L'hygiène des mains en milieu libertin, on en parle ?
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Je suis persuadé, si vous libertinez un peu en clubs ou en soirées privées, qu'il y a une scène que vous avez vue cent fois sans réellement la voir...
Il est 23h40. La personne arrive... Elle a pris la ligne 13, elle s'est accrochée à la barre du métro, elle a poussé la porte du club ou du loft, posé sa veste au vestiaire, serré trois mains, attrapé une coupe. Vingt minutes plus tard, cette même main est à l'intérieur de quelqu'un.e.
Entre les deux : rien. Pas d'eau, pas de savon, juste rien ... 😱
Je n'ai pas dit « il ». Je n'ai pas dit qui touchait qui. Les mains circulent dans tous les sens dans les soirées indépendamment des genres ...
Ce qui est dingue c'est que l'on a construit une culture entière autour du consentement chez les libertin.e.s et SexPo, kinks ... de la capote changée entre deux orifices et/ou partenaires, et souvent on ne fait pas attention à l'objet qui va entrer dans le plus grand nombre de corps de la soirée.
Oh oui, donne-moi de la flore
Bon, l'idée que votre main sort du métro couverte de la crasse de trois cents inconnus, c'est vrai en théorie mais exagéré dans la pratique. Des chercheurs ont séquencé ce qui vit sur les barres et les poteaux du métro de Mexico (me demandez pas comment je sais ça 😄). Ils ont trouvé... principalement de la peau. Des bactéries de peau humaine parfaitement banales, celles que vous avez déjà sur vous en ce moment, et, étonnamment, aucune trace de contamination fécale ou autre.
En revanche, le transfert, lui, ne fait aucun doute. La même équipe a regardé les mains des passagers avant et après le trajet (chercheur... c'est un métier passionnant 😂 ). Quasiment tout le monde touche quelque chose pendant le voyage, et neuf fois sur dix avec la main. Et donc, au bout du trajet, les mains se ressemblent toutes : elles ont pris la flore du wagon. Yek ...
La conclusion, c'est que votre main ne sort pas du métro sale. Elle en sort repeinte de la flore d'un peu tout le monde.
Le doigt, mais pas celui de Dieu...
Une vulve est un écosystème complexe. Il y a un truc qui marche super bien pour le déséquilibrer : y mettre une flore qui vient d'ailleurs. C'est toute l'histoire de la cystite qui arrive le lendemain d'une bonne soirée. Le va-et-vient ramène vers le vagin et l'urètre des bactéries intestinales qui n'avaient rien à y faire, et l'infection urinaire commence là. Les doigts font exactement ça, en plus précis. Youhou !
Un doigt qui fait le trajet qui passe sur une zone sale et hop, peu importe l'itinéraire. Il suffit d'une dizaine de bactéries dans certains cas pour déclencher l'infection. Une quantité qu'on ne peut ni voir, ni sentir, ni soupçonner. Il ne faut pas un accident, il faut juste un doigt (avant ou après le whisky).
Alors oui, lavez-vous les mains en arrivant, je vois trop de personnes ne pas passer par la salle de bain. Mais, évidemment, relavez-les pendant la soirée aussi.
Parlons des ongles maintenant puisqu'on y est
L'essentiel des micro-organismes de la main se loge sur et sous les ongles, et c'est la zone la plus difficile à nettoyer.
À l'hôpital, des chercheurs ont regardé ce qui restait après une désinfection des mains. Avec des ongles longs, le risque que le lavage n'ait servi à rien est multiplié par sept. Après un lavage au savon, à peine plus d'une soignante à faux ongles sur dix était débarrassée de ses pathogènes.
Donc attention si vous mettez des doigts avec des ongles longs dans plusieurs orifices dans la soirée. Le lavage est indispensable pour vous et votre partenaire.
Et entre femmes, alors ?
La pénétration entre femmes se fait très majoritairement aux doigts et avec des jouets.
