On pourrait faire remonter cette histoire à il y a longtemps… à la première fois où j’ai entendu parler de vasectomie, mais c’est plutôt, il y a un peu plus de cinq ans que j’ai vraiment commencé à penser à ma vasectomie.
Comme souvent, c’est lors d’une discussion entre amis que le sujet est apparu. Nous étions avec un couple d’amis qui quelques années plus tôt avaient eu leur troisième enfant. Le nombre de trois n’avait pourtant jamais été au programme, mais les médecins leur avaient appris par la suite que c’est parce que tous les deux ensemble étaient “hyperfertiles”.
La découverte de la vasectomie
Alors que nous discutions de cela, mon ami lança d’un air bravache “Bon au moins maintenant ça m’arrivera plus !”, et devant notre air interrogatif, il ajouta “je viens de faire une vasectomie”.

C’en est suivi une conversation entre lui et moi sur le sujet, où il m’a longuement vanté les mérites de ce choix, pour lui qui se sentait en accord avec ce choix définitif, pour eux qui n’avaient plus à avoir peur d’une nouvelle grossesse involontaire et de ses conséquences, pour elle qui était désormais libérée du poids de la contraception. Et c’est ce jour-là que la vasectomie est passée dans ma tête de “Y a des gens qui le font” à “Pourquoi ne le ferais-je pas ?”
C’est vrai ça : pourquoi ? Nous avons nous-mêmes déjà trois enfants et aucune envie d’agrandir la famille à nouveau alors pourquoi pas ?
La peur du côté définitif ? Mais pourquoi ? On ne sait jamais si un jour, tu tombes amoureux d’une autre femme ! Non, ça n’y changerait rien au fait que je n’ai plus, moi, envie d’avoir un autre enfant. Donc si jamais je rencontrais une femme qui veut un enfant, c’est que déjà, il y aurait un problème dans l’attente de notre relation. L’argument n’est ainsi pas valide.
La peur de l’opération peut-être ? Non, pas de peur à ce niveau, et puis mon ami avait été rassurant sur ce point : deux incisions de chaque côté, un coup de scalpel, deux petits nœuds et on referme avec deux ou trois points de sutures. Ça se fait en ambulatoire et ça peut se faire sous anesthésie locale.
Bon bah alors, qu’est-ce qui me retient encore ?
Rien ! Tout ! Je ne sais pas !
Et ce fût comme cela pendant quelque temps. L’idée a cheminé tranquillement dans ma psyché, sans vraiment y penser, mais en y repensant de temps à autre.
Et c’est durant ce temps que mon amie m’apprend qu’elle se sépare de son compagnon de l’époque. Qu’est-ce que ça vient faire là-dedans me demanderez-vous ? Eh bien tout simplement parce que cette amie voulait vraiment un enfant et que je lui avais promis de l’aider si un jour, elle en avait besoin. Et moi, mes promesses, j’y tiens.

C’est donc comme ça que le temps est passé avec cette décision prise, mais une promesse qui me tenait à ne pas le faire. Mais voilà que mon amie se remet en couple, et là, vous allez rire, lui aussi a subi une vasectomie. Mais heureusement pour elle, il a conservé ses gamètes, la question restante étant, voudra-t-il les utiliser avec elle ? Finalement oui, c’est bon, il est partant.
La décision de ma vasectomie
Tout ce temps m’a permis de bien mûrir ma décision, mais aussi de faire un premier rendez-vous chez l’urologue. Il m’a informé, m’a principalement redit ce que mon ami m’avait déjà expliqué, mais il a aussi répondu à des questions que je n’ai pas osé poser.
“On m’a dit qu’il y avait un risque d’avoir une sensation permanente de coup de pied dans les boules !”
“Alors, je ne vais pas vous mentir, oui, c’est un risque qui arrive parfois, mais je fais une vingtaine de vasectomies par mois, et je ne l’ai rencontré qu’une ou deux fois.”
Est-ce que je dois être rassuré ? ou craindre d’être l’un des vraiment très rares cas ? Et si c’était le cas, comment vivrais-je ça ? Est-ce que j’arriverai à gérer ?
Bon, de toute façon, à partir de maintenant, j’ai six mois pour encore réfléchir à ma vasectomie…
De leur côté, mon amie en est à l’essai de la dernière chance. Je croise les doigts pour elle, et de mon côté, je suis libéré de ma promesse. Je reprends donc rendez-vous. Cette fois, ce sera pour finaliser et la prochaine fois que je reverrais l’urologue, je serais sur une table d’opération.
Ordonnance, marche à suivre, livret d’hospitalisation, j’ai tout, c’est bon, dans un mois, j’y passe.
J-1 : La veille de ma vasectomie
Ah oui, c’est demain, je n’arrive pas à intégrer l’information. Pourtant, tout est prêt.
Peut-être est-ce parce que je ne suis pas passé par le CECCOS pour conserver mes gamètes. Le fait d’avoir choisi de ne pas conserver une “possibilité”, m’a empêché d’intégrer le fait que ce soit définitif ? À moins que ce ne soit la marque que je suis tellement sûr de moi que je ne me pose même plus de question. Il est maintenant temps de passer à la douche bétaïne du soir. Le rasage des bourses, c’est bon, c’est déjà épilé depuis une semaine, il n’y a rien qui dépasse.
Cet article est en trois parties. Voici les liens :
- Le jour où j’ai fait ma vasectomie (Partie 1)
- Le jour où j’ai fait ma vasectomie (Partie 2)
- Le jour où j’ai fait ma vasectomie (Partie 3)
Crédit photos : Depositphotos
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