage de la prostate. Plus long, plus profond, souvent décrit comme totalement différent du pénien par ceux qui l'ont rencontré. C'est le grand impensé du plaisir masculin, auquel j'ai consacré un guide entier, et de loin le sujet sur lequel je reçois le plus de témoignages et j'expérimente. Il est possible de le répéter à volonté car il n'y a pas de période réfractaire.
  • L'orgasme sec : L'orgasme avec le même ressenti, sans éjaculation. C'est la clé du multi-orgasme masculin : comme il n'y a pas d'éjaculation, il n'y a pas de période réfractaire, et donc pas d'obligation de s'arrêter. On peut enchaîner, répéter, amplifier.

Une cartographie pour mieux comprendre la diversité du plaisir

Infographie des différents types d'orgasmes, répartis en trois groupes : treize orgasmes communs à toutes les anatomies, sept liés à une anatomie à vulve et quatre à une anatomie à pénis, chacun avec sa zone ou son déclencheur.

Pourquoi tant d'orgasmes ne passent pas par les organes génitaux

Cette carte pose une question qu'on ne se pose jamais : comment un orgasme peut-il survenir en dormant, en faisant des abdominaux, ou sous hypnose ?

Une partie de la réponse tient au nerf vague, qui relie directement plusieurs organes au tronc cérébral sans passer par la moelle épinière. Komisaruk et son équipe l'ont établi de la manière la plus démonstrative qui soit : ils ont étudié des femmes dont la moelle épinière était complètement sectionnée, donc théoriquement coupées de toute sensation génitale. Trois d'entre elles ont atteint l'orgasme par auto-stimulation vagino-cervicale, et l'IRM a montré l'activation du noyau du tractus solitaire, la porte d'entrée du nerf vague dans le cerveau.

Et le nerf vague n'est pas la seule ressource. L'orgasme fantôme montre l'autre versant : quand une région du cortex cesse de recevoir des signaux, ses voisines l'envahissent, et le plaisir se met à être ressenti dans un territoire qui n'a rien à voir. Autrement dit, il existe au moins une voie de secours. Et si le trajet nerveux principal n'est pas indispensable, on comprend mieux que le cerveau puisse produire un orgasme à partir de signaux très divers, y compris de signaux qu'il fabrique lui-même. Certaines personnes atteignent l'orgasme par la seule pensée, et cela a été observé en imagerie.

Le nerf vague est donc loin d'être suffisant pour expliquer toute la diversité des orgasmes. Les recherches récentes ont en effet révélé que le cerveau n'est pas une simple zone de réception, mais un organe actif qui participe pleinement à l'expérience orgasmique. D'ou l'expression que le cerveau est le premier, et de loin, organe sexuel.

Une meilleure façon de classer : par dimensions

Maintenant que vous avez la liste, je veux vous donner l'outil qui la rend vraiment utilisable, et qui règle définitivement la question du nombre.

Une liste plate est un mauvais modèle. Elle oblige à trancher des faux débats : l'orgasme du point G est-il une entrée distincte de l'orgasme vaginal ? Le frisson musical, l'ASMR et l'orgasme cérébral font-ils un ou trois ? Selon la réponse, la même réalité donne une dizaine d'entrées ou une quarantaine. C'est pour ça que les listes qui circulent sur internet paraissent si longues : elles empilent des synonymes et comptent trois fois la même chose.

Le bon modèle n'est pas une liste, c'est un jeu de dimensions indépendantes. Un orgasme n'appartient pas à une case : il se décrit sur plusieurs axes à la fois.

