Témoignage : j'aime m'habiller en Femme
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Publié le
3 janvier 2017
J’ai 67 ans, je suis marié depuis plus de 40 ans. Depuis plusieurs années, j’adore m’habiller en femme. Mon épouse et moi nous nous aimons et je me suis posé beaucoup de questions au début de ce fantasme qui me culpabilisait. Avec le temps, j’ai appris à faire avec. Mon épouse m’y a aidé et j’aimerais partager avec vous ce plaisir qui, pour moi, est devenu essentiel pour mon épanouissement.
Le déclic : Quand la maladie révèle la féminité
Le point de départ, ou plutôt la révélation, fut lorsque, suite à la récidive d’un cancer opéré de la prostate, le chirurgien m’a mis sous traitement hormonal. Il me confia alors les effets secondaires qui découleraient de ce traitement : bouffées de chaleur et… seins plus développés et sensibles !
Je me rappelle ce moment comme si c’était hier. Ce fut comme si la femme qui sommeillait en moi venait subitement de se manifester au grand jour. J’étais « heureux ». La « part féminine de mon moi » allait s’exprimer et se développer, pourquoi pas !
La dualité Homme-Femme : Entre Yin et Yang
Je me suis informé sur la présence de cette « féminité » que tout homme aurait en soi. Beaucoup de spécialistes ont étudié la question. J’ai appris qu’effectivement, tous les hommes ont une part féminine, de même que les femmes ont toutes en elles une part masculine plus ou moins importante. Nous sommes ainsi faits, c’est le Yin et le Yang. C’est ainsi que des chercheurs affirment qu’il est important, pour l’équilibre et la compréhension de chacun, que les deux sexes qui cohabitent en nous puissent s’entendre.
Le tout, c’est bien sûr d’assumer en toute sérénité cette « bipolarité ». À ce propos, j’aimerais partager cette réflexion qu’une amie psychologue m’avait confiée :
« Lorsque l’homme commence à accepter cette part féminine en lui, il devient plus créatif, plus poète, plus en relation avec les autres et avec sa propre intériorité. Il tend vers une harmonie intérieure, et peut entrer en « Union Sacrée » avec « L’AUTRE » et s’investir alors totalement dans la relation, en se dégageant de l’image de la mère. Il peut alors aimer profondément, être tour à tour le père et la mère, l’adulte, le protecteur(trice), le poète, l’amant(e), l’adolescent ! »
Assumer sa part de féminité serait donc un plus pour l’épanouissement de tout un chacun !
Racines et souvenirs d’enfance
En explorant mon passé, je me souviens que ma maman, et ce probablement de façon inconsciente, m’a aidé à laisser s’épanouir la féminité qui sommeillait en « moi ». J’avais une sœur à peine plus âgée que moi et jusqu’à l’adolescence, nous avions les mêmes sous-vêtements « Petit Bateau ». J’adorais.
Cela me « flattait » d’avoir les mêmes petites culottes que ma grande sœur ! Nous avions la même taille. C’était pratique. Adolescent, j’allais de temps en temps lui « piquer » une petite culotte ou un soutien-gorge pour magnifier mon corps. Cela émoussait ma sexualité. Je m’en souviens très bien !
Une passion partagée au sein du couple
Actuellement, dans ce moment difficile de ma vie, suite à mon cancer, je me suis remémoré cette époque. Je m’en suis confié à mon épouse qui, paradoxalement, a très bien compris la « dualité » qui m’animait.
Depuis ce jour, nous vivons à deux cette passion qui est la mienne d’oser exprimer entre nous toute la féminité qui est en moi. Cette passion, qui est plus qu’un fantasme, est donc devenue commune et s’intègre avec beaucoup de bonheur et de plaisir dans notre vie de couple.
Pour un homme, pouvoir jouir du plaisir de porter accessoires, lingerie et vêtements féminins est un pur régal. Comparées aux vêtements et dessous masculins, il faut bien reconnaître que la femme a beaucoup plus de chance que nous, les hommes. Personnellement, je porte régulièrement soutiens-gorge, culotte, bas… La nuit, c’est en petite tenue féminine ou pyjama de femme que je partage ma couche avec mon épouse. Les matières telles que le satin, la soie, l’élasthanne… sont tellement douces que c’est un réel plaisir dont je ne saurais plus me passer.
Mes rituels quotidiens de féminisation
La « culture » de ma féminité ne s’arrête pas à porter des vêtements féminins. Chaque matin, avant et pendant ma douche, je réserve un moment d’intimité avec moi-même et… avec la « fille » qui est en moi. C’est au réveil que ma féminité s’exprime avec beauté et sensualité : mes seins sont bien fermes, les mamelons ronds et bien marqués, les tétons bien durs et pointus.
Alors commence une véritable ode à ma féminité : avec délicatesse, les yeux fermés, du bout des doigts, de la paume des mains, du dos des poignets… je me caresse, effleure, masse doucement les seins, les mamelons et tétons. Toujours les yeux fermés, je prends conscience de toute la féminité qui est en moi en parcourant mon corps du bout des doigts.
Vient ensuite le moment de l’épilation quotidienne : torse, seins, aisselles, tour d’anus, scrotum, jambes… Seuls les bras et le pubis ne seront pas rasés. C’est la part masculine de mon moi que je désire conserver dans son intégralité. Vient ensuite la douche au gel douche féminin et la toilette intime avec un savon intime féminin.
L’harmonie “Fille-Garçon”
C’est « fille-garçon » que je peux ainsi entamer ma journée en revêtant, suivant l’humeur, une petite culotte et un soutien-gorge ou, si le petit garçon est plus fort et se réveille en moi, une petite tenue plus masculine.
Il nous arrive, mon épouse et moi, de passer un week-end de détente à l’hôtel ou en chambre d’hôtes pour assouvir notre plaisir. Petits dessous féminins, bas, porte-jarretelles, parfum de femme… pour moi et pour elle aussi ! C’est un pur régal de passer la soirée au restaurant sachant que « l’after dinner » sera tout en sensualité entre femmes.
En un mot, j’ajoute que je suis 100% homme, mais j’assume pleinement la part de féminité qui est en moi, comme chez la majorité des hommes. Je vous remercie pour l’intérêt que vous avez réservé à ce billet très personnel.
Arnaud
Note d’Adam : Merci à Arnaud pour ce témoignage rare. Vous pouvez discuter avec lui en laissant un commentaire ci-dessous. L’illustration principale est aussi de Xavier Duvet et provient de la BD Féminisation aux Éditions Tabou.