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bzo.
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28 janvier 2025 à 12 h 19 min #51722
bzoParticipantnous filtrons la réalité à tout instant,
les informations qui en parviennent
et le plus efficace de ces filtres,
est sans doute le fait que nous vivons quelque part dans notre tête,
comme dans une cage dorée,
perdus dans nos pensées et nos rêvasseries
mais si nous parvenions à être là, vraiment là,
dans l’instant et le lieu,
pour un certain laps de temps,
un laps de temps certain,
on se rendrait compte que le seul et véritable ailleurs,
c’est ici, là, maintenant, dans l’instant,
on persévérait de plus en plus l’étrangeté et le merveilleux qu’il y a dans ce monde,
à quel point il semble sillonné par des énergies
28 janvier 2025 à 12 h 27 min #51723
bzoParticipantconcernant l’abstinence d’éjaculation,
autant j’en loue régulièrement les bienfaits,
réactivité extraordinaire du corps,
facilité de montée du plaisir, etc, etc
autant il faut aussi bien insister que cela ne doit devenir trop contraignant,
si de la frustration ou de l’exaspération inhabituelles commencent à monter,
il faut arrêter, cela ne sert à rien, cela devient contreproductif
associée à l’absence aussi de pornographie,
on peut tenir longtemps, voire très longtemps,
sans trop grand effort
et on peut bénéficier optimalement de l’accumulation en excès d’énergie en nous
mais encore une fois, il faut bien s’écouter
et savoir rompre l’abstinence quand on sent en soi
que des effets négatifs commencent à se faire sentir sérieusement
j’ai ajouté le mot « sérieusement »
car chacun a des limites différentes,
question de tempérament, d’âge, de puissance de la libido, peut-être,
si j’écris donc que chez moi, cela est d’environ deux mois,
cela ne veut pas dire que chez vous, ce sera la même chose
30 janvier 2025 à 0 h 50 min #51724
bzoParticipantqu’est-ce qui vaut la peine?
à mon âge, pensionné depuis quelques mois,
c’est une question cruciale,
le compte à rebours a commencé
je reviens du théatre,
Beckett, Fin de Partie,
oui cela vaut la peine,
l’intensité, l’émotion, partagée,
l’intensité, l’émotion, en partage
rien à voir avec le sexe, pour l’instant,
vais-je y arriver dans ce texte?
je cherche la conclusion,
essayons d’y mêler un peu de prostate,
un peu de volupté,
pour justifier la présence de ces lignes dans mon fil
hier, j’ai éjaculé deux fois,
après des semaines et des semaines d’abstinence
peux pas dire que cela ne fait pas du bien,
je ne crois pas que je vais reprendre un autre cycle pour l’instant,
l’envie, la sensation que cela est nécessaire,
que cela va m’apporter quelque chose,
doit être là,
pour l’instant, elle n’est pas là
30 janvier 2025 à 10 h 46 min #51725
bzoParticipantles sensations,
chez moi, en tout cas,
sont vraiment comme des espèces de sculptures mouvantes de vibrations
douces, douces, douces
je veux dire par là,
que je sens comme une main à l’oeuvre,
une main qui cisèle expertement
comme une forme éphémère dans ma chair,
qui la fait évoluer
extrêmement gracieusement, harmonieusement,
mais, néanmoins, avec une irrésisitible et nette touche de sauvagerie
la main sculpte avec les doigts,
la main sculpte avec un couteau,
selon les moments
la main travaille la masse ductile, comprimable, expansible,
de l’éphémère forme d’un bonheur charnel indescriptible
se figeant un instant
puis évoluant en une sorte de danse de formes
plutôt arrondies,
ondulantes,
« arabesquisantes »,
se figeant à nouveau, pour un moment
puis rebougeant, re-évoluant,
se reformant différemment
avant de se figer à nouveau,
faisant de moi comme une sculpture vibrante en évolution
à consommer à différents stades
la forme d’une sorte de prise de conscience d’être tout en volupté
comme hirsute de nuances variées,
de variables de nuances, variant sans cesse
la forme d’une sorte de prise de conscience
d’être devenu tout soyeux dans ma chair,
tout soyeux et transformé,
se transformant
radicalement transformable, se transformant,
