Double pénétration : le guide complet pour bien la pratiquer
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La double pénétration, la fameuse « DP », fait partie de ces fantasmes qui reviennent souvent et qu'on ose rarement avouer. C'est un des grands classiques de l'imaginaire érotique, chez les femmes comme chez les hommes, et pourtant, elle n'est pas si pratiquée que ça.
La faute, à mon avis, au cocktail classique et toxique qui innonde nos cerveaux : des images de porno qui donnent une idée complètement faussée de la chose, et un manque criant d'informations pratiques et honnêtes. C'est précisément ce vide que je vais essayer de combler ici.
Avant d'entrer dans la technique et les positions, je vous invite à lire l'excellent témoignage de Stella Tanagra sur la double pénétration. Elle y raconte, avec beaucoup de talent, comment la double pénétration peut se vivre du côté du plaisir féminin plutôt que d'une soi-disant domination masculine. Son texte pose l'état d'esprit ; le mien s'occupe de la mécanique.
Double pénétration : de quoi parle-t-on au juste ?
Commençons par déminer le vocabulaire, parce qu'on met un peu tout et n'importe quoi derrière ces deux initiales DP. Dans l'immense majorité des cas, quand on parle de double pénétration, on parle de deux pénétrations en même temps : une dans le vagin, une dans l'anus.
Deux scénarios se présentent. Le premier, c'est la DP en trio : deux partenaires ayant un pénis pénètrent une personne yant un vagin (et évidemment un anus) en même temps. C'est la pratique classique, mais ce n'est ni la seule ni, franchement, la plus facile pour débuter.
Le second scénario, bien plus accessible, c'est la double pénétration en duo : votre partenaire s'occupe d'une pénétration, et un godemichet ou un plug se charge de l'autre. Et oui, on peut parfaitement découvrir toute la richesse de la double pénétration sans jamais inviter une troisième personne. Franchement, c'est même par ça que je conseille de commencer, tout simplement parce qu'il est plus simple de coordonner une seule personne active que de faire des acrobaties en trio ahah.
Pour être exhaustif, sachez qu'il existe aussi la double pénétration vaginale (deux sexes ou deux objets dans le vagin) et la double pénétration anale (deux dans l'anus). Ce sont des variantes bien plus exigeantes et engagées, à réserver à celles et ceux qui sont déjà très à l'aise avec la pénétration simple et la double pénétration classique. Dans cet article, je ne vais me concentrer que sur la double pénétration vaginale & anale.
Pourquoi c'est si intense (l'histoire d'une petite cloison)
Si la double pénétration procure des sensations aussi particulières, ce n'est pas une question de performance ou de taille, c'est une question d'anatomie toute bêtement. Entre le vagin et le rectum, il n'y a une fine paroi, qu'on appelle la cloison recto-vaginale. C'est une membrane mince, et elle est le grand secret de pourquoi la double pénétration est exquise pour celles qui l'aiment.
Concrètement, quand les deux canaux sont pénétrés en même temps, chaque membre ou objet se ressent aussi de l'autre côté de cette cloison. Les deux stimulations ne s'additionnent pas simplement, elles se répondent : le mouvement dans l'anus se transmet au vagin, et inversement. Beaucoup de femmes décrivent alors une pression et un remplissage qu'aucune pénétration seule ne peut reproduire, avec cette impression que tout le bas-ventre est mobilisé d'un coup. C'est cette proximité des deux orifices, et la finesse de ce qui les sépare, qui fait toute la magie.
Cela dit, il faut rester clair : la double pénétration n'est pas une formule magique qui déclencherait l'extase à tous les coups. Certaines personnes adorent et en redemandent, d'autres trouvent ça surtout impressionnant, intense sur le moment, sans que ça devienne pour autant leur pratique préférée. D'autres n'aiment pas. C'est absolument ok. Rien n'est obligatoire en sexualité, et deplus, ce que l'on aime pas à un moment donné de sa vie, peut aussi être super jouissif quand on y retourne dix ans plus tard.
Il n'y a rien à réussir, aucune obligation à cocher. Si l'envie est là, tant mieux, explorez ; et si, après essai, vous vous rendez compte que ce n'est pas votre truc, c'est parfaitement ok et ça ne dit strictement rien de votre sexualité ou de quoi que ce soit d'autre.
D'abord, être vraiment à l'aise avec la sodomie
S'il n'y avait qu'une seule chose à retenir de tout cet article, ce serait celle-ci : la double pénétration n'est que la suite logique d'un plaisir anal déjà apprivoisé. Elle ne s'improvise pas comme une découverte de la sodomie. Ajouter une pénétration anale à un rapport, sous prétexte qu'il y en a déjà une dans le vagin, ne rend pas l'anus plus détendu par miracle. Au contraire, le stress de l'exercice, au début, a tendance à le contracter.
Si la pénétration anale n'est pas encore, pour vous, une source de plaisir confortable, je vous conseille de commencer par ça, tranquillement, avant même de penser à la double pénétration. J'ai consacré tout un article aux pratiques du plaisir anal : prenez le temps de le lire et d'expérimenter.
