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Témoignages sur la sexualité Temps de lecture : 2 Min

La femme serpent

La femme serpent

Auteur

Eulalie

Publié le

15 novembre 2024

Je crois que je suis une femme serpent, comme une couleuvre au sang-froid.

Est-ce pour me réchauffer que je me blottis sur le corps des hommes, comme je le ferais sur des pierres chaudes ? Ont-ils des cœurs de pierre, pour ne pas m’aimer comme je les aimerais ?

Je suis une femme serpent

Les hommes n’aiment pas les serpents. Je les fascine, ils veulent me toucher, parfois me porter, me prendre. Ils veulent éprouver ma peau luisante, la curiosité de voir comme je me glisse.

Je glisse ma langue dans leurs oreilles, je leur siffle de prendre soin de moi. Je les hypnotise avec mon souffle, les berce de ma reptation, quand j’ondule sur leurs corps.

Entre fascination et rejet

Mais les hommes n’aiment pas les serpents. Ils savent que je tue mes proies dans la constriction, alors ils ne se risquent pas à faire durer l’étreinte. Même si la finesse de mon corps et la brillance de mes yeux me permettent de me glisser dans leurs lits, entre leurs draps, contre leurs jambes. Ils finissent toujours par me repousser et je me retrouve au sol, j’ai froid et n’ai plus rien.

la femme serpent

Ils ont peur d’être mordus. Alors, ils me fuient. Je n’ai pourtant pas de venin, ni même de crochets, pour crocheter leur cœur autant que leur esprit.

Je suis peut-être une femme couleuvre, créature fuyante, courant ventre à terre, je me faufile dans la vie. Je serpente le long de l’existence. Je me love sur moi pour faire mon propre nid.

L’espoir d’une transformation

Un jour, peut-être, serai-je autre.
Le jour où j’aurais des ailes, je serai oiseau.
Le jour où j’aurais des griffes, je serai tigresse.
Le jour où j’aurais du cœur, je serai humaine.

Et quand je cesserai de lézarder, que j’aurais des mains ouvertes sur lesquelles poser mon cœur chaud, je serais une femme. Juste une femme.
Et je saurai qui je suis, que je suis le fruit de mon passé, et qu’il a un coût : l’œuvre.