radicalement à transformer,
transformateur radicalement d’état d’être, d’univers,
tendant vers une sorte, constamment,
de perte totale de sens du temps et de l’espace
ils semblent n’exister plus
que sous la forme de ce état très particulier
qui semble être tout mon être,
pour un instant,
un instant de bonheur d’être
quand je joue avec les mots,
je suis comme assis devant un piano,
les mains se gambadant sur le clavier
31 janvier 2025 à 11 h 00 min #51727
bzoParticipantbien se sentir, être bien dans sa peau,
heureux de vivre, heureux d’exister,
heureux de s’explorer, d’explorer ce monde,
on est là dans ce qu’on pourrait appeler
quelques buts dans la vie, quelques raisons d’exister
notre sexualité est un des piliers massifs de cela,
rien de bien révolutionnaire, dans ces mots,
cependant il est essentiel de le rappeler,
au-delà d’un plaisir et d’un soulagement immédiats,
au-delà de quelques moments de jouissance et de volupté,
tout seul ou avec d’autre(s),
notre sexualité est un cheminement, une progression
qui devrait nous rendre meilleur,
nous rendre plus heureux de vivre,
plus content d’être sur cette terre,
mieux dans sa peau, plus équilibré, plus joyeux,
plus ouvert aux autres, plus tolérant,
plus connecté à notre corps,
plus capable d’apprécier les mystères qui sont enfouis en lui,
plus capable, finalement, d’être connecté à ce monde,
plus capable d’être ébloui, ému
toute notre vie est un cheminement,
on nait innocent, on nait un animal avec du potentiel,
on devient un adulte,
on va essayer de se réaliser un peu, de devenir quelque chose,
de faire quelque chose avec ce qui nous a été prêté
comme a écrit Nietzsche, « deviens ce que tu es »
ou encore comme a écrit le poète Saint-John Perse,
« Et vous aviez si peu de temps pour naître à cet instant…’
31 janvier 2025 à 13 h 45 min #51728
bzoParticipantune sexualité, riche, épanouie,
pour être complète, pour être optimale,
il faut qu’il y ait au moins une autre personne
je ne parle pas ici juste de la qualité et de l’intensité du plaisir qu’on a vécu,
là, souvent, si on est un peu expérimenté avec son corps et ses besoins,
on peut faire mieux tout seul
mais la sexualité, ce n’est pas juste le nombre d’orgasmes,
ce ne sont pas juste des flots de volupté
mais aussi une rencontre avec l’autre,
un rapprochement, des tentatives d’exploration en commun,
des cimes atteints ensemble
une altérité, un ou une autre, du même sexe ou pas,
apporte une démultiplication des possibilités,
une plongée dans l’inconnu
qu’on n’obtiendra jamais tout seul dans son coin
ceci étant dit,
il faut bien avouer aussi que souvent,
même par rapport à son cheminement personnel, intime,
son épanouissement sexuel et autre,
on serait mieux tout seul qu’en couple, libre ou plus conventionnel
quand l’autre s’est refermé comme une huître, nous repousse,
pire nous dénigre, nous transmet du poison,
la frustration, l’isolement, peuvent être pire ainsi
en solo, certes on n’a pas accès à l’autre,
à un univers, physiquement séparé du notre,
avec sa volonté, ses idées, ses sensations,
ses émotions, ses réactions, ses goûts, propres,
cependant en nous, nous avons aussi une part d’altérité
qui est riche, qui est sans limites, aussi, quelque part,
certes qui n’a pas le même type de potentiel
que réellement une autre personne qui s’ouvre et qui nous accepte
mais cependant avec de la patience et de travail sur soi,
il y a déjà moyen de faire pas mal de chemin,
avec ce qu’il y a d’altérité en nous,
même, encore une fois, qu’il manquera toujours quelque chose
rien que le fait que nous ayons l’autre sexe et tout son potentiel
qui sommeille quelque part en nous,
nous offre déjà des possibilités vertigineuses, illimitées de sexploration
à condition de ne pas avoir peur de renverser toute une série de tabous
la solitude est notre état immuable, irréversible,
même avec une compagne ou un compagnon à côté de soi,
le véritable défi, la véritable nature du parcours intime,
c’est comment nous allons exploiter notre potentiel
