Reconsidérer la sobriété : l'exclusivité
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Publié le
23 juin 2026
Après une semaine de chasteté, je formule un autre vœu.
Après m'être dispersée dans des espoirs souvent déçus, je sens clairement ce que je veux. J'aimerais retomber amoureuse. Mais la prochaine personne que je laisserai toucher mon cœur, et surtout la prochaine personne que je laisserai pénétrer mon corps (puisque j'ai plus de maîtrise sur mon sexe que sur mon cœur), je veux qu'elle soit à la hauteur de mes attentes qui me semblent légitimes.
Je veux qu'elle me plaise vraiment, sur différents plans : physique, émotionnel et spirituel. Je veux lui plaire vraiment. Je veux qu'elle soit capable de communication fine et de conscience, et je veux qu'elle soit prête à s'engager dans le lien.
Consciente de l'exigence de cette demande faite à l'univers, je me sens prête à devoir être patiente. Je me sens prête à devoir attendre longtemps, le temps qu'il faudra. Et j'accepte l'expérience de la solitude, de la sobriété ; j'accepte l'expérience du recentrage. Je décide de faire confiance en l'univers, qui saura m'orienter vers les bonnes personnes au bon moment.
Deux jours après, je le rencontrais.
La rencontre d'un homme qui coche toutes les cases
Il est tout cela : dans une démarche de conscience, capable de communiquer ses émotions, ses désirs, ses limites. Il me plaît, il a un physique de grand viking, avec son 1,90 m, son torse musclé et sa barbe blonde. Il me montre sans pudeur que je lui plais, il se montre proposant sans insistance, respectueux et agissant son désir. Il a envie de moi, de mon corps, de mon cœur, de mon âme.
Je m'unis à lui. Je rencontre son corps. Notre connexion intime et sexuelle est d'une intensité rare. Il est comme moi, à de multiples facettes, dans une démarche d'exploration, de justesse et de sexualité positive. Il aime la lenteur, la douceur, le tantra. Il aime aussi le sauvage, l'animal, l'intuitif pulsionnel. Il aime aussi le jeu, le BDSM, se soumettre à mes fantaisies et me soumettre comme j'aime.
Il connaît son corps, sait me guider. Ses tétons sont sensibles, son anus et sa prostate aussi. Il connaît le corps des femmes : sa langue est agile, ses doigts aussi… Il est parfait. Parfait pour moi. Sa diversité et sa sensibilité sont à la hauteur des miennes.
Nous parlons des heures, avons des projets. Je me sens en confiance avec lui, je peux tout lui dire, et c'est réciproque.
Quand je l'ai rencontré, j'avais des amants dont j'étais en train de me distancer dans une démarche de recentrage. Je n'ai pas envie de les recontacter.
C'est si bon de le choisir lui, de me sentir choisie dans cette nouvelle dynamique. Je n'ai envie de personne d'autre. Il canalise mon désir, mes fantasmes.
Libertine, polyamoureuse ou exclusive ? Les questions intérieures
Je m'interroge.
J'ai été si libertine, si polyamoureuse. Pourquoi est-ce différent avec lui ? Parce que c'est lui ? Parce que c'est moi qui ai changé ?
Est-ce parce que je n'étais pas satisfaite sur les différents plans avec mes précédents compagnons ? Assurément. J'avais besoin de plusieurs aimé.e.s pour répondre à la diversité de mes besoins ? Était-ce une bonne idée ? Cela m'a-t-il empêchée pendant longtemps de trouver « le bon » ? Est-ce qu'un « bon » partenaire équivaut à une combinaison de « bons » partenaires ? Le prix de la dispersion et de la saturation est-il si cher ?
Cet homme serait-il « le bon » ? Pour combien de temps ? Est-ce seulement la passion des débuts qui parle ? Lui-même est un adepte de l'anarchie relationnelle : il a beaucoup d'amantes et d'amants ; il est bisexuel. Mais il n'a envie que de moi.
Nous devenons exclusifs. Et c'est si agréable : se sentir choisie. Le choisir. Centrer mon désir et mes fantasmes sur lui.
Après plusieurs années de non-exclusivité, je revisite cet espace. Dans ce nouveau couple exclusif, je me sens sécurisée. Cette sécurité tient-elle à l'exclusivité ou à d'autres éléments de notre relation ? Au fait qu'à lui je peux tout dire sans me sentir jugée ? À l'opportunité de me sentir libre d'être dans ma beauté et ma vulnérabilité ? Comment savoir ?
Suis-je polyamoureuse, libertine ou exclusive ? Est-ce une caractéristique identitaire ou suis-je fluide dans mes modalités de relation ? Cela fluctue-t-il en fonction des rencontres ? Dans quelle mesure le fonctionnement de l'autre influence-t-il le mien ?
Qui suis-je ? Est-ce important de le savoir ?
Le présent comme seule réponse valable
De quoi ai-je besoin ? De quoi ai-je besoin aujourd'hui, spécifiquement ?
Cette dernière question est sans doute la plus pertinente : aujourd'hui j'ai besoin de me sentir aimée ; j'ai besoin de compter pour quelqu'un chaque jour ; j'ai besoin de rendez-vous fiables et d'espace pour me sentir seule aussi ; j'ai besoin d'un confident ; j'ai besoin de me sentir nourrie par la rencontre d'une altérité neuve.
Il est parfait au présent pour cela. Au présent je suis heureuse et c'est ce qui compte. Mes amis me soutiennent dans ce choix exclusif, de sobriété, de recentrage. D'autres rient un peu : ils me donnent 3 mois… Peu m'importe : je vis au présent. Dans les faits, j'ai tenu 2 mois.
À suivre…
Questions fréquentes
Pourquoi choisir l'exclusivité après des années de polyamour et de libertinage ?
L'exclusivité amoureuse et sexuelle est-elle une identité fixe ?
Peut-on concilier anarchie relationnelle et couple exclusif ?
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