l’association qui arrive directement à mon esprit
quand je pense au yin, au féminin, en moi,
c’est celle de couleurs,
d’un nombre illimité de couleurs de toutes sortes
qui s’affichent, qui se pavanent, qui déambulent joyeusement
si je pousse plus loin,
alors se forme en moi l’image
d’ailes de papillon qui battent,
qui peuvent se mettre à battre en toutes mes fibres
leur duvet si velouteux, si doux
et encore une fois tout ce carnaval , ce carrousel,
de couleurs chatoyantes
qui défilent sous formes de sensations
cependant, ne pas imaginer quelque chose d’angélique,
non, oh que non,
ce sont des ailes qui battent,
des ailes qui doivent se battre pour rester en l’air,
pour avancer, pour zigzaguer au gré du désir
il y a aussi, donc, une bataille constamment,
quelque chose de tellurique se passe en chacun des battements
et c’est bien ainsi, c’est balancé,
c’est bien écartelé entre deux pôles,
la corde d’un arc est bien tendu et vibre, vibre, vibre
et c’est nourrissant ainsi
et c’est ressourçant, ainsi,
le nectar des profondeurs,
la sève de l’arbre splendide du désir