à briser momentanément cette solitude,
à nous rapprocher, nous identifier à l’autre,
à vivre des moments en commun,
à fusionner l’instant d’un éclair
nos sensations, nos émotions,
la volupté, la jouissance
31 janvier 2025 à 20 h 23 min #51730
bzoParticipantles hommes, en général, ne savent pas se caresser,
les femmes, si
il s’agit pourtant, très simplement,
de s’appliquer les mêmes gestes que l’on effectue sur quelqu’un d’autre,
imaginez que votre amant ou que votre amante,
soit nu(e) à côté de vous
et que vous commenciez à le ou la caresser,
vous observez ses réactions
et vous laissez parler votre imagination,
ces deux paramètres vont guider vos gestes, vos caresses
eh bien voilà, rien de plus, rien de moins, à faire,
juste à appliquer à soi-même,
c’est à la fois plus simple et plus compliqué,
plus simple car vous vous rendez compte directement de l’effet de vos caresses,
plus besoin d’observer de l’extérieur,
plus compliqué car il s’agit de pouvoir se lâcher toujours plus,
de s’offrir et de se prendre, en même temps
le seul secret, ici, donc, c’est le total abandon,
se laisser guider juste par le désir, par ses sensations,
autant en tant que personne qui reçoit les caresses
que celle qui les donne,
laissez votre main et votre peau parler,
laissez vos gestes parler,
laissez tout votre corps dialoguer avec lui-même,
soyez son intermédiaire
1 février 2025 à 13 h 42 min #51749
bzoParticipantoh comme ce corps est enchanteur,
il me suffit de quelques mouvements du bassin
tout en caressant les seins
et je suis tellement totalement envahi de volupté,
c’est magique
c’est comme si un tapis volant m’emportait
2 février 2025 à 12 h 02 min #51762
bzoParticipantconnaître son corps,
ce n’est pas connaître son corps,
c’est avoir une complicité avec lui
on ne saura jamais vraiment connaître son corps,
comme on ne saura jamais ce qu’il y a derrière la mort
mon corps me devient
toujours plus mystérieux
et c’est très bien et merveilleux
comme cela
3 février 2025 à 17 h 50 min #51774
bzoParticipantles hanches qui partent vers le côté,
dans un mouvement lent, glissé, dérapant,
le dos qui se cambre,
les fesses qui se tendent, qui s’écartent un peu
il n’en faut pas plus pour la soie dans le bassin,
une sensation de densité moelleuse,
légère, flottante, capiteuse
je me caresse maintenant,
les mains qui vont et viennent,
qui allument de tous les côtés,
trompettes, fanfare, j’ai le sexe qui durcit,
qui s’élargit, qui s’entrouvre,
qui mouille maintenant,
est-ce un gland ou une vulve?
les deux, mon capitaine,
les deux, mon capitaine,
un zeste braquemart, un zeste vagin
4 février 2025 à 10 h 12 min #51775
bzoParticipantla qualité de votre plaisir,
son intensité, sa richesse, sa variété,
dépendent essentiellement d’un paramètre,
à quel point vous parvenez dans l’instant
à établir le lien, la connection,
une complicité avec votre corps
ceci explique pourquoi à certains moments,
même une simple caresse
peut vous faire jouir,
à d’autres, elle vous laissera de marbre,
alors que dans les faits et les gestes,
tout semble similaire
votre corps vous récompense
si à un moment X,
vous êtes parvenu à vous rapprocher de lui,
à vous ouvrir à lui, à vous offrir à lui,
il déversera ce que vous attendez,
ce que l’oisillon insatiablement affamé que vous êtes quelque part,
attend, bec grand ouvert, piaillant
Etre complice dans l’instant de son corps,
c’est accepter de ne plus réfléchir à ce que l’on fait,
c’est accepter de se laisser conduire, d’être mené,
c’est accepter de ne plus savoir,
accepter qu’il n’y a rien à savoir dans le feu de l’action,
que ce qui est su dans l’instant,
est un savoir immémorial qui est dans nos tripes
un savoir sans savoir qui est sans limites,
apparaissant, s’établissant, croissant,
dans les moments de communion voluptueuse
de notre corps
et de notre esprit qui est venu le rejoindre
puis disparaissant sans laisser de traces
bon, d’autres paramètres, jouent aussi, bien sûr,
comme la technique, les automatismes acquis
