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Conseils Sexo Temps de lecture : 12 Min

Masturbation créative : dompter son feu intérieur

Masturbation créative : dompter son feu intérieur

Auteur

Lyly

Mis à jour le

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Et si ton plus grand frein, c'était toi-même ?

Ce désir intense qui gronde en toi, cette envie d'explorer, de ressentir, de jouir. Tu le connais. Tu le sens. Et pourtant, tu te retiens. Par pudeur, par habitude, par peur du jugement. Même quand tu es seule. Même quand personne ne regarde.

Cet article est pour toi. Pour te dire que ton feu intérieur est légitime. Qu'il ne demande qu'à brûler. Et que ton plaisir solo n'est pas une trahison de ton couple, ni un aveu de manque, c'est une souveraineté. La tienne. Je te raconte comment j'ai appris à l'embrasser.

Au volant de ma voiture, ce jour-là, un podcast des histoires érotiques de Colette se confesse me met dans un état d'excitation incontrôlable. Il fait beau, je suis seule et je roule à 130 km/h direction mon week-end entre copines. Une main sur le volant, je glisse l'autre délicatement dans mon entrejambe pour y sentir cette chaleur humide. J'écarte mes cuisses et mes doigts joueurs ne tardent pas à me faire jouir aussi rapidement que ma vitesse sur l'autoroute. Un moment furtif, intime et inavouable...

Le lendemain, je n'ose même pas le partager à Colette, coach en relations intimes et sexuelles, avec qui j'ai mon premier rdv téléphonique pour envisager un accompagnement. À l'heure du rdv, je m'éclipse dans une chambre en donnant une fausse excuse à mes copines. Je lui explique pourquoi je la contacte.

J'ai envie de retrouver mon épanouissement sexuel avec mon homme. En couple hétérosexuel et monogame depuis 13 ans, cela fait presque 1 an que je peine à raviver la flamme. Pourtant, j'ai un désir sexuel et sensuel débordants mais je ne sais pas comment le gérer. On fait l'amour, par habitude, on s'offre des temps à deux, mais je ne me sens pas satisfaite.

J'en souffre car la communication avec mon conjoint n'est pas fluide. Il est à l'écoute, il comprend que j'attends plus de lui, de nous — mais quoi exactement ? Et comment ? On ne se comprend pas. En réalité, je ne me comprends pas moi-même. Les mots ne sortent pas.

Je ressens ce désir intense dans mon corps mais il devient trop oppressant. J'ai cette envie d'explorer tout et maintenant, mais c'est une obsession. Ma frustration est de plus en plus puissante. Je déborde d'envie mais je n'ose pas être explicite. J'ai parfois honte de mon désir intense.

Lors d'une séance de coaching, je mets enfin des mots sur ce qui m'oppresse. C'est mon énergie sexuelle que je sens vibrer en permanence dans mon corps. Ce jour-là, je pleure de soulagement et Colette me rassure. C'est ok de ressentir cette intensité et je vais apprendre à m'épanouir avec. Je prends conscience que le 1er travail à faire est déjà d'accepter puis de comprendre comment mieux vivre avec ce désir brûlant que j'appellerai maintenant : mon feu intérieur.

Au fil de diverses expériences — danse sexy, ateliers sexpo, tantra, exploration de nouvelles pratiques en couple — je chemine sur mon rapport à mon corps et ma féminité. En parallèle d'une intimité de couple qui s'épanouit de plus en plus, je réinvente mon plaisir solo. Cette pratique va m'aider à dompter mon intensité et à danser avec elle.

Je te partage ici mes 3 portes d'entrée vers mon plaisir solo : entre moi et moi, entre moi et des podcasts dans mes oreilles, entre moi et un partenaire à distance.

La masturbation, une connexion à soi

J'ai découvert la masturbation à 13 ans. J'écoutais Difool sur Skyrock dans la radio de mon réveil tard le soir dans mon lit. Je me touche, je découvre des sensations très agréables et très culpabilisantes. J'ai mes premiers orgasmes sans même le savoir.

Et chaque fois que je jouis, je me sens coupable d'un péché. Je m'excuse dans une prière. Mais je recommence. C'est bien trop bon. La culpabilité d'un côté. Le plaisir de l'autre. Ce tiraillement, tu le connais peut-être aussi ?

Masturbation féminine créative : reconquérir son plaisir solo

Plus tard, après mes grossesses, la masturbation m'aide à me reconnecter à mon corps et à l'aimer à nouveau malgré les transformations. Je me fais jouir seule quand mon homme n'est pas là. Ça me fait du bien de découvrir que mon corps fonctionne toujours. Qu'il est à moi. Que je peux en prendre soin, seule, sans attendre personne.

La masturbation réactive peu à peu mon désir envers mon homme. Je le guide davantage sur comment me toucher, m'exciter, me faire jouir. Mon plaisir solo nourrit notre intimité. Il ne la remplace pas, il l'enrichit.

