Je discutais il y a peu avec un homme qui avait envie de proposer des sessions de BDSM à sa femme, mais qui ne savait pas trop par où commencer. Alors, je me suis amusée à inventer une petite séance de D/s (Domination / soumission) pour un couple néophyte où monsieur dominerait.
Bien sûr, c’est basé sur ce que j’aime faire et recevoir, ce n’est pas une recette toute faite. C’est une inspiration. Je lui ai transmis, je ne sais pas s’il en fera quelque chose, mais j’ai pris plaisir à imaginer. Alors, je partage avec vous ce scénario.
Un scénario d’initiation au BDSM…
L’idée est de proposer une séance surprise, mais en respectant la prudence nécessaire. Car le BDSM n’est pas un jeu sans risque, ni physique ni psychologique. Donc, pas de services corporels douloureux sans avoir préalablement mis en place des mots de sécurité, et sans avoir parlé avant de ce qui serait désiré et des limites – cela serait dangereux.
Comme prérequis, il s’agirait de savoir comment la partenaire orgasme le plus facilement. Il s’agirait d’une séance de soumission avec, comme renforçateur, le plaisir sexuel. L’idée est que la posture de la soumission accentuera le plaisir, et que le plaisir lui-même sera la motivation. Le dominant prendra son plaisir dans le fait d’être le puissant chef d’orchestre de cette mise en scène décadente.
Comme autre prérequis, s’assurer qu’elle est dans le mood, qu’elle n’a pas de douleurs ou d’indispositions, et pas d’angoisses de strangulation. L’homme a peu de matériel.
La surprise du scénario d’initiation au BDSM
Pour la surprise, lui donner rendez-vous, qu’elle sache que ce jour-là, à telle heure, une surprise l’attend.
Préparer la chambre pour ce moment, qu’elle soit un peu différente, pour marquer la différence des moments intimes habituels. Par exemple, une lumière rouge, des tissus rouges sur la lampe de chevet, des bougies. Une chaise devant le lit, lit à nu, sans couvertures.
Quand elle entre dans la chambre, prendre sa plus belle voix grave et suave, mais aussi affirmée, sûre de soi. Tout est là. Il faut donner l’impression de savoir exactement ce qu’il faut faire, d’être un dominateur né. Selon l’adage, avant de l’être et pour le devenir : feint de l’être.
Lui dire :
« Ce soir, tu seras mon objet de plaisir. Tu seras sous ma responsabilité, sous mes ordres, tu feras ce que je te dis et quand je te le dirai. Tu seras magnifique dans cet exercice, je sens déjà que tu vas être très douée. Et nous allons prendre beaucoup de plaisir…
Pour commencer, je vais t’inviter à aller dans la salle de bain, tu vas te rafraîchir à ta convenance et, quand tu seras prête, complètement nue, tu frapperas à la porte trois coups. Est-ce que tu as compris ? »
La dernière question est importante, elle permet à la fois de s’assurer que les consignes sont entendues et aussi d’inciter la soumise à communiquer. Dans le son de sa voix, il y a des indices de son état de nervosité ou d’excitation.
Elle devrait dire « oui », alors répondre : » À partir de maintenant, tu me répondras « oui Monsieur », est-ce bien clair ? » Elle répondra alors « oui Monsieur » et elle recevra un beau sourire en récompense : « Bien, je savais que tu serais appliquée. »
Si elle oublie le « Monsieur », il faudra faire preuve d’autorité. Alors, par un geste plus ou moins ferme, selon le ressenti, montrer que la discipline est de rigueur : lui saisir le menton, le poignet, la gorge ou les cheveux.
Cette première interaction est fondamentale ; elle marquera le style de la soumission, elle manifestera sa manière d’adhérer, et le plaisir que le couple a à se prendre au jeu…
Le déroulement du scénario
Alors, elle ira dans la salle de bain. On lui demandera de faire ce dont elle a besoin pour se sentir prête, puis de frapper à la porte et de fermer les yeux. Toujours lui demander si elle a bien compris les consignes, pour les mêmes raisons que plus haut.
On ira la chercher. Elle aura les yeux fermés ; il faudra la guider pour qu’elle s’asseye sur une chaise ou sur le bord du lit, avec des gestes lents et assurés. Lui parler lentement et avec assurance : « Tu es magnifique, je suis heureux de savoir que tu es à moi, et rien qu’à moi dans cet instant. »

Petites caresses subtiles. Jouer avec le fait qu’elle ne peut rien voir (on peut lui bander les yeux si nécessaire), son sens tactile est alors décuplé. Prendre des objets qui font du bruit pour la caresser, pour jouer sur la surprise : des couverts métalliques, chauds ou froids, une plume (elle a les yeux fermés pour ça aussi, on peut utiliser selon sa créativité toute une quincaillerie).