La vaginose bactérienne est étonnamment fréquente chez les femmes qui couchent avec des femmes, et ce qu'on sait de l'échange de flore est troublant. Une équipe australienne a suivi près de trois cents femmes pendant deux ans. Une nouvelle partenaire multiplie par deux et demi le risque de déclarer une vaginose. Une partenaire qui a déjà des symptômes, par quatre. À l'inverse, celles qui vivaient avec une partenaire indemne étaient largement protégées. Si on intègre des jouets partagés, le risque doublait, mais le résultat n'était pas assez solide pour en tirer une conclusion.
Et ce que je trouve le plus dingue et dans le sujet de cet article c'est que quand on a demandé à ces femmes lesbiennes et bisexuelles ce qu'elles faisaient en matière de prévention avec leurs partenaires féminines, comme se laver les mains, mettre des gants, nettoyer les jouets... la réponse était : « On ne le fait presque jamais... Et on ne savait pas qu'il y avait quelque chose à faire... » Oups.
Donc non, mon article n'est pas une charge sur les hommes sales. C'est un article sur un aspect dont peu de personnes ne parlent ou n'ont en tête. Les femmes échangent de la flore entre elles avec la même insouciance, avec en prime la conviction largement répandue qu'entre femmes il n'y a rien à craindre.
Adam, tu gaves avec l'hygiène...
« Adam, tu nous gaves avec l'hygiène alors qu'on roule des pelles à des inconnus. »
Oui, vous avez raison... Une langue dans votre bouche, c'est potentiellement plein de bien plus de bactéries qu'un doigt.
La main n'est pas l'objet le plus sale de la soirée. Elle est juste, et c'est tout mon argument, celui qu'il est ridiculement facile de nettoyer. Trente secondes. Eau, savon. Zéro perte de plaisir, zéro négociation gênante, zéro capote à enfiler dans le noir.
C'est le meilleur rapport bénéfice/effort de toute la soirée sur l'hygiène et la protection de nos partenaires, et pourtant beaucoup de personnes ne le font pas.
Le vrai sujet n'est pas que l'hygiène
Pour moi ce n'est pas une question de microbes. C'est une question de consentement.
Vous avez le droit absolu de dire « tu ne me touches pas avec des mains qui sortent du métro », exactement comme vous avez le droit de dire « pas sans capote » ou « pas sans me demander ». C'est votre corps. Fin du débat.
Le problème, ce n'est pas que les gens refusent. C'est que peu de personnes y pensent, et donc ne posent la condition. On consent à un truc que l'on n'a jamais eu l'occasion d'examiner. C'est un angle mort collectif.
Peut-être que vous vous en fichez. C'est votre droit, c'est ok. Mais vous devriez au moins pouvoir réfléchir comment vous vous positionnez sur le sujet, choisir en conscience et en étant informé et c'est pour cela que j'écris cet article.
Personnellement, je suis très attentif à cela depuis que j'ai observé un peu un club. Personnellement, je dis souvent « Est-ce que tu t'es lavé les mains ? Moi je viens d'y aller. »
Ce n'est pas uniquement une précaution sanitaire. C'est une attention à l'autre. Se laver les mains avant de toucher quelqu'un, c'est exactement du même ordre que se laver les dents avant de l'embrasser. Ce n'est pas de l'hygiénisme, c'est du respect et du savoir vivre.
J'ai mieux 😈 : faites-en un geste qui chauffe. Proposez d'aller aux lavabos avec la personne, non pour baiser dans les chiottes, yek 😱, mais pour lui laver sensuellement les mains. Vous verrez, c'est beaucoup moins chiant que ce que vous imaginez, et beaucoup plus excitant que ce que vous croyez. Et garantie d'Adam, personne n'aura jamais été dragué comme cela.
Bien évidemment, ce qui fonctionne dans le milieu libertin, est aussi applicable dans votre vie de tous les jours en couple ou avec vos partenaires.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment se laver les mains avant de toucher quelqu'un en club libertin ?
Les ongles longs ou en gel posent-ils un problème ?
Le gel hydroalcoolique suffit-il ?
Entre femmes, y a-t-il un risque ?
Comment demander à quelqu'un de se laver les mains sans casser l'ambiance ?
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