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Conseils Sexo Temps de lecture : 7 Min

Témoignage : Cancer de la prostate et sexualité positive

Témoignage : Cancer de la prostate et sexualité positive

Auteur

Adam

Publié le

19 novembre 2016

La survenue d’un cancer de la prostate est une épreuve douloureuse qui annonce un impact fort sur la sexualité et est souvent très mal vécue par l’homme. Aujourd’hui, j’ai demandé à un des lecteurs de NouveauxPlaisirs.fr de témoigner sur son cancer de la prostate et sa prostatectomie.

L’idée n’est pas d’avoir une approche médicale froide sur le cancer, mais bien de rester dans le pur esprit de NXPL : parler de son impact humain et de la transformation de sa sexualité. Voici le témoignage d’Arnaud, que je trouve être une vraie leçon de vie et d’espoir pour des milliers d’hommes atteints par ce cancer.


Le dépistage : une étape cruciale pour l’homme

Chez les hommes, les cancers les plus fréquents sont les cancers de la prostate, suivis par les cancers du poumon et du gros intestin. Il est important pour nous, hommes, de faire un dépistage dès l’âge de 50 ans.

Ce n’est pas douloureux, et même en ce qui concerne les lecteurs de ce site, cela peut s’aborder avec sérénité (Note d’Adam : je n’irais pas jusque-là ;-)), vu qu’il s’agit d’un toucher rectal suivi d’une prise de sang si nécessaire. Ce qu’il faut savoir, c’est que le cancer de la prostate est l’un de ceux qui réagissent le mieux aux traitements.

Pour information : En Belgique, selon le Registre du Cancer, environ 8 000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont répertoriés chaque année. Environ trois quarts des patients ont plus de 65 ans, et il n’est responsable que de 3 % des décès. C’est déjà ça !

L’impact de l’opération sur ma vie intime

En ce qui me concerne, j’ai été opéré d’un cancer de la prostate et j’aimerais en parler. J’habite en Belgique. Je suis marié, hétérosexuel, et je vis en couple uni depuis 40 ans. Suite à une prise de sang suivie d’un toucher rectal, on m’a découvert un cancer de la prostate avancé. J’ai donc dû subir une prostatectomie.

Suite à l’ablation de ma prostate, ma sexualité a été profondément perturbée. J’avais une vie sexuelle on ne peut plus normale, vécue comme beaucoup d’hommes vivant en couple, avec des rapports fréquents et passionnés. Après l’opération, il a fallu reconstruire ma sexualité de même que celle de notre couple.

C’est seulement à cette époque que j’ai découvert l’importance et le rôle de la prostate dans la sexualité. À vrai dire, je connaissais à peine l’existence de cette glande avant que la maladie ne s’en mêle. Plus grave encore, je ne connaissais pas le bonheur et le plaisir dont j’aurais pu bénéficier si j’avais découvert plus tôt le site « Nouveaux Plaisirs ». Cela m’attriste vraiment…

Illustration Cancer de la prostate

La rééducation sexuelle et le retour de l’érection

Côté positif, ma prostatectomie s’est très bien déroulée. Le taux de PSA est immédiatement tombé à zéro. Petit à petit, je me suis reconstruit. Mon urologue m’avait prescrit du « Cialis » pour m’aider, ce qui fut bénéfique. Mon membre a retrouvé progressivement le chemin de l’érection. Cependant, l’absence d’éjaculation fut, et est restée pour moi, un grand « manque ».

C’est alors que j’ai pris conscience de mon corps dans sa totalité : sa beauté, sa sensualité, son érotisme… En couple, nous avons « retravaillé » notre sexualité. Nous avons découvert de nouveaux plaisirs, notamment celui de la masturbation et l’usage des sextoys.

Redécouvrir l’orgasme autrement

La prostate et les vésicules séminales sont responsables de la fabrication du sperme. L’intervention interdit donc l’éjaculation de façon définitive. Mais attention : ceci ne veut en aucun cas dire qu’il n’y aura plus d’orgasme.