mais l’essentiel, encore une fois, est ailleurs,
l’essentiel est là dans l’instant,
profond enfoui dans le lit de l’instant et dans nos tripes,
quand on est parvenu à se dépouiller de tout bagage,
qu’on est sans passé, ni lendemain, sans précédent, ni héritage,
qu’on est devenu un simple autel, un point de rendez-vous
4 février 2025 à 13 h 06 min #51776
bzoParticipantune infinité de noces
possible ici-bas
mais d’abord,
épouse ton corps
5 février 2025 à 10 h 49 min #51778
bzoParticipantj’ai eu une période où j’étais accro aux orgasmes,
le plus possible,
les plus intenses possible,
cela correspond, bien sûr, à ma période massage prostatique
avec masseur
je ne vais pas dénigrer ce que j’ai vécu durant ces années-là,
oh que non,
c’était splendidement intense
et puis il y avait aussi le fait que c’était la découverte de tout cela,
qu’un homme pouvait vivre des orgasmes autrement,
qu’il y avait des chemins de traverse possible à côté du plaisir pénien
cependant je m’en suis lassé peu à peu,
me suis lassé de mon masseur peu à peu,
je vivais des dizaines d’orgasmes par jour,
des super O aussi, quotidiennement,
une fois que j’étais bien au point
et pourtant je suis parvenu à m’en lasser
malgré le fait qu’un orgasme prostatique
ne ressemble jamais à un autre
la massivité même, du flot qui passe en nous,
dans ces moments-là,
fait qu’on survole constamment une infinité de détails,
il y a tout simplement trop de choses qui passent et trop vite,
un océan déchaîné se rue en nous
et on n’en goûte, si je puis dire, que les vagues
alors que moi, je voulais de plus en plus vivre mon plaisir
au niveau des gouttes,
au niveau de leur flux,
sentir leur connexion se faire, se défaire,
sentir le carrousel de leurs nuances
si un raz de marée plonge sur une ville,
les maisons sont emportées par dizaines, par centaines,
chacune qui comporte de multiples meubles, d’objets différents,
désormais mon plaisir est dans la dégustation de tous ces détails,
le flux de la volupté a ralenti,
a été rendu contrôlable,
permettant ainsi de goûter à chaque élément qui passe, qui est entraîné,
groupe de sensations par groupe de sensations
plutot, désormais donc, des mini mini tsunamis,
des tempêtes dans des verres d’eau
où les maisons explosent une à une ,
où l’on peut contrôler la vitesse de l’explosion provoquée par les flots,
faire des retour en arrière, faire des plans par plans
en même temps, la qualité de la volupté est devenue telle
qu’il y a une sensation de jouissance en continu rapidement qui s’installe
et puis tellement tout le corps participe,
tellement chaque partie de mon être participe à la génération du plaisir,
tellement il y a cette sensation de se faire l’amour constamment,
tellement il y a une sensation d’être en même temps,
un immense orchestre jouant ensemble
et d’entendre le détail de chaque instrument séparément
dans cette approche, je m’y retrouve beaucoup plus,
c’est beaucoup plus moi, m’y sens beaucoup plus épanoui,
cela me semble plus complet, plus nourrissant, plus riche,
même si j’ai la nostalgie aussi désormais de temps à autre
de tous ces incroyables orgasmes prostatiques à l’intensité sans pareille
que j’ai vécus
et que j’aimerai retrouver la capacité de vivre des moments comme cela aussi
mais si cela n’est pas possible,
si c’est comme de demander le beurre et l’argent du beurre,
alors mon choix est vite fait, sans hésiter une seconde
5 février 2025 à 19 h 54 min #51779
bzoParticipantpendant quelques instants,
une douce volupté
m’envahit
et tout est oublié,
Trump,
les israéliens et les palestiniens qui se trucident,
le monde qui va à vau l’eau,
des mendiants à tous les coins de rue,
mon âge, ma maigre pension,
mon dos qui me fait mal,
ma cheville qui me fait mal,
ma vieille, ma très vieille, mère
atteinte de démence
plus rien d’autre n’existe
que cette soie chaude, frémissante,
voyageuse,
incroyablement légère et en même temps,
incroyablement dense
fêtes secrètes
dans ma chair,
régénérez-moi,
