Aller au contenu principal
Conseils Sexo Temps de lecture : 10 Min

La respiration, la clef du plaisir

La respiration, la clef du plaisir

Auteur

Eulalie

Publié le

31 janvier 2025

Je retrouve mon aimé. Il revient de six jours de tantra. Entouré de vingt-quatre êtres magnifiques, ils ont passé ces jours à se caresser, se parler, être nus, danser, méditer et respirer.

Dans ce cadre, pas de pénétrations, ni d’orgasmes explosifs. (Ce qu’ils appellent les orgasmes du cœur sont autorisés.) Je lui dis que je l’admire. Que je ne sais pas comment il fait pour tenir et ne pas discrètement se masturber. Il me dit qu’il va m’apprendre.

Nous arrivons à l’hôtel. La chambre est un peu froide, en cette journée de janvier. Nous nous glissons nus sous les draps et approchons nos corps très lentement, jusqu’à faire épouser nos peaux.

Il me dit qu’il va m’initier.
Chic alors !
Il me dit que nous allons nous caresser, nous pénétrer, mais que nous ne jouirons pas cet après-midi, ni ce soir…
Euh…

Respiration : la clef du plaisir

Il me dit qu’à chaque fois que je me sentirai proche de jouir, je devrais respirer pour faire circuler le plaisir plutôt que de le condenser vers l’orgasme. Je lui dis que je suis d’accord pour essayer. Que cela me semble difficile. Il m’assure que c’est ce qui rendra l’expérience belle.

Il me caresse, il m’embrasse. Il se dédie à mon plaisir et à l’initiation qu’il m’offre.

Il embrasse mon cou, ma poitrine, mon ventre, mes cuisses, mon sexe. Il ouvre toute l’humidité de sa bouche sur l’humidité de mon sexe. Il dessine lentement, de la pointe douce de sa langue, l’espace entre l’entrée de mon vagin et la pointe de mon clitoris. Parfois par le chemin direct de quelques centimètres, parfois en dessinant par l’intérieur ou l’extérieur mes petites lèvres, mais toujours dans la lenteur.

Je sens mon sexe sculpté, honoré. Il est éveillé, et je perçois ses contours. Avec le dessous de sa langue, il titille la pointe de mon clitoris avec un rythme qui fait monter progressivement de la chaleur dans mon corps.

Puis il place son sexe à l’entrée du mien. J’ai l’impression d’avoir attendu des heures. Je me cambre pour accompagner le mouvement de sa pénétration, mais de son regard, il m’intime de ne rien faire. Il reste là, à l’entrée de mon corps. Et plutôt que de m’offrir ce que nos corps réclament, il m’invite à respirer cette hâte, cette excitation. Il caresse mon corps, de mon ventre jusqu’à mes mains, jusqu’à mes pieds. Je sais ce qu’il fait : il répartit les tensions dans mon corps, il fait circuler l’énergie sexuelle.

Je respire fort. Mais je suis en difficulté pour sentir si cela m’apaise ou, au contraire, m’excite davantage.

Ce que je sais, c’est que finalement, l’entrée de son sexe dans le mien m’offre un moment divin de soulagement et une sensation intense de fusion. Comme si les cellules de la peau de son sexe se mêlaient aux miennes.

Sa verge est majestueuse et longue. Aussi, quand il s’enfonce au plus profond de moi, son gland vient appuyer sur mon col de l’utérus. Il reste là, immobile. Nos regards se parlent. Je me sens bien. Je me sens complétée. Je me sens aimée.

Respire…

Il initie un lent va-et-vient en cherchant la profondeur. Je sens le plaisir monter. Et j’ai l’utérus si sensible que je le préviens déjà d’un orgasme imminent. « Attends. » Alors il respire pour m’inviter à le faire. Je respire. Et lui se retire.

Il me manipule lentement, me roule sur le matelas, et je me trouve en chien de fusil, sur le ventre.

