quand en action,
il y a une totale mais alors vraiment totale
complicité entre le corps et l’esprit,
on peut avoir cette impression
de suggérer constamment au corps
ce qu’on a envie de ressentir
c’est délicieux comme sensation,
on se sent puissant
mais si on creuse un peu, si on est plus attentif,
on se rend compte que c’est tout à fait différent
du fait de la puissance de cette complicité,
on pourrait même affirmer qu’en ces moments,
l’esprit est devenu corps et le corps, esprit,
et que quand une action quelconque est lancée,
une main qui avance sur une certaine partie du corps,
une hanche qui bouge, un muscle qui se contracte, etc,
un des effets de cette parfaite synchronisation entre le corps et l’esprit,
entraînés ensemble, enflammés par le désir,
c’est qu’on semble deviner une fraction de seconde avant
le geste qui va être effectué, l’action qui va être lancée
car le corps et l’esprit sont devenus tellement transparents l’un à l’autre
dans ces moments-là,
toute action effectuée, est accompagné par tout notre être,
suivi attentivement, sollicité, suggéré, par tout notre être,
en dialogue avec les alentours, en dialogue avec les lointains,
tout murmure, tout chuchote, à tout,
dans un brouhaha couvert par la volupté,
il y a tellement de couches à cette instantanéité
créée par le désir qui nous enflamme dans l’instant
on est désormais comme dans un mille-feuilles,
composé des muscles, des nerfs, du sang, des os,
des sensations, du ressenti, de l’instinct, de l’imagination,
des gestes, des mouvements, des contractions, des caresses,
et on mord dans tout cela en même temps à pleine dents
on goûte aux différentes couches,
les saveurs se libèrent, se mélangent,
s’amalgament, se permutent, se transmutent,
se bonifient les unes les autres,
proposent des contrastes exotiques
l’instinct, l’imagination, les pulsions, le désir,
le genre même, en mode yin,
sont en roue libre,
tournoient
et nous avec