ressourcez-moi
6 février 2025 à 9 h 48 min #51787
bzoParticipantfree style,
quand je me réveille sous les couvertures, au matin,
je suis « free style »,
me suis habitué à quelques moments comme cela
à savoir,
mon corps qui se met à bouger un peu comme un ver de terre,
il se contorsionne, se contracte, se frotte, se presse contre tout, contre rien,
apparemment sans qu’il y ait un chauffeur dans l’engin
pourtant, il y a une logique à l’oeuvre dans ces moments,
celle de la perception, du ressenti,
un flux de perception s’établit
et il s’agit de le suivre, de le maintenir, de le faire grossir,
sans faire attention comment,
qu’est-ce qui bouge, qu’est-ce qui se contracte,
qu’est-ce qui se frotte, qu’est-ce qui se presse,
contre quoi
il n’y a même aucune recherche de sensualité, de langueur,
juste ressentir, être empli de vibrations,
en fait, la seule chose vraiment nécessaire,
c’est la connexion entre le corps et l’esprit,
qu’ils soient parfaitement unis,
ne forment plus qu’un,
c’est avant tout cela, le but recherché,
n’être plus qu’un flux de vibrations sous les couvertures
c’est quoi au fond, la connexion entre le corps et l’esprit?
me demandez-vous,
bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée,
en résumé, c’est se mettre à l’écoute de son corps,
rien de plus, rien de moins
quand l’esprit écoute, quand l’esprit est tout entièrement à l’écoute,
sans restrictions, ni arrière-pensée qui vient perturber,
il est lié à lui, connecté à lui
les mouvements, les frottements, les contractions,
anarchiques, désordonnés,
envoient des vibrations à travers le lien,
l’établissant toujours plus, le renforçant toujours plus,
le perpétuant toujours plus
à d’autres moments,
mon sexe me semblait être immense,
un python géant, lentement se mouvant entre les cuisses, sur le ventre
mais en fait, il n’avait pas changé de taille pour un sou,
était toujours aussi flasque de chez flasque,
c’est juste qu’il était prolongé,
prolongé densément, prolongé intensément,
allongé densement, allongé intensément,
par les vibrations qui s’en dégageaient
à d’autres moments,
il me semble comme une barre de trapèze
auquel mon bassin était accroché,
bougeant dessus, accroché,
effectuant dessus, autour, toutes sortes de figures de style
il vibrait, le bougre, comme il vibrait,
je l’aime comme cela, tout en vibrations,
je l’embrasse à distance de tout mon amour,
je l’engloutis de tout mon être dans la distance de tout mon amour,
je le récupère de tout mon être jusqu’au fond de la gorge,
jusqu’au fond de la tête,
le voilà qui se met à couler de bonheur,
libérant des tonnes de liquide épais, chaud, gluant,
j’en suis envahi, je nage dedans,
mon cerveau en est extravagamment multicolore,
tout en filaments nageant dans tous les sens
comme un bal de pieuvres dansant, enlacés les uns aux autres,
sur une musique dans le sang
6 février 2025 à 11 h 43 min #51788
bzoParticipantj’ai besoin de baigner du matin au soir,
du soir au matin,
le plus possible,
dans le stupre, le délicieux stupre,
dans l’art, le délicieux art,
dans la littérature, la délicieuse littérature,
dans la forêt, la délicieuse forêt,
avec tous ses oiseaux, sa lumière et ses feuilles
oh juste cela,
rien que cela,
rien que tout cela
et la dernière ligne droite de ma vie,
sera réussie, sera accomplie, sera pleine
7 février 2025 à 10 h 47 min #51789
bzoParticipantje comprends vraiment
que dans certaines civilisations, certaines croyances, certaines légendes,
une grande importance, une grande place,
soient attribuées, soient accordées, aux rêves
moi-même quand je me réveille,
j’ai l’impression juste de passer d’un univers à un autre,
chaque nuit de retourner vers une autre vie,
avec d’autres règles, d’autres lois
d’alterner quotidiennement entre deux états de moi-même,
l’un dans ce monde, de la réalité commune, de la réalité physique, disons
et un autre, beaucoup plus mystérieuse, beaucoup plus brumeuse,
avec de nombreuses inconnues
qui parait extraordinairement fascinante ,
en tout cas, vu de ce côté