Les sensations profondes sont décuplées dans cette position. Je sens que le plaisir va venir vite, que ce sera dur de se retenir.

Il se glisse lentement en moi, et c’est si bon. Il reste là, en moi, immobile. Et pendant que je respire, il masse les muscles de mon dos. Je me sens si tenue, si contenue : au-dedans par son sexe, au-dehors par ses mains. Je sens tellement l’ensemble de mon corps considéré, respecté, aimé.

Je suis reconnaissante de cet instant.

La respiration, une des clefs du plaisir sexuel

Quelques mouvements de son bassin, et je lui dis à nouveau : « Attends. » Il sort, me caresse. Je respire.

Il me retourne sur le ventre et se place, érigé, entre mes cuisses. J’observe quand son sexe entre dans le mien et quand son bassin danse le mouvement, le roulement de ses muscles sous la peau de son ventre. Il me plaît tellement.

La danse est belle, le plaisir monte vite. « Attends. »

Il sort de mon corps et descend son visage sur mon sexe qu’il embrasse à nouveau. Il est de plus en plus sensible. Je dois respirer de plus en plus fort.

Puis il se reglisse en moi, et je ne peux m’empêcher de m’agripper à lui. Il rit et me dit de respirer cet agrippement. Je dois simplement être là.

Le jeu devient de plus en plus une torture. Plusieurs fois, nous changeons de posture. Sur le dos, le côté, sur le ventre.

Parfois, je me trémousse de frustration quand son sexe quitte le mien. Il en rit. Puis je respire encore, et il replonge à nouveau dans notre plaisir, qui me donne des vertiges.

À un moment, il me laisse à nouveau reprendre le contrôle. Il me sent prête.

Plaisir, respiration et abandon

C’est moi qui descends ma bouche sur son sexe. Et je goûte doucement le goût de mon jus sur la pointe de sa verge. Je l’embrasse, je fais de mes lèvres en cœur une petite ventouse sur son frein. Il est si sensible que son corps spasme. Sa verge danse au rythme de son sang. Et dans un soulèvement, je la laisse glisser dans ma bouche. Je laisse lentement mes lèvres épouser le contour de son sexe. J’emploie moi aussi la lenteur pour exprimer mon amour.

Tout aussi lentement, je laisse son gland pénétrer le fond de ma gorge que j’avale quelques instants. Prouvant malicieusement que même une gorge profonde peut être tantrique… Oui, je suis coquine. Tout peut être tantrique. Les tantrikas disent que tout est sacré. Dans mon expérience, ce qui rend les instants sacrés, c’est la présence, la lenteur et l’amour.

Ma bouche lâche son sexe pour caresser ses bourses, pour presser aussi l’espace sous elles, la base de sa verge, un espace très réactif chez lui. Puis, toujours aussi délicatement, je viens lécher son anus. Sa verge est toujours aussi tendue vers le plafond. Alors, je quitte mes caresses orales pour glisser mon sexe sur le sien. Je circules très lentement son sexe et m’immobilise dans l’enivrement de la fusion, à nouveau.

Je me glisse. Je respire. De moi-même, je contrôle la montée de plaisir. Et je m’arrête pour respirer. Lui aussi respire.

Je sens que je progresse.

Alors, pour me féliciter de mon chemin, il me fait basculer sur le côté et me pénètre avec un peu plus de fougue. Trois coups de bassin puissants me surprennent par leur intensité. Je dois vite respirer, tellement je me sens réactive et activée. Il respire.

Changements de posture encore et encore. À chaque pénétration, après trois mouvements d’ondulation, je suis au bord de l’orgasme, et le plaisir est déjà si intense que j’ai l’impression d’en devenir folle.

Cela dure depuis si longtemps. À chaque fois que je suis au bord de jouir, il doit cesser, respirer. Je salue sa tempérance, son dévouement, sa capacité d’accordage et aussi sa qualité érectile. (Je l’ai décidément si bien choisi.)

