Les Français ont-ils une sexualité à part ? Analyse des spécificités
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Publié le
12 janvier 2021
Sexe en France donne quotidiennement des informations sur la sexualité des Françaises et des Français ! Mais cette intimité hexagonale est-elle vraiment différente de celle des autres pays du globe ?
Pas sur tous les points, bien sûr, mais il existe quelques spécificités propres à l’Hexagone. On pourrait d’ailleurs s’imaginer que le “pays des libertés” se distingue par une vie sexuelle particulièrement riche, diverse, prolifique ou rebelle. En réalité, de nombreux pays affichent des mœurs bien plus libres que les nôtres !
Zoom sur trois grands sujets sur lesquels la France cultive sa singularité ou accuse parfois un peu de retard.
La France : l’indétrônable pays de la galanterie
Le paysage amoureux français est avant tout latin, et les codes de séduction en sont encore fortement imprégnés. Dans l’imaginaire collectif et les pratiques, c’est souvent à l’homme de faire le premier pas, d’offrir un verre, des cadeaux, ou de séduire par les compliments.
Si Simone de Beauvoir s’offusquait de cette tradition française et affirmait que « la galanterie n’est qu’un héritage des sociétés patriarcales visant à maintenir la femme dans son état d’asservissement », elle reste cependant plébiscitée par 97 % des Françaises dans le rapport de séduction (selon un sondage TNS Sofres/Meetic réalisé sur 10 000 célibataires européens).
À l’inverse, en Allemagne ou au Canada par exemple, la façon de se rencontrer est bien moins genrée : il n’est pas rare d’y voir une femme prendre ouvertement les devants pour inviter un homme dans son lit.
Un cadre législatif strict sur le commerce de la sexualité
Rejoignant la vision d’autres pays latins sur la « marchandisation du corps de la femme », la France affirme, à chaque nouvelle décision législative, sa position abolitionniste concernant la prostitution.
Concrètement, le cadre juridique français considère que les personnes prostituées sont des victimes. Si l’activité en soi n’est pas interdite, l’arsenal législatif actuel ne propose pas d’outils pour réglementer (et donc sécuriser et protéger) la profession. Sur ce point, la France se distingue nettement de ses voisins comme la Suisse, l’Allemagne ou encore les Pays-Bas, qui ont choisi d’adopter une position réglementariste, offrant un statut et un cadre légal aux travailleurs et travailleuses du sexe.
Le libertinage : un mythe ou une réalité française ?
On s’imagine volontiers la France comme la championne du libertinage, portée par son héritage philosophique et littéraire du XVIIIème siècle (pensez à Sade ou Laclos). Pourtant, il ne faut pas confondre ce mouvement historique, qui visait à s’affranchir des dogmes religieux, avec le libertinage contemporain en tant que pratique sexuelle (regroupant le mélangisme, l’échangisme, etc.).
En la matière, ce sont nos voisins Belges qui détiennent la palme ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils seraient 16 % d’hommes belges à avoir fréquenté un lieu échangiste, contre seulement 11 % des hommes français. De même, 24 % des Belges auraient déjà tenté un plan à trois, contre 17 % dans l’Hexagone.
Alors, la France est-elle un pays réellement libre sexuellement ? Nous sommes sur la bonne voie, mais la marge de progression reste belle et bien présente pour une sexualité totalement décomplexée !
Note d’information : Ce texte a été rédigé par la rédactrice en chef de Sexe En France, l’observatoire de la sexualité des Français. C’est un site animé par une personne de confiance qui réalise un travail remarquable autour de la sexualité positive depuis des années. N’hésitez pas à y faire un tour et à vous abonner pour accéder à des contenus de qualité.