l’impression de passer mon temps dans cette vie
à commuter entre deux mondes
qui semblent totalement séparés,
imperméables l’un à l’autre, à première vue,
l’un existant que dans ma tête, il semble à priori,
l’autre étant bien réel, partagé par tous,
où les objets et les gens sont bien réels, « touchables »,
où quand on tombe ou que quelqu’un nous frappe, on a mal,
où l’on meurt, disparait,
semble-t-il, pour toujours,
où l’on doit manger, boire, chier,
où l’on a froid, chaud
l’autre, well…
aussi puissant et coloré qu’il soit,
qui semble se passer uniquement dans notre tête,
où tout semble avoir été imaginé quelque part
mais est-ce que tout ne se passe pas ici aussi dans notre tête, finalement?
les frontières sont bien plus floues qu’à première vue,
que les apparences semblent nous le suggérer
tellement massivement
en réalité, ces deux mondes, celui de la réalité et celui du rêve,
continuer de s’interpénétrer quelque part constamment,
j’ai de plus en plus l’impression,
ont des tentacules invisibles qui les prolongent l’un dans l’autre
sans qu’on s’en rende trop compte,
c’est toujours insidieux, cela se passe par la bande,
rien de vraiment direct,
cela arrive par des détours et encore des détours
c’est assez intraçable, assez indétectable
mais pourtant je suis de plus en plus persuadé
que les deux mondes n’arrêtent pas de s’influencer,
de s’alimenter l’un l’autre
c’est connu dans un sens, depuis toujours, bien sûr,
quand on rêve, on a l’impression de retrouver un méli mélo étonnant, ébouriffant
où tout se mélange fantastiquement,
de ce qu’on a vécu dans la réalité,
cela a l’air de s’accumuler pêle-mêle quelque part
et de prendre vie dès qu’on s’endort
avec les nouveaux apports de la journée
mais l’influence dans l’autre sens,
elle est bien réelle aussi, j’en suis de plus en plus persuadé,
constamment et massivement
mais dans l’ombre,
indirectement de chez indirectement
nous sommes quelque part comme des pantins articulés,
des pantins animés avec des ficelles,
qui sont tenues par tout ce qui s’est accumulé de ce côté
et qui reprend vie chaque nuit quand on s’endort
seulement de cette vie?
peut-être qu’il y en a déjà des milliers, des milliards d’autres,
d’accumulées de l’autre côté
7 février 2025 à 13 h 22 min #51790
bzoParticipantl’autre me fait peur, l’autre me terrifie
mais aussi l’autre m’enchante,
l’autre me surprend, l’autre m’éblouit
tellement, à la fois, il est identique
et tellement il est différent de moi,
tellement, à la fois, il est moi
et tellement il ne l’est pas,
tellement, à la fois, il m’attire
et tellement il ne m’attire pas
7 février 2025 à 22 h 42 min #51791
bzoParticipantsoirée littérature et volupté pour moi,
je mêle un classique de la littérature japonaise médiévale
à des moments d’exquis abandon
où je laisse mon bassin prendre l’initiative
et m’entrainer vers des contrées non moins lointaines
prostate, génitaux, cuisses, fesses, muscles du périné,
oh mes délicieux alliés,
comme je me pâme dès que vous vous mettez en action
comme le plaisir coule de source,
comme il est frais et enjoué, dans ma chair,
mêler les mots de cette littérature raffinée
et puis l’exquise volupté du mode yin,
cela me fait des soirées comme je les aime
7 février 2025 à 23 h 49 min #51792
bzoParticipantcaresses solitaires dans la nuit,
plus que jamais,
le yin et le yang sont éveillés en moi,
s’interpénètrent, se complètent
m’enflamment délicieusement
ce plaisir,
même que pour quelques instants,
est tellement riche, tellement nourrissant,
tellement épanouissant
instants papillon multicolore,
instants ruisseau chantant,
instants colibri aux ailes vibrantes
le chant est dans mon sang,
le chant est dans mon sang
8 février 2025 à 0 h 15 min #51793
bzoParticipantj’ai entre les mains le livre
mais moi, je suis entre les mains de mon bassin,
tour à tour,
ce sont les mots qui m’emportent ou la volupté
8 février 2025 à 13 h 10 min #51795
bzoParticipantoh,
qui est en train
de chiffonner de la soie
dans mon bas-ventre?