Puis durant ma période de coaching sexuel, j'écris beaucoup sur mes ressentis. Je vous partage un récit érotique sur la masturbation qui raconte une cachotterie que je vous laisse découvrir :

Chacun de son côté du lit
Allongée, en position fœtale
J'attends le sommeil
Il ne vient pas
J'entends ta respiration
Tu dors déjà
Une envie folle
De caresses m'envahit

Mon corps s'émoustille
Ma main s'aventure
D'abord à la lisière de ma culotte,
Puis vers l'arrondi de ma fesse
Douce et voluptueuse
Mes pensées s'échappent
Je succombe à mon plaisir
Confortable, sur le dos

Les deux cuisses écartées
Les genoux légèrement relevés
Une main effleure mes entre-jambes
Frissons et picotements me traversent
L'autre main empoigne mon sein
Sous ma nuisette en soie
Mon téton pointe dévoilant mon excitation
Mes doigts se dirigent vers mon vagin

Mon majeur mène la cadence
Il vacille de haut en bas
De mon clito vers mes lèvres
L'humidité s'affole
Tu te retournes et soupire
Je m'arrête
Ne bouge plus
Attends quelques instants...

Tu dors toujours
Ce doigt talentueux le sait
Je ne résisterai pas très longtemps
Par de léger oscillement sur mon clito
Mon dos cambre, ma tête bascule
Par de plus forte pression
Je gémis silencieusement de plaisir
Les yeux fermés

Mon imagination divague
Rien que d'imaginer
Ton sexe dans ma bouche
Elle s'ouvre et salive
Ma langue lèche mes lèvres
La fenêtre est entrouverte
Le bruit de la pluie
Masque les bruits de ma mouille tellement abondante
Tous mes doigts délicats s'affairent à me donner ce plaisir intense
Je murmure cette jouissance
Jusqu'à l'extase
Cacher sous mes draps
Seuls témoins de ce plaisir inavouable

Oui j'avoue, j'adore me masturber quand mon homme dort à côté de moi. Il le sait, parfois il découvre ma cachotterie et me laisse faire, parfois il me rejoint dans ces coquineries.

L'audio érotique, stimulateur d'imaginaire et de désirs

Durant mon année d'exploration, je sors de la masturbation mécanique qui, certes, me donne un orgasme, mais commence à m'ennuyer. J'ai envie d'ajouter du fun, d'expérimenter, de me connecter d'autres vibrations. J'explore l'univers merveilleux des podcasts érotiques. Voici mes 3 chouchous à écouter avec des écouteurs pour une meilleure immersion :

  • Colette se confesse : les histoires coquines et immersives de cette femme libre et décomplexée qui assume et ose explorer son désir avec plaisir et amusement. Une voix féminine troublante dans des scénarios qui me font sourire et fantasmer.
  • Le son du désir : la voix sulfureuse d'un homme qui te chuchote au creux de l'oreille qu'il te désire, que tu es belle, que tu peux oser jouir de tous tes fantasmes.
  • Vox : un niveau d'intensité plus hot. Des bruitages de jouissance, de fellation, de cunnilingus, jusqu'à des scénarios où la scène coquine se vit de l'intérieur ou comme un.e voyeur.se.

Audios érotiques et plaisir solo féminin : stimuler l'imaginaire

Au début, j'étais incapable d'écouter Vox. Break ! C'était trop cochon, trop perturbant d'entendre tous ces bruits de jouissance dans mes oreilles. Jusqu'au jour où j'y reviens et qu'un épisode me rende complètement dingue de plaisir.

C'est lui, il me parle de manière crue et me dit que j'ai le droit d'être la cochonne que j'ai envie d'être. Il m'autorise à jouer avec mon corps, à utiliser un sextoy, à me masturber devant lui. J'imagine la scène, je la mime à quatre pattes sur mon lit et je me fais jouir.

C'est la première fois que j'écoute un épisode à plusieurs reprises. Au fil des mois, plus je l'écoute, plus je me libère, plus j'ose, plus je comprends mes désirs. C'est même devenu un moyen de communiquer mes envies cachées à mon homme ou mes amants, en lui partageant simplement cet épisode coquin.

Sans m'en rendre compte, je transforme certains audios en fantasmes qui ressurgissent quand le moment est venu. Hmmm, cet épisode du Son du désir sur le capot d'une voiture dans un parking souterrain... jamais je n'aurais imaginé fantasmer sur ce contexte (je n'ai aucun attrait pour les voitures et un parking c'est glauque !).

Pourtant, d'un plaisir solo croustillant, j'ai osé dire à mon homme lors d'une soirée coquine que c'était maintenant et sur cette voiture que je voulais faire l'amour — et j'ai troqué le parking pour une belle nuit sous les étoiles. Je vous passe les détails frémissants... si ce n'est que le lendemain j'étais couverte de boutons de moustiques sur toutes les jambes. Oui, réaliser ses fantasmes c'est aussi prendre des risques 😅

Mon plaisir solo avait nourri notre sexualité à deux. C'est ça, la complémentarité.

Le plaisir solo guidé à distance, quand la confiance libère

Depuis peu, nous avions ouvert notre couple et selon les règles de notre cadre chacun pouvait vivre de nouvelles expériences indépendantes. La vie me propose alors autre chose que ce que j'imaginais : non pas des corps à corps dans la vie réelle, mais des connexions à distance, intenses et profondes.

