Comme beaucoup, je me suis bien ennuyée pendant le confinement de 2020. Comme beaucoup, je me suis découvert des passions. Comme certain·e·s, ce fut le sexe virtuel.
J’ai découvert durant le confinement des pratiques virtuelles donnant l’opportunité de m’exciter, de fantasmer, de prendre plaisir et de partager cela avec des esprits aussi pervers (au sens heureux du terme) et consentants que le mien.
Trois ans plus tard, je prends du recul et observe qu’il y a une grande diversité de pratiques dont je ne me serais pas doutée quelques années plus tôt.
J’écris donc le texte que j’aurais aimé lire à l’époque de mon ingénue virginité virtuelle. Puisse-t-il en inspirer d’autres…
Le sexting
Moi, j’ai commencé par cela, sur un chat. Un homme visiblement très échaudé me parle de mon sexe, du fait qu’il aimerait me déshabiller pour glisser sa main sur mes lèvres humides et les sentir ainsi se gonfler de désir et s’humecter de promesses…
Je lui réponds que ma peau a soif de ses mains et que je m’imagine me coucher sur sa table basse pour mieux offrir l’ouverture de mes cuisses à sa brave ardeur…

Le sexting, c’est tout simplement écrire en live un fantasme plutôt crédible, qu’on incarne soi-même, dans l’instant présent, l’immédiateté. Je me souviens avoir ajouté à cela quelques nudes (toujours sans mon visage pour limiter les risques liés à la diffusion non consentie) afin d’illustrer mon excitation et développer celle de l’autre.
Mais cela était rarement indispensable. Tant les mots choisis sont parfois d’eux-mêmes diablement efficaces. Je prends tellement littérairement mon pied que je me dis sapiosexuelle.
C’est par le sexting que j’ai commencé dans le sexe virtuel. Et quand je visualise la table basse de mes premiers émois virtuels, j’ai comme une tendre nostalgie bandante.
Le rôle play érotique
Plusieurs mois après, j’ai découvert le rôle play érotique. J’ai trouvé des serveurs Discord qui y sont dédiés. Mais il semble qu’il existe des forums dans le même but. Si j’y utilise le même talent littéraire, je n’y incarne pas mon rôle, et le « joueur » en face de moi non plus.
Nous avons convenu préalablement de personnages, pas obligatoirement de notre genre, d’un espace, d’une époque, d’un contexte fantaisiste, fictionnel ou au contraire réaliste ou historique. Parfois, on peut s’échanger des images pour aligner nos imaginaires, parfois non.
Et il s’agit d’incarner un personnage à qui il arrive des aventures qui se construisent à plusieurs voix. Par exemple, je me souviens avoir pris grand plaisir à interpréter une maîtresse de caravane, éduquant par des masturbations audacieuses son nouvel esclave. Je lui donnais du plaisir afin de susciter sa passion et ainsi son dévouement.

Je me souviens aussi avoir joué une voleuse, arrêtée par la victime de son vol, puis séquestrée dans son appartement jusqu’à ce qu’elle paye pour son larcin. Je sais que des joueurs utilisent parfois un imaginaire issu de jeux vidéo ou de séries, ont recours à des personnages fantastiques, aux pouvoirs surnaturels ou aux corps animaux.
Ces récits peuvent se construire sur une soirée ou, au contraire, se poursuivre pendant plusieurs jours. Les possibles sont infinis. Tous les fantasmes peuvent s’interpréter. On peut jouer à se surprendre ou se laisser guider. J’ai eu de belles expériences avec de très belles plumes.
Ce que je trouve particulièrement intéressant avec cette pratique, c’est qu’elle me permet de goûter virtuellement, fantasmatique-ment mais en relation avec un autre, à des plaisirs que mes limites physiques, corporelles, ou même éthiques ne me permettent pas d’éprouver dans ma vie réelle.
Je peux me mettre dans la peau d’un homme, d’une créature fantastique, je peux me livrer à un jeu BDSM dangereux ou violent. Je peux même explorer mes fantasmes de viol et de violence. (Les limites sont établies en début de rédaction.)
Changement d’univers pour le sexe virtuel
Les défis photos
Sur un Discord génial (hey mais c’est celui de NXPL : la Sexosphere !), j’ai pris plaisir à développer cette activité de défis de photos érotiques. Pendant l’année du confinement, il a été particulièrement actif. L’idée y est de proposer des photos faites soi-même à partir de thèmes qui peuvent être soit un objet (plantes, outils…), soit une caractéristique physique (reflet, lumière…) ou encore un concept, une idée abstraite (jeux de genre, sorcellerie…).
J’ai pris beaucoup de plaisir à participer et animer ce genre de jeux, avec cette idée que chaque corps peut être magnifié dans une image érotique. Je jouais aussi à ce jeu en messageries privées avec des amis de sexe virtuel qui me lançaient des défis et je n’arrivais pas à y résister !
C’était très excitant de penser toute la journée à une idée de cliché que je ne réalisais que le soir, enfin seule et tranquille, le plus souvent dans ma salle de bain !

Les masturbations guidées
J’aimais beaucoup utiliser mes nudes pour un autre art délicat : celui de guider les masturbations de mes meilleurs amis. Des mots à base de « imagine-toi dans mes bras, entre mes cuisses », « imagine que ta main est ma main », « ta main est mon sexe », « caresse-toi doucement », « maintenant plus vite », « j’aimerais que tu craches dans ta main avant de continuer », « non, ne jouis pas maintenant, avant j’aimerais que tu prennes le temps de te caresser la poitrine… », mais aussi « dis-moi ce que tu ressens », « comment est ton sexe à présent ? »… « Imagine que je suis au-dessus de toi, je te chevauche et mon sexe épouse le tien, millimètre par millimètre je descends le long de ta verge… »
Cette pratique de sexe virtuel est proche du sexting, dans la mesure où l’on guide l’imaginaire de l’autre, mais ici, on attend que le partenaire se masturbe au rythme proposé. La masturbation peut être croisée : l’autre, en retour, donne des indications sur comment je dois me caresser. Mais parfois, la pratique est unilatérale : l’un donne les indications et l’autre se touche.
La soumission virtuelle
Les masturbations guidées unilatérales sont très efficaces pour prendre possession de l’esprit de l’autre (s’il en est consentant), l’obséder sexuellement et le soumettre… J’ai pris beaucoup de plaisir avec un partenaire à prendre ainsi le contrôle sur lui en le masturbant virtuellement plusieurs fois par jour, sans le faire jouir, en lui donnant rendez-vous : « dans 2h, je veux te retrouver connecté, sexe à la main », « ce soir à 23h tu auras le droit de jouir… Sois au rendez-vous. »

Le sexting, le rôle play érotique, l’envoi de nudes, les masturbations guidées, la domination virtuelle… Autant de possibles de sexe virtuel que l’imagination humaine est créative, soit une infinité vertigineuse.
Je suis peu portée sur la technologie, celleux qui me connaissent le savent (et en rient même…). Mais pour le coup, je remercie l’invention du smartphone, parce qu’avec mon petit écran noir, pendant et depuis le confinement… je m’amuse bien. Le smartphone : un des meilleurs sextoys du moment pour le sexe virtuel!
Crédit photos : Depositphotos
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