ô délicieux intrus
que j’accueille instantanément
à bras ouvert,
continue seulement ton manège,
continue
9 février 2025 à 12 h 07 min #51797
bzoParticipantil faut toujours un support
à notre excitation,
que ce soit une autre personne,
une image, une vidéo
ou soi-même
mais dans le premier et le dernier cas,
une autre personne ou soi-même,
on est confronté à un challenge,
à un cheminement, un territoire à explorer, de l’inconnu
alors qu’avec l’image ou la vidéo,
on marchande au rabais son désir,
on est face à quelque chose de figé, de creux, de tordu,
un miroir déformant où notre sexualité
prend des allures grotesques et déformées
9 février 2025 à 13 h 58 min #51798
bzoParticipantsentez comme l’emplissement
se répand soyeusement
jusqu’au plus profond
de votre être
sentez comme il a des ailes,
comme il a des nageoires,
sentez même comme ses coups de marteau
sont délicieux à vivre
sentez comme il y a comme le déplacement d’un ascenseur
puissant, fluide, irrésistible,
sentez comme il semble monté sur roulement à billes,
comme il a quelque chose d’irrépressible,
de phénoménalement perçu de toutes parts
et en même temps, de quasi imperceptible,
sentez comme il est évanescent,
comme il est intemporellement furtif
ce qui s’est ouvert,
ce qui un instant s’est empli
ce qui un instant vous a servi
et en même temps un instant vous a asservi,
ce qui est retourné au néant
ou peut-être pas,
c’est toi, toujours toi, implacablement toi,
grandiosement tu t’es regardé un instant,
grandiosement tu t’es vu un instant,
grandiosement tu as jubilé un instant
de te voir, toi et ta face cachée, tu crois, dans le miroir
9 février 2025 à 20 h 18 min #51799
bzoParticipantj’ai vu le dernier film de Sorrentino, Parthenope,
qui est enfin disponible en streaming.
Ce réalisateur est un de mes préférés, voire le préféré
parmi les plus jeunes générations de réalisateurs (- de 60 ans, disons)
mais j’ai douté de lui,
en voyant une première fois ce film.
Il me semblait sans grand intérêt, superficiel,
même si empli de beauté et de sensualité,
bref raté
mais c’était moi, hier
qui n’étais pas à la hauteur lors du visionnage, je me rends compte,
ce matin, j’ai regardé le dernier quart d’heure
et j’ai été bouleversé,
c’est transcendant, magistral, du tout grand art
et puis là, j’ai revu l’entièreté depuis le début
et c’est du grand Sorrentino,
du début à la fin, en fait
mais avec ce réalisateur, assez controversé
qui ne laisse pas indifférent,
soit on l’aime à la folie, on le place au pinnacle,
soit on le déteste, on le trouve superficiel
c’est parce que son cinéma n’est pas d’une approche aussi facile
qu’on pourrait l’imaginer à première vue,
le réalisateur place toute une série de couches très séduisantes, sensuelles,
qui peuvent paraître synonymes de facilité
sur ses images
et il faut avoir la patience, ma persistance, d’aller plus loin,
de les percer
pour découvrir les splendides qualités dramatiques,
poétiques et humaines, voire spirituelles
que ses films recèlent
9 février 2025 à 22 h 27 min #51800
bzoParticipantfaire feu de tout bois,
faire feu de toutes ses fibres,
faire feu de tout son être
es-tu prêt
pour la volupté
que tu espères?