Durant 1 an et demi, je pimente ma sexualité solo avec deux partenaires de confiance en virtuel. Et je découvre quelque chose d'inattendu, mon plaisir solo peut atteindre des sommets, même sans présence physique.

Je vis avec l'un d'eux ma première masturbation guidée : avec énormément de douceur, il fait monter mon énergie sexuelle, puis me fait exploser d'une jouissance qui me monte à la tête. Un merveilleux souvenir d'excitation profonde, j'en suis subjuguée.

Plaisir solo guidé à distance : confiance et lâcher-prise

Deux soirées m'ont particulièrement marquée.

La première : il me propose (en validant mon consentement) de me masturber devant la caméra. J'accepte avec excitation et appréhension. J'enfile un body sexy bleu, sa couleur préférée. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. Il me rassure, me demande plusieurs fois si j'en ai vraiment envie. Oui. J'installe mon téléphone, je mets de la musique pour lâcher prise. Les premières minutes sont hésitantes.

Alors il prend le relais par écrit, me guide, me rassure. Je me laisse aller à caresser mon corps, à prendre plaisir pour moi et à lui partager. Il entend mes gémissements. Je jouis. Je me sens fière, non pas de lui avoir donné du plaisir, mais d'avoir dépassé ma propre appréhension.

La deuxième : une soirée seule (oui, il ne faut pas me laisser seule trop longtemps 😈). J'enfile une lingerie en dentelle noire et une paire d'escarpins vert émeraude. Je me regarde devant mon miroir plein pied. Je me trouve belle. Je commence à jouer avec mon nouveau gode « Strap-on-me » qui me fait complètement vibrer.

Je lâche prise totalement, poses coquines, regard dans le miroir, désir qui monte. A ce moment, je me sens libre. Sans limite. Sans jugement. J'embrasse mon plaisir. J'accepte mon intensité.

Et je la partage avec un coquin qui me rejoint virtuellement. Je lui partage des photos et de courtes vidéos dans une belle lumière tamisée, esthétiques et très coquines. Je reste focus sur mon plaisir. Son excitation l'intensifie. Mais il n'a pas créé ce plaisir, il l'a rejoint.

C'est ça la différence. Mon plaisir m'appartient. Les autres l'amplifient si je consens.

Souveraine de mon plaisir

Toutes ces expériences m'ont appris une chose essentielle : mon désir intense est légitime. Il n'est pas trop. Il n'est pas honteux. Il est mien.

Mon plaisir solo ne concurrence pas ma sexualité en couple. Il la nourrit, l'enrichit, l'inspire. Ce sont deux espaces distincts et complémentaires. Deux manières d'être entière.

J'arrive maintenant à déclencher des jouissances — éjaculation féminine, plaisir anal — aussi bien seule qu'en couple. Non pas parce que j'ai trouvé la bonne technique, mais parce que j'ai appris à me faire confiance.

Et toi ? Ton feu intérieur existe. Il attend juste que tu lui donnes la permission de brûler. Seule, dans le noir, avec tes écouteurs ou devant ton miroir — personne ne te voit. Sauf toi. Et c'est exactement là que tout commence.

Ferme les yeux. Pose ta main. Ose.

Tu es souveraine de ton plaisir.


Et si tu veux poursuivre du côté des sensations elles-mêmes, de ce qui se passe vraiment sous les doigts et dans la tête, lis aussi notre article sur les sensations de la masturbation féminine.

Questions fréquentes

La masturbation féminine est-elle normale et bénéfique ?
Oui. C'est une pratique saine qui aide à se reconnecter à son corps, à mieux se connaître et à identifier ce qui procure du plaisir. Loin d'être une trahison ou un aveu de manque, elle nourrit aussi la sexualité de couple en aidant à mieux guider son ou sa partenaire.
Se masturber quand on est en couple, est-ce tromper l'autre ?
Non. Le plaisir solo ne concurrence pas la sexualité à deux : il la nourrit, l'enrichit et l'inspire. Ce sont deux espaces distincts et complémentaires. Beaucoup de couples voient même leur intimité se raviver grâce à une sexualité solo assumée.
Comment rendre sa masturbation plus créative ?
En variant les « portes d'entrée » vers le plaisir : l'imaginaire et les fantasmes, les audios érotiques pour sortir du geste mécanique, les sextoys, le miroir, la mise en scène, ou encore le plaisir guidé à distance avec un partenaire de confiance et consentant.
Les audios érotiques aident-ils vraiment à se masturber ?
Oui, pour beaucoup de femmes. Une voix, des scénarios ou des bruitages stimulent l'imaginaire et le désir, et permettent de dépasser une masturbation purement mécanique. Écoutés au casque, ils créent une immersion qui intensifie le plaisir.
Peut-on avoir une éjaculation féminine en se masturbant seule ?
Oui, c'est possible. L'éjaculation féminine ne dépend pas tant d'une technique parfaite que de la confiance en soi et du lâcher-prise. Se sentir en sécurité, sans jugement ni pression de performance, favorise ce type de jouissance, seule comme à deux.

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