La vague pré-orgasmique

Je suis sur le dos, mes pieds sont posés sur son torse. Au deuxième balancement de son bassin sur le mien, je reconnais cette vague pré-orgasmique qui roule à l’intérieur de mes tripes. Trop tard, je n’ai pas su la respirer. Je sens la vague de plaisir diffracter en moi. Je respire quand même. Et lui sort lentement de mon corps et respire aussi…

Il ne s’est rendu compte de rien…
De toute façon, le bien est fait…
J’ai échoué à l’expérience de ne pas jouir. J’ai pourtant essayé, et très longtemps. Mais ça m’a échappé… Et c’était si bon. Je ne regrette pas.

Il me prend sur le côté, langoureusement, et en trois coups de reins, un autre orgasme roule en moi. Si puissant, si profond. Mais je le respire. D’une part, car je sens qu’ainsi, c’est comme s’il se diffusait un peu plus encore dans mon corps, et… d’autre part, parce que je suis une maline et que je dissimule, pour qu’il continue, parce que c’est si bon…

Il s’arrête. Glisse des doigts dans mon corps. Rapidement, je jouis discrètement en respirant. Et je compte. Trois…
Il m’allonge sur le ventre, entre en moi avec douceur et appuie dans mes profondeurs. Une fois, deux fois, trois fois. Orgasme. Je respire… Quatre..
Il me retourne sur le dos, il tient mes mains au-dessus de ma tête, il s’avance en moi, encore, encore. Son regard est si intense. Orgasme… Cinq…
Il se redresse, pose mes pieds sur son torse. Il masse mon corps. Il me pénètre. Orgasme… Six.
Il me place sur le côté, me câline du dehors comme du dedans… Sept.

La respiration, une des clefs du plaisir sexuel

Chaque orgasme respiré est délicieux. Il chavire mon corps, le ravit de bonheur. Il m’engourdit la volonté. Je ne puis penser qu’au plaisir de ma chair comblée, qu’à mon grand aimé, transporté dans sa passion et son application.
Huit.
Neuf.

Je me demande s’il sait que je jouis depuis tout à l’heure. S’il aime et qu’il continue ce nouveau jeu…
Dix.
Onze.

Je perds pied, je n’arrive plus à respirer. Je lui dis que je m’abandonne dans le plaisir, que je me sens partir en transe. Je le sens heureux de m’offrir cela. Il est si compersif.
Quatorze.
Quinze.

Je bave, allongée sur le ventre. Je me sens exsangue. Je sens des vagues puissantes de plaisir agiter mes entrailles. Il s’arrête et me dit : « Mais tu as joui ! » J’enfouis ma tête dans le drap pour me cacher. Puis j’assume. Je dis timidement que oui. Puis je lui dis en riant que le plus drôle est de savoir combien de fois…
Dix-sept.

J’ai enchaîné dix-sept orgasmes

J’ai enchaîné dix-sept orgasmes, tous plus adorables les uns que les autres. Grâce à ce long moment de respiration, à l’habileté de mon partenaire et à mon corps hors norme aussi, j’en conviens. Il est surpris, impressionné… Puis il annonce : « Alors, moi aussi. » Et il m’entreprend une dernière fois avec puissance et lâcher-prise. J’ai un dix-huitième orgasme pendant qu’il déverse le plaisir mérité de six jours de tempérance et deux heures de respiration tantrique.

Il m’avouera plus tard, quand nous aurons repris nos esprits, nos corps épuisés encore lovés l’un contre l’autre, qu’il est un peu déçu d’avoir échoué à m’emmener dans la bulle tantrique de la respiration plutôt que de jouir. Mais il conviendra que l’expérience, même si elle n’était pas celle prévue, valait le coup. C’était merveilleux. J’en veux encore…

La respiration, une des clefs du plaisir sexuel

Je remercie cet homme époustouflant pour son désir de m’initier. Merci de faire jouir mon corps autant que mon cœur.