DimensionCe qu'elle décritValeurs possibles
La zoneOù le corps est stimuléclitoris, vagin, col, utérus, prostate, pénis, anus, tétons, périnée, urètre, ou aucune
Le déclencheurCe qui met en routecontact, pression, effort physique, pensée, son, respiration, succion, suggestion, douleur, rien
La dynamiqueComment il se dérouleunique ou multiple, bref ou prolongé, avec ou sans période réfractaire, avec ou sans éjaculation
L'état de conscienceDans quel état on estéveillé, endormi, en transe, dissocié

Regardez ce que ça donne à l'usage :

L'orgasme sec n'est pas une zone, c'est une dynamique, il se produit sur la zone pénienne ou prostatique, et c'est justement l'absence d'éjaculation qui supprime la période réfractaire et rend le suivant possible. L'orgasme du sommeil n'est pas une zone non plus, c'est un état de conscience. Le coregasm est un déclencheur sans zone stimulée. Et l'orgasme prostatique peut être, en même temps, prostatique par la zone, multiple et sec par la dynamique, éveillé par l'état.

Ce modèle a trois vertus.

Il empêche de compter, et c'est tant mieux : une combinaison de quatre dimensions ne se totalise pas, elle se décrit. Personne ne peut plus vous vendre « les 45 orgasmes ».

Il fait apparaître les cases vides, celles auxquelles on ne pense jamais. Un orgasme déclenché par le son, en état de transe, sans aucune zone ? Il existe, on l'appelle cutané ou hypnotique selon l'angle. Un orgasme prolongé, sans zone, à l'état éveillé ? C'est ce que travaille le tantra.

Il cesse de hiérarchiser. Sur une liste, l'ordre suggère une valeur. Sur des dimensions, il n'y a pas de premier ni de dernier, seulement des combinaisons, toutes également légitimes.

Ce que cette carte ne dit pas

Voici les trois choses qu'il faut avoir en tête pour bien utiliser cette carte :

Les catégories se recouvrent. Un orgasme réel est rarement pur. Il commence clitoridien et devient de tout le corps ; il mêle prostatique et pénien. Découper est commode pour parler mais souvent ce n'est pas fidèle à ce qui se passe. Le corps est complexe, et il y a beaucoup d'interactions. Les orgasmes sont souvent multidimensionnels.

Le nombre ne veut rien dire. Ces cases ne sont pas des objectifs, et je me garde bien de les compter : selon qu'on sépare le frisson musical de l'ASMR, ou le point G de l'orgasme vaginal, la même réalité donne une dizaine d'entrées ou une quarantaine. Je connais des gens qui en cochent beaucoup et s'ennuient, et d'autres qui n'en connaissent qu'un et le vivent avec une intensité que je leur envie. Faire de cette liste un programme serait la meilleure façon de la rendre nuisible.

Certaines choses ne sont pas des orgasmes, et n'ont donc pas leur case. L'éjaculation féminine et le squirt sont des phénomènes d'émission qui accompagnent parfois l'orgasme sans se confondre avec lui, ils ont d'ailleurs leur propre article. Et le trouble de l'excitation génitale persistante, qui provoque des orgasmes non désirés et parfois incessants, n'est pas un type d'orgasme : c'est une pathologie.

Une case vide n'est pas une case fermée. Beaucoup de ces orgasmes s'apprennent, le sec, l'énergétique, le prostatique en particulier. D'autres ne viendront jamais, et ce n'est pas un défaut du corps. Aucune orgasme n'est due.

Il n'y a pas de hiérarchie

C'est la seule chose que la recherche affirme sans réserve, et elle mérite d'être dite en toutes lettres.

L'idée d'un orgasme vaginal plus « mature » que le clitoridien est un héritage d'une lecture datée de Freud, que l'anatomie a démenti, les deux mobilisent le même organe. L'orgasme simultané comme sommet obligatoire du rapport ne fabrique que de la pression. Et une case vide n'est pas une case fermée : plusieurs de ces orgasmes s'apprennent, d'autres ne viendront jamais, et aucun n'est dû.

Alors à quoi ça sert

À une seule chose, mais elle compte beaucoup pour moi : savoir que le territoire est plus grand que ce qu'on vous en a montré toute votre vie.