9 février 2025 à 23 h 32 min #51801
bzoParticipantj’ai repris la lecture
de mon classique médiéval japonais,
cela va prendre un certain temps,
même un temps certain
car il y a 3 gros volumes et 1300 pages
dont 550 illustrations tout de même,
estampes japonaises de toute beauté
je m’arrête très régulièrement
pour m’offrir quelques instants de plaisir,
certains, c’est la pause cigarette,
moi, c’est la pause volupté
10 février 2025 à 10 h 10 min #51802
bzoParticipanttoutes proportions gardées,
il y a de sérieuses similarités entre le rejet d’une part des critiques
(surtout français) du cinéma du réalisateur italien Sorrentino
et puis celui qu’a connu en son temps, Proust,
depuis reconnu comme un des plus grands, voire plus grand écrivain
qui n’ai jamais vécu
Proust aussi, le récit de la Recherche du Temps Perdu, se passe dans les milieux huppés, privilégiés
les nobles de l’époque, leurs réceptions fastes,
les vacances dans les hotels cinq étoiles en bord de mer, de l’époque,
les salons où l’on reçoit, les papotages malveillants,
beaucoup de futilités, de choses insignifiantes
tout cela forme comme une surface, l’écume sur plusieurs couches,
de ses livres
mais bien sûr, si on prend la peine d’aller un peu au-delà,
de creuser un peu,
toute l’humanité se trouve là, toutes ses qualités et ses défauts, toute sa diversité, sa richesse,
toutes les qualités dramatiques possibles, la nostalgie, l’humour,
tout ce qu’on peut attendre d’un chef d’oeuvre parmi les chef d’oeuvre,
est bien là
eh bien, il en va un peu de même pour le cinéma de Sorrentino,
cela se passe la plupart du temps dans des milieux très favorisés,
dans des paysages de carte postale,
le regard de la caméra s’attarde avec concupiscence sur la beauté des femmes,
le récit insiste sur bien des choses qui peuvent paraître superficielles
mais cela, comme chez Proust,
ce ne sont que les premières couches,
il y a dessous un noyau extraordinairement riche, complexe
qui nous offre de splendides moments d’émotion cinématographique
et un récit passionnant de bout en bout
10 février 2025 à 10 h 45 min #51803
bzoParticipantje suis en train de mettre au point tranquillement, peu à peu
ma propre danse « Tandava »
enfin quelque chose qui y ressemble plus ou moins,
peut-être de moins en moins,
désormais que je customise de plus en plus
je décris un peu pour que vous compreniez,
je ferme les yeux, assis ou debout,
je me mets à bouger lentement,
un bras, le torse, la tête
et puis les mouvements s’enchaînent
comme au ralenti,
voire ralenti de chez ralenti,
un flux s’établit
qui semble déplacer des énergies,
par blocs, par lacs, par montagnes russes,
par filaments, par morceaux en train de fondre,
par continents en train de se former
cela se met royalement à circuler intérieurement,
ce n’est pas vraiment de la volupté
mais c’est très agréable, mystérieux et cela détend,
oh oui, cela détend somptueusement
bon, je n’en suis qu’à mes débuts
et puis je ne pratique pas parfois pendant des jours,
sans doute cela permet d’atteindre d’espèces d’états seconds de transe,
j’imagine,
des états de réceptivité, de connexion supérieure à son corps
et par conséquent à l’univers aussi,
puisque notre corps, c’est un petit morceau d’univers
qui s’est incarné dans notre chair
10 février 2025 à 10 h 54 min #51804
bzoParticipantc’est différent en ce sens
que chez moi, c’est en train de devenir beaucoup plus minimaliste
que ce que l’on peut voir dans les vidéos de tandava sur le net
cela bouge très très lentement
et souvent ce n’est qu’un bras ou la tête,
un seul membre ou partie de corps à la fois,
c’est comme cela que je sens, je me suis rendu compte,
le mieux les énergies,
je parviens à dessiner avec, intérieurement,
à créer des formes, à les déplacer, à les sculpter quelques instants
intéressant manège, en tout cas,
je ne sais pas très bien où cela mène
mais comme dirait l’autre,
c’est le cheminement qui compte avant tout
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