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Témoignages sur la sexualité Temps de lecture : 5 Min

Reconsidérer la sobriété : la chasteté

Reconsidérer la sobriété : la chasteté

Auteur

Eulalie

Publié le

19 juin 2026

Fait partie du guide complet : le libertinage Voir le guide

J'ai été libertine, assoiffée et insatiable d'expériences, de rencontres charnelles avec des personnes soigneusement sélectionnées pour leur respect et leurs originalités. J'ai été polyamoureuse, polypassionnée. J'ai connu des passions bouleversantes, chavirantes, écartelantes et dispersantes.

Je me suis énamourée d'un homme alors que je continuais d'en aimer un autre. Je suis tombée amoureuse de plusieurs personnes en même temps. Je me suis permis de me lier de corps avec des personnes, par seul goût de l'exploration, sans que cela nuise à mes relations de cœur.

Je ne regrette rien. J'ai adoré découvrir ces univers de la sexualité positive. J'y ai été tellement heureuse. Je m'y suis sentie tellement puissante.

Puis, à un moment de ma vie, j'ai tout perdu. Progressivement, après un déménagement en province loin de l'effervescence de Paris et de l'Île-de-France, j'ai perdu le lien avec des aimé.e.s parisien.ne.s du fait de la distance géographique.

La déconstruction de mon univers intime et affectif

Dans un coup de folie, j'ai mis des limites à l'homme qui avait suscité en moi une passion aussi inspirante que désarçonnante. Et plus brutalement encore, dans un coup de sagesse, j'ai mis fin à un projet amoureux et conjugal de presque 20 ans qui perdait son sens.

Ça n'a pas été simple. Mais j'ai pleinement savouré en moi ces changements énergétiques. J'ai souffert, pleuré, eu peur, regretté. J'ai été folle de rage puis de désespoir. Et puis j'ai accepté.

J'ai perçu qu'il y a des décisions difficiles à prendre qui, une fois prises, soulagent profondément. Alors j'ai pu goûter la solitude.

Après l'écartellement, la dispersion et le trop-plein d'émotions, je vivais le vide. Je n'aime pas le vide. J'ai voulu combler.

Faire face au vide : quand la sexualité ne nourrit plus

J'ai rencontré quelques amants. Vécu des petites histoires plus ou moins sans lendemain, plus ou moins sincères, plus ou moins satisfaisantes. Et sur une énième déception, j'ai décidé d'arrêter.

Je ne me sentais plus nourrie par ces connexions qui me semblaient de plus en plus partielles, de moins en moins profondes. Je sentais que je commençais à m'abîmer et aussi à m'épuiser.

Je sentais par exemple que mon corps commençait à s'insensibiliser. Que j'avais besoin de plus de puissance, quitte à me blesser parfois. Et puis je commençais à percevoir mon besoin d'amour, de plus en plus criant, que j'essayais de satisfaire dans la sexualité — en vain.

Je ne libertinais plus par goût mais par manque. Je ne m'énamourais plus ou sinon d'élans de cœur auprès de personnes qui ne cherchaient pas cela.

La chasteté choisie : un vœu de reconnexion à soi

Alors je me suis dit qu'il fallait que je cesse. Que je me recentre. Que je m'ancre. Que je me retrouve.

Alors j'ai fait un vœu : Celui de rester chaste et de trouver de la beauté dans cette chasteté choisie. Pour un mois ou quelques-uns peut-être. Mais j'avais besoin de me sentir comme refermée après m'être sentie béante.

Je voulais respecter ce repos que semblait me réclamer mon corps. Et aussi goûter en moi une forme d'autonomie, d'indépendance. Si je ne mêlais plus mon énergie à celles d'autres, que resterait-il de moi ?

Si j'arrêtais de chercher l'amour à l'extérieur, sur la peau d'autres hommes, le trouverais-je en moi ? J'avais peur — peur de la solitude, du vide. Mais j'avais envie de me confronter à cette peur. Et d'ailleurs rapidement, elle s'est apaisée.

Je me sens puissante. Je me connais à présent. Je connais ma valeur. Seule, je suis riche de ma présence à moi-même.

La chasteté comme renaissance personnelle

En vivant seule, je peux faire les choix qui ne correspondent qu'à moi et c'est tellement puissant. En m'offrant du temps seule avec moi-même, je peux valoriser la relation que j'entretiens avec mon propre corps. Je renoue avec des pratiques masturbatoires conscientes, respectueuses et douces où l'orgasme n'est pas toujours le but, mais où l'essentiel est parfois seulement de prendre le temps de dire à mon corps que je l'aime.

Je suis heureuse de prendre ce chemin de l'exploration de soi. Je suis encouragée par des ami.e.s. Je suis taquinée par d'autres qui ne me donnent pas 10 jours avant de céder. À ces derniers, je leur dis que peu m'importe. Je suis en paix avec mon choix de sobriété.

Je n'ai rien à prouver à personne. Je m'offre cette expérience sans attentes ni pression.

Un cheminement honnête vers de nouveaux plaisirs

Dans les faits… j'ai tenu 8 jours… Mais la démarche me semble juste, saine et je ne la regrette pas. Il se trouve que la vie me propose une autre expérience.

Avec un peu d'ésotérisme, je ne peux m'empêcher de penser que c'est grâce à ce choix de tempérance que l'univers me félicite en m'offrant une autre expérience sexuelle et sentimentale intense…

Questions fréquentes

Pourquoi choisir la chasteté après avoir été libertine ?
La chasteté choisie peut être un outil puissant pour se recentrer après une période de grande dispersion. C'est un moyen de renouer avec son corps, de comprendre ses véritables besoins et de retrouver une autonomie affective en dehors du regard des autres.
La chasteté signifie-t-elle l'arrêt total de la sexualité ?
Pas nécessairement. Dans une démarche de reconnexion, elle peut s'accompagner de pratiques masturbatoires douces et conscientes, où l'objectif n'est pas forcément la performance ou l'orgasme, mais simplement de prendre le temps de s'aimer.
Comment gérer la peur du vide et de la solitude en période de sobriété sexuelle ?
Il est tout à fait normal de ressentir un vide initial. Accepter de traverser cette phase permet d'apprivoiser la solitude, de se découvrir de nouvelles ressources intérieures et de réaliser sa propre valeur sans chercher à combler un manque de façon impulsive.

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