Si vous n'aviez jamais entendu parler du coregasm, de l'orgasme mamelonnaire ou de l'orgasme sec, vous savez maintenant qu'ils existent. Vous ferez ce que vous voulez de cette information, y compris rien du tout. Mon rôle ici est de vous donner des clés de sexploration, vous pouvez les utiliser maintenant, demain, dans des mois ou jamais. C'est vous qui décidez, personne d'autre. C'est votre cheminement.

Et si vous êtes de ceux qui disent « je n'ai qu'un seul type d'orgasme », j'espère que maintenant vous avez assez de pistes pour explorer différemment votre sexualité et votre corps. Sans objectif. Sans pression. Juste de quoi nourrir une curiosité de manière ludique.

Orgasmes féminins

Orgasmes masculins

Sans stimulation génitale

Comprendre l'orgasme

Questions fréquentes

Combien de types d'orgasmes existe-t-il ?
Il n'y a pas de réponse chiffrée, et c'est important : il n'existe aucune classification officielle des orgasmes, et tout dépend de la façon dont on découpe. Selon qu'on sépare ou qu'on regroupe, la même réalité donne une dizaine d'entrées ou une quarantaine. Ce qui est utile, ce n'est pas le nombre, c'est de savoir lesquels existent, et qu'une bonne moitié ne passe par aucun organe génital.
Peut-on avoir un orgasme sans stimulation génitale ?
Oui, et c'est le cas d'une bonne moitié d'entre eux. Les orgasmes mamelonnaire, énergétique, hypnotique, cérébral, périnéal, le coregasm déclenché par l'effort physique et l'orgasme nocturne ne passent par aucune stimulation génitale. Le nerf vague, qui relie certains organes au cerveau sans passer par la moelle épinière, explique en partie cette diversité de voies.
L'orgasme vaginal et l'orgasme clitoridien sont-ils vraiment différents ?
L'anatomie ne les sépare pas nettement (les racines internes du clitoris entourent le vagin), mais le cerveau, lui, les distingue. L'imagerie fonctionnelle menée par Barry Komisaruk montre que les stimulations clitoridienne, vaginale et cervicale activent trois zones voisines mais distinctes du cortex sensoriel. Il n'y a donc peut-être pas trois organes, mais il y a bien trois adresses cérébrales.
Comment classer les différents types d'orgasmes ?
Une liste plate est un mauvais modèle : elle oblige à trancher de faux débats et elle empile des synonymes. Il vaut mieux quatre dimensions indépendantes : la zone stimulée ou l'absence de zone, le déclencheur, la dynamique (unique ou multiple, bref ou prolongé, avec ou sans éjaculation) et l'état de conscience. Un orgasme ne tombe pas dans une case, il se décrit sur les quatre axes à la fois. L'orgasme sec, par exemple, n'est pas une zone mais une dynamique.
Est-il normal de ressentir du plaisir sexuel en allaitant ?
Oui, et c'est fréquent. La succion du mamelon déclenche une décharge d'ocytocine, exactement la même hormone que pendant l'excitation sexuelle, avec les mêmes effets physiologiques : érection du mamelon, contractions utérines. Entre un tiers et la moitié des femmes allaitantes rapportent des sensations proches de l'orgasme. Masters et Johnson avaient documenté le phénomène, et aussi la culpabilité qu'il provoque. Il n'y a pourtant rien d'équivoque, c'est une hormone qui fait son travail dans un autre contexte.
Je ne connais qu'un seul type d'orgasme, est-ce un problème ?
Non, et le nombre ne dit rien de l'intensité : une personne qui n'en connaît qu'un peut le vivre plus fort qu'une autre qui en collectionne cinq. Ce qui vaut la peine d'être su, c'est que le territoire est plus grand qu'on ne vous l'a montré. Une bonne moitié des orgasmes recensés ne passe par aucun organe génital, et plusieurs s'apprennent : l'orgasme sec, l'énergétique, le prostatique en particulier. D'autres ne viendront jamais, et ce n'est pas une infirmité.