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Conseils Sexo Temps de lecture : 4 Min

Honorer sa vulve, se masturber...

Honorer sa vulve, se masturber...

Auteur

Eulalie

Publié le

14 mars 2025

Se caresser.
Se toucher.
Se masturber.
Se faire plaisir.

On a pu dire que c’était mal.
Pas sage.
Incorrect.
Interdit.
Sale.
Honteux.
Égoïste.

Mais j’ai entendu aussi que c’était beau.
Bon.
Bon pour la santé.
Bon pour le couple.
Bon pour l’âme.

Moi, ce que je sens,
c’est que parfois, c’est nécessaire.
Parfois obsédant.
Parfois inutile, pas un sujet.
Parfois ça me fait du bien.
Beaucoup de bien.
Parfois ça me laisse insatisfaite.
Parfois ça me redonne de l’énergie au cœur.
Et parfois je me sens vidée.

J’ai rencontré des personnes pour qui c’était naturel.
Simple.
D’autres pour qui c’était addictif.
Un problème.

J’aime demander à mes partenaires comment ils se masturbent. Parfois, je leur demande de me montrer. Et je trouve ça beau. Leur confiance de me laisser voir, comme ils savent s’aimer.

Se masturber, c’est un acte d’amour de soi à soi

Car pour moi, se masturber, c’est un acte d’amour de soi à soi. Et comme l’amour, c’est pour moi ce qu’il y a de plus honorable dans la vie, se masturber est une œuvre vitale.

Masturbation féminine, se masturber

Je me suis peu masturbée jusqu’à mes 33 ans. J’ai lu, pris des conseils, une forme de coaching auprès d’un amant. J’ai joué avec les pratiques. Des masturbations joueuses, en recherche d’orgasme, parfois performatives, parfois exhibées. C’est un chemin comme un autre.

Puis j’ai rencontré le tantra. Et certaines pratiques sont orientées vers l’idée que le corps peut être honoré. De ce que j’en comprends, cela veut dire que le corps physique dans son ensemble ou certaines de ses parties, sièges énergétiques (le sexe, le cœur notamment), peuvent faire l’objet de rituels où il s’agit de remercier notre corps pour sa vitalité, ce qu’il nous permet de vivre. Juste le remercier d’exister.

Cette manière de voir la vie, le corps, le sacré a continué de transformer mes pratiques masturbatoires.

J’ai fait l’expérience cet été de me donner des rendez-vous pour honorer ma vulve.
Ne pas seulement saisir des opportunités de tranquillité. Mais prendre rendez-vous avec moi. Comme je planifierais de voir un amant. Je planifie un moment pour me rendre heureuse. Ce qui me permet de me réjouir de ce moment, de faire monter mon énergie.

La masturbation comme une méditation

Et quand vient ce moment, je le vis comme une méditation. Mes pratiques ne sont alors pas de chercher à me faire jouir. Mais “juste” de m’offrir de la bonté et de la douceur. Je ne cherche pas à jouir. Je m’offre de la tendresse. Comme une danse ou une méditation.

Je soigne la température de la pièce, l’éclairage. Je mets de la musique. Je caresse ma peau nue et j’écoute. Parfois, je ne caresse que mes seins, parfois mes fesses, parfois mon sexe. Parfois avec de l’huile de coco ou de massage. Parfois, je me pénètre, parfois non. À chaque fois, je prends le temps de sentir ce dont j’ai envie.

Souvent, ce que j’aime faire, c’est simplement de dessiner avec le bout de mes doigts huilés à l’huile de coco, la forme de ma vulve. Dessiner les grandes lèvres, mes petites lèvres, l’espace entre mon vagin et la pointe de mon clitoris, son capuchon. Délicatement sentir si j’aime le frôlement, la pression, les petits ronds sur ces différents espaces… Et glisser lentement le doigt dans mon sexe, sentir les différentes textures de ma peau en dedans, les endroits peu sensibles et ceux agréables. À chaque fois, progressivement, sans attentes. Juste de la présence, de la curiosité saine et de l’amour-propre.

Vulve, se masturber

Je me donne un temps. Une heure. Si je passe cette heure à m’auto-masser, c’est bien. Si je me masse 15 minutes et qu’après, je suis seulement là, détendue, c’est bien aussi. Pas de but. Pas d’objectif à atteindre. Juste, je me donne un temps pour aimer mon corps. Me remercier d’exister.

Cela m’a fait beaucoup de bien.

Je regrette parfois de ne pas m’être donné plus de rendez-vous. Je pourrais le faire.

Si j’écris ce texte, c’est pour vous le proposer aussi. Et si vous vous donniez des rendez-vous d’amour ? Et si vous vous offriez ce temps ?

Que vous ayez une sexualité partagée, épanouie ou non. Déjà de l’auto-sexualité, ou non. Que vous soyez heureux·se dans votre corps ou non. Que vous avez vécu un traumatisme ou non.

Si le bonheur commençait par s’aimer soi-même. Soi m’aime.
Je vous y invite.
Tendrement.