L'idée est toujours d'y aller par paliers : d'abord un doigt, puis deux, puis un plug qu'on garde un moment pour habituer le canal rectal (si vous n'en avez pas encore, lisez comment choisir un plug anal, le modèle change tout à ce stade), et seulement ensuite une vraie pénétration. C'est un chemin qui peut prendre plusieurs semaines, et c'est la bonne cadence. La patience n'est pas un problème, c'est le meilleur des chemins en sexualité.
L'hygiène : le vrai blocage pour beaucoup
L'hygiène est un facteur de blocage chez énormément de couples : la peur du « sale » gâche plus de découvertes anales que n'importe quel problème de détente ou de technique. Cependant, une fois qu'on a compris deux ou trois principes simples, on se rend compte qu'il n'y a pas tant de risque que cela de rencontrer des problèmes de propreté.
Je ne vais pas tout reprendre ici parce que j'ai déjà écrit un guide complet sur le sujet, l'hygiène et la propreté du plaisir anal. Lisez-le : vous verrez qu'il n'y a rien de sorcier, qu'un peu d'anticipation et de bon sens suffisent, et que ce n'est pas la corvée que l'on imagine.
Une fois cette question réglée, vous aborderez la double pénétration l'esprit bien plus tranquille. Tant mieux !
Le lubrifiant, encore et toujours
S'il fallait désigner l'accessoire indispensable de la double pénétration (et de l'anal en règle générale), ce ne serait ni un jouet sophistiqué ni un harnais, mais un simple flacon de lubrifiant.
Chose fondamentale : le rectum ne produit aucune lubrification naturelle. Contrairement au vagin, il ne s'humidifie jamais tout seul. Sans lubrifiant, les frottements irritent la muqueuse rectale, qui est très fragile, et le plaisir laisse place à la gêne, à l'irritation, voire à la douleur.
Alors on en met beaucoup, généreusement, et surtout on en remet régulièrement au cours de la séance aussi, car le lubrifiant finit toujours par disparaitre au bout d'un moment. Pour une double pénétration, pratique qui a tendance à durer un peu, je conseille plutôt un lubrifiant épais spécial anal, qui tient plus dans le temps et n'oblige pas à interrompre la pratique toutes les deux minutes.
Reste la question de la base : à l'eau, au silicone, autre ? Cela dépend de vos préservatifs et de vos sextoys, car tout ne se marie pas ensemble. Pour ne pas vous tromper, j'ai fait un guide complet pour choisir son lubrifiant : jetez-y un œil, ça vous permettra de choisir en conscience et de ne pas faire d'erreur.
À deux ou à trois : qui fait quoi ?
Comme je vous le disais plus haut, la version la plus simple de la double pénétration se pratique à deux. Votre partenaire assure l'une des deux pénétrations : vaginale ou anale, selon vos envies et votre confort, pendant que vous vous occupez (ou qu'elle s'occupe) de l'autre avec un godemichet ou un plug.
Au fait, pour tout ce qui entre dans l'anus, choisissez un jouet fait pour cela et doté d'une base évasée pour l' empêchee de filer trop loin oups ...
La version à trois demande, elle, moins de prouesses physiques que de coordination et de bienveillance. Et là, je rejoins totalement ce qu'écrit Stella dans son témoignage : dans une DP réussie, les deux partenaires pénétrants ne sont pas là pour « prendre », ils sont au service du plaisir de la personne au centre. C'est elle qui donne le tempo, qui dit ce qui va et ce qui ne va pas, et les deux autres s'y adaptent. Renverser cette logique, se croire en démonstration, c'est le meilleur moyen de transformer un beau fantasme en mauvais souvenir.
Les positions à trois qui fonctionnent
Toutes les positions ne se valent pas pour débuter, et ça se comprend dès qu'on regarde qui contrôle quoi.
La cavalière reste la plus rassurante pour une première fois, et la plus pratique. Un partenaire s'allonge sur le dos, la personne pénétrée s'installe au-dessus pour la pénétration vaginale, face à lui. Le deuxième partenaire se place derrière, à genoux ou allongé selon la hauteur, pour la pénétration anale. C'est elle qui garde la main sur tout : le rythme, l'angle, la profondeur, l'ordre dans lequel chaque pénétration s'installe. Elle peut avancer par étapes, se retirer si besoin, sans que personne n'ait à « forcer » quoi que ce soit. Pour apprivoiser la sensation à deux, il n'y a pas mieux.
*La cuillère à trois vient ensuite : tout le monde allongé sur le côté, emboîté — un partenaire derrière pour l'anal, l'autre devant pour le vaginal, la personne pénétrée au milieu. C'est une position douce, peu acrobatique, qui a l'avantage de garder tout le monde proche et donc de faciliter la parole : on se voit (au moins partiellement), on s'entend, on s'ajuste en direct.