Le mécanisme de l’orgasme étant indépendant de celui de la fabrication du sperme, les sensations de plaisir et l‘orgasme lui-même restent possibles après la prostatectomie. Ils sont même décrits comme plus intenses pour de nombreux patients.

La sexualité n'a pas d'âge

Une transformation inattendue : le plaisir par les tétons

Malheureusement, ce maudit cancer n’a pas voulu me quitter tout de suite. Mon cancer continuant à évoluer, j’ai dû suivre un premier traitement hormonal (Casodex). Ce traitement a entraîné des effets secondaires particuliers : bouffées de chaleur, poussée des seins, tissus plus fermes, ainsi que des tétons et aréoles plus développés et sensibles.

Ce ne fut pas pour me déplaire de voir ma poitrine se transformer légèrement ! Avant ce traitement, j’étais déjà sensible des seins. La différence, c’est que maintenant, mes seins et mes tétons sont devenus LA zone érogène la plus importante de mon corps.

Depuis, j’accorde une attention toute particulière à cette zone. Ils participent activement à mon épanouissement et à mon bonheur sexuel, seul ou en couple. Je stimule manuellement mes tétons chaque jour au réveil et régulièrement en journée. Leur sensibilité s’est accrue. Il m’arrive maintenant de sentir mes tétons pointer et durcir uniquement par le contact avec mon t-shirt, ou, ce qui est des plus délicieux, uniquement par la pensée.

Ma routine de plaisir et de relaxation

Une séance de caresses des seins demande du temps, de la patience et de la relaxation. Je consacre personnellement entre 30 et 60 minutes par jour à mes tétons. En premier lieu, j’attache beaucoup d’importance à épiler soigneusement mon torse et mes aisselles, pour offrir à mon corps douceur et volupté.

C’est crucial, car plus les tétons et les seins sont doux, plus l’excitation est facile à atteindre. Je commence toujours par un petit massage, en les prenant délicatement entre le pouce et l’index, les yeux fermés, en me concentrant sur mon plaisir. Très vite, ils deviennent fermes et les aréoles se gonflent à leur tour.

C’est alors le grand voyage. Toujours bien relaxé, je continue à caresser délicatement la zone en alternant les textures : bout des doigts, paume des mains, dos des poignets… En un mot, je connecte mes tétons via mes mains à mon ventre, mon périnée, ma vessie, mes bourses et mon pénis.

À ce stade, je sens l’excitation monter en moi. J’arrive ainsi à exciter délicieusement mes parties intimes. Je peux aussi varier les plaisirs en pinçant ou en étirant les tétons quand ils sont en érection. En les masturbant de la sorte, je sens tout mon corps tressaillir.

Sensibilité des tétons

Une connexion intime et personnelle

J’aimerais faire une remarque sous forme de constatation : lorsque ma compagne caresse mes tétons, je n’éprouve pas du tout la même sensation que lorsque je le fais moi-même. Je crois intimement qu’être connecté personnellement à ses propres sensations est indispensable pour atteindre l’orgasme et se connecter à sa « zone intime, sensuelle et profonde ».

Conclusion : L’harmonie des genres

Je terminerai en vous confiant que, comme tout homme, il y a en nous une part de « féminité » et de « masculinité » qui cohabitent en harmonie. Chez moi, je n’ai pas honte de confier que ma féminité prend un peu le dessus sur ma masculinité, et… pourquoi pas ?

Un tout grand merci pour l’attention que vous m’avez réservée. — Arnaud


Note d’Adam : Ce texte très intéressant est le témoignage d’un lecteur Belge, Arnaud. Je tiens à le remercier chaudement d’avoir accepté de se livrer sur l’impact de la prostatectomie.

Ce récit est un message d’espoir : la sexualité est vivace et à facettes multiples. Telle l’eau, elle est toujours capable de trouver un chemin pour s’exprimer. Il suffit d’écouter son corps et de s’accorder le temps d’expérimenter. N’hésitez pas à commenter ou à m’envoyer vos propres textes.

Enfin, je souhaite une bonne guérison à Arnaud et je lui envoie plein de bonnes ondes. Vous êtes le bienvenu dans cet espace de libre parole et de respect.

Adam.