L’ENR ou Énergie de Nouvelle Relation, aussi appelée passion des débuts, énamourement ou limerence est un des sentiments des intenses qui soit.
En tout cas pour moi, les passions que j’ai pu ressentir pour mes aimé.e.s en tout début de rencontre sont parmi les plus belles émotions de la vie. Elles m’ont inspirée de beaux textes, et je ne suis pas la seule à en juger la myriade de chansons, poèmes, romans, films qui traitent de ce sujet.
Mais l’ENR n’est pas de l’amour…
Ce texte est une tentative de synthèse de mes expériences rejointes par des éléments glanés lors de stages de développement personnel.
Quand j’ai rencontré mon premier amour, j’ai aimé combien il me semblait solide, assuré et aussi attentionné, capable d’écoute. Dix-sept ans plus tard, quand j’ai rencontré celui que j’appelle l’Oiseau, je l’ai trouvé si libre, si puissant dans son insouciance et sa capacité à n’écouter que son cœur que j’ai été fascinée. J’ai aimé celui que j’ai appelé la fusée pour sa sérénité et son indépendance. J’ai aimé ma grande chérie pour son audace à s’affirmer. Enfin, j’aime celui que j’appelle mon professeur pour sa curiosité et sa soif d’exploration…
Toutes ces histoires d’amour et ces traits de personnalité parlent de ces hommes et femmes, mais en réalité parlent autant de moi. De l’évolution de mes besoins. J’ai eu besoin d’être écoutée, sécurisée.
Dix-sept ans plus tard, j’ai eu besoin de me sentir libre et insouciante. Et ces autres relations évoquent mes besoins d’exploration, d’autonomie, d’affirmation et de stabilité interne.
Je suis à plusieurs reprises tombée amoureuse de personnes qui incarnaient mes idéaux, la réponse à mes besoins. Je les trouvais inspirant.e.s et c’est ce qui m’a poussée dans leurs bras. Plus tard, même si je manque de recul pour le dire, j’ai pu être agacée par ces mêmes qualités qui m’avaient émue. Ainsi,, je suis agacée de la stabilité inerte de mon mari, des difficultés d’engagements de mon Oiseau… Toujours les mêmes effets de miroirs.
Qu’elles m’attirent ou m’agacent, ces qualités parlent de mes manques, de mes besoins. Et aussi, elles parlent souvent de leurs besoins à eux aussi.

L’ENR selon mon psy
Mon psy m’évoquait que selon certaines théories, les personnes ayant souffert des mêmes blessures s’attirent, même blessures, mais stratégies opposées pour s’en dépêtrer. Par exemple, deux personnes qui ont traversé un vécu d’abandon vont s’attirer surtout si l’une s’est protégée en adoptant une apparence détachée et l’autre un comportement en demande, affectueux. La première va fasciner la seconde par son apparente indépendance et solidité, la seconde va offrir les caresses dont a besoin la première. Jusqu’à ce que les masques tombent, où ne collent plus vraiment…
C’est schématique, c’est un raccourci, et peut-être même ai-je mal compris. Mais ça me parle. Et surtout, je ne suis pas accablée par la fatalité de tels faits.
Parce que je perçois bien combien la conscience de tels phénomènes peuvent soutenir la relation. Aussi, c’est en percevant mon besoin de sécurité que je développe un respect envers le père de mes enfants et envers son besoin à lui. Et c’est en percevant mon besoin d’insouciance que je tolère la volatilité de l’oiseau et les échos entre ses comportements et les miens.
Et surtout, je vois bien comment pendant l’ENR, le début de la relation, ces phénomènes sont puissants.
L’ENR n’est pas l’amour, c’est le théâtre de nos blessures infantiles, égotiques. C’est la célébration fantasmatique de la guérison de nos traumas. Guérison illusoire. Car c’est bien une illusion. Durant les phases passionnelles, l’autre est fantasmé. Il est merveilleux, nos cerveaux pleins d’ocytocines sont drogués à l’amour et sur nos nuages roses, on perd pied.
L’autre devient surface de projections de nos attentes, il est parfait complément de nos manques…
Jusqu’à…
Jusqu’à ce que l’illusion cesse. Que l’autre apparaisse dans sa réalité, dans ses manques, ses incomplétudes.
C’est triste? Oui, c’est un peu triste, la fin de la lune de miel. Elle survient entre trois mois et 3 ou 4 ans de la relation, dit-on.
Mais alors… Soit la relation ne survit pas à cette évolution, soit au contraire l’amour vrai peu commencer. Celui où on voit réellement l’autre. Dans ses failles, échos des nôtres. Et si avec cette réalité, la relation reste possible et vertueuse, l’amour est là. Si malgré les imperfections de l’autre, échos des nôtres, l’autre nous inspire toujours respect, désir de vie… Alors là, l’amour commence. Et c’est encore plus beau, je trouve.
L’ENR n’est pas l’amour, elle n’est d’ailleurs pas obligatoire, il y a de belles histoires qui n’ont jamais connu de passion initiale, mais elle peut être le facultatif prologue d’une belle œuvre: la vraie relation.
Crédit photos : Depositphotos
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