Un homme lllongée sur le dos, la femme s'alonge sur le dos sur lui, jambes relevées, et se fait pénétrer analement. L'autre partenaire se met en face pour le vaginal. C'est une espèce de position du missionnaire ou l'on rajoute l'homme dessous qui rajoute l'anal. On gagne en intensité et en profondeur, mais on perd en contrôle, parce que la personne pénétrée peut moins doser elle-même l'avancée. C'est une position à garder pour plus tard, une fois le confort et la confiance bien installés. Inutile de brûler les étapes ; le corps a besoin d'un peu de pratique avant d'apprécier les variantes les plus engagées.
Le vrai secret d'une double pénétration réussie : la communication
On peut connaître toutes les positions du monde et avoir le meilleur lubrifiant du marché, si la communication et le fun ne suivent pas, la double pénétration tourne vite au fiasco. C'est vraiment ici que se joue la différence entre une expérience mémorable et un moment qu'on préfère oublier.
Le préalable, c'est un mot d'arrêt clair (un safe word), connu de toutes les personnes présentes, qui stoppe absolument tout à l'instant où il est prononcé, sans discussion ni négociation.
Ensuite, on avance toujours au rythme de la personne pénétrée, jamais l'inverse. Une douleur n'est pas une étape à franchir, c'est le signal du corps qu'il faut écouter : on ralentit, ou on arrête si nécessaire. Il n'y a aucun mal à arréter même si cela frustre une personne ou deux. Rappelons nous que le consentement est révocable.
Et parce que la DP peut être émotionnellement plus intense qu'on ne l'imagine, prévoyez aussi un vrai temps de douceur après, avec des câlins, le temps de redescendre ensemble (de l'after care pour celles et ceux qui connaissent). Ce moment-là fait autant partie de l'expérience que le reste.
Une histoire de préservatifs et de bon sens
Un dernier point est absolument crucial sur l'hygiène pendant l'acte lui-même. Ce qui est passé par l'anus ne repasse jamais dans le vagin sans changer de protection et se laver. Les bactéries du rectum n'ont rien à faire dans le vagin, et le passage de l'un à l'autre est une cause classique d'infections urinaires ou vaginales bien carabinées.
En pratique, cela veut dire un préservatif par pénétrant, et surtout on en change dès qu'un sexe ou un jouet quitte l'anus pour se diriger vers le vagin. Même logique pour les doigts et les mains. Ça peut paraître fastidieux dit comme ça, mais ça doit devenir très vite un réflexe, et c'est précisément ce genre de détail maîtrisé qui permet à la femme de lâcher prise sans arrière-pensée.
Et si ça ne marche pas du premier coup ?
Bon, personne ne le dit (à part moi ahah) mais la première tentative peut très bien être une catastrophe. Une mauvaise position, un peu trop de stress, du lubrifiant en quantité insuffisante, une envie qui retombe d'un coup… et voilà, la double pénétration se transforme en une bonne partie de rigolade (faut quand même pas pleurer ou alors de rire !).
Personnellement, ma première double pénétration a été un vrai fiasco, au début, j'étais dessous, je n'arrivais pas à bouger un poil, je ressentais rien, la femme ne bougeait pas assez, impossible de garder l'érection en étant écrasé et non stimulé, et j'ai fini par débander évidemment. On change de position... l'autre homme était sur le dos, moi derrière la femme en cavalière, mais la différence de taille et d'angle des sexes rendant la position difficile à tenir, j'ai eu des crampes dans les cuisses, j'ai hurlé de douleur avant de rouler sur le côté et de ne plus pouvoir marcher pendant quelques minutes. Bref... on a bien rigolé mais... on a pas terminé la double pénétration.
Ce n'est ni un échec, ni un problème de « performance », ni le signe que la double pénétration n'est pas pour vous. C'est juste que, comme beaucoup de choses en sexualité, ça s'apprivoise et que la première fois, c'est pas forcémeent la meilleure.
Une double pénétration réussie, ce n'est pas celle qui coche toutes les cases dès le premier soir, c'est celle qui reste un plaisir partagé, sans pression. Si ce n'est pas le grand soir, on en rit, on se câline, et on réessaiera peut-être une autre fois avec un peu plus d'expérience et un peu moins d'appréhension. C'est comme ça qu'on progresse, tranquillement, et c'est bien plus agréable ainsi.
Et pour le versant vécu, sensible et joliment écrit de la chose, je vous renvoie une dernière fois au témoignage de Stella Tanagra sur la double pénétration, qui complète idéalement ce guide pratique avec le côté sensations et état d'esprit.
Enfin, si vous voulez entendre d'autres voix que la mienne, la communauté a longuement échangé sur le sujet dans ce fil du forum consacré à la double pénétration : des femmes et des hommes y racontent leurs envies, leurs réticences et leurs expériences, sans filtre.
Questions fréquentes
La double pénétration, ça fait mal ?
Peut-on faire une double pénétration uniquement à deux ?
Quelles précautions d'hygiène pour la double pénétration ?
Faut-il déjà être à l'aise avec la sodomie ?
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