Et là, poser le cadre pour la sécurité (les mots de sécurité) : « À partir de maintenant, je te demanderai parfois la couleur, alors tu devras me répondre vert si tout va bien pour toi, alors je continuerai à ma guise de jouer avec ton corps délicieux. Tu me diras jaune si quelque chose t’indispose, alors tu attendras que je te demande ce qui te gêne, et dans ma clémence, je t’écouterai peut-être (en réalité, il faut TOUJOURS écouter et respecter), et si c’est trop pour toi, si tu veux que j’arrête, tu me diras Rouge, alors j’arrêterai immédiatement. As-tu compris ? »
Une fois ce cadre posé, normalement, si la communication est bonne, la sécurité est en place. Si à un moment elle dit « attends », « arrête » ou « doucement », il s’agit de lui demander de s’exprimer par couleur. C’est là l’intérêt des couleurs : parfois, quand une stimulation est forte, comme par automatisme, on dit « non » ou « arrête ». Dans ce cadre BDSM, ces automatismes ne cassent pas la dynamique, et la prise de conscience est régulièrement sollicitée pour consentir grâce aux couleurs. En revanche, si la personne dit jaune ou rouge, c’est impératif d’être rapidement réactif pour que la soumise puisse ensuite se laisser aller. C’est plus simple de se laisser aller si le non est immédiatement entendu.
Après cela… Le jeu peut vraiment commencer : la masturber. Très progressivement, avec les doigts, la bouche, des objets… Selon ce que le dominant connaît de sa partenaire, mais avec la couleur suivante : le dominant décide de tout, et va lentement ; il va aussi la frustrer en ne la faisant pas jouir.
Et lui parler en ces termes : « Maintenant, tout le plaisir que tu prendras m’appartient. Ton plaisir est le mien. Il est à moi, il m’appartient. C’est moi qui vais te dire quand prendre plaisir, quand t’y autoriser. » Puis lui dire des « Oui, c’est ça, libère-toi, tu es magnifique quand tu prends plaisir, j’aime te voir gémir. » Ou encore « Stop, c’est moi qui décide. Respire. » Ça s’appelle faire « edger », ça peut être redoutable.

On peut aussi s’amuser à lui ordonner de se taire (mais préciser sauf si besoin d’utiliser ses mots de sécurité). Lui demander de prendre plaisir ou de jouir en silence. Arrêter de la masturber dès qu’elle échoue. Quand elle y arrive et qu’elle lutte, la féliciter et lui dire combien elle est belle, combien on peut être fier d’elle.
À un moment, j’imagine que le dominant sera très excité ; il pourra alors la prendre ou lui demander qu’elle lui fasse une fellation, selon leurs goûts à tous les deux.
Et si elle ne jouit pas alors, s’assurer de terminer la séance par un bel orgasme pour elle. Elle aura les yeux fermés ou bandés tout du long.
Fin de la scéance et aftercare
Après cela, il sera temps de lui retirer le bandeau ou de lui donner le droit d’ouvrir les yeux. Les câlins après sont alors super importants. On appelle cela l’aftercare. C’est le moment où le couple retrouve une dynamique relationnelle ordinaire. Cela demande un temps d’adaptation à ne pas négliger. Et aussi, parfois le plaisir est tel que c’est un peu bouleversant ; prendre le temps de la câliner et la consoler peut permettre à la soumise de se récupérer.
Après un certain temps et le lendemain, à froid, un temps de debrief est nécessaire pour savoir si elle a aimé, ce qu’elle a préféré. Cela orientera sur les éventuelles prochaines séances. Elle saura peut-être dire si elle en veut encore, si elle aimerait être un peu contrainte, un peu fessée ou cravachée… (Et alors, il faudra alors se renseigner sur ces pratiques.)
Voilà, une petite fantaisie fantasmatique, qui ne mérite qu’à être réalisée. C’est très accessible, plutôt psychologique et centré sur le sexuel. C’est mon style ; il y en a d’autres. Avec une attention particulière portée sur la sécurité et le consentement, il y a beaucoup de possibilités.
À ceux qui seraient inspirés, car évidemment ce scénario d’initiation au BDSM peut s’inverser et être proposé par une femme à un homme, ou par différentes combinaisons de genres… À ceux-là, belles aventures et belles explorations.
Crédit photos : Depositphotos
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