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  • #51722
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    nous filtrons la réalité à tout instant,

    les informations qui en parviennent

    et le plus efficace de ces filtres,

    est sans doute le fait que nous vivons quelque part dans notre tête,

    comme dans une cage dorée,

    perdus dans nos pensées et nos rêvasseries

     

    mais si nous parvenions à être là, vraiment là,

    dans l’instant et le lieu,

    pour un certain laps de temps,

    un laps de temps certain,

    on se rendrait compte que le seul et véritable ailleurs,

    c’est ici, là, maintenant, dans l’instant,

    on persévérait de plus en plus l’étrangeté et le merveilleux qu’il y a dans ce monde,

    à quel point il semble sillonné par des énergies

    #51723
    Avatar photobzo
    Participant

    concernant l’abstinence d’éjaculation,

    autant j’en loue régulièrement les bienfaits,

    réactivité extraordinaire du corps,

    facilité de montée du plaisir, etc, etc

     

    autant il faut aussi bien insister que cela ne doit devenir trop contraignant,

    si de la frustration ou de l’exaspération inhabituelles commencent à monter,

    il faut arrêter, cela ne sert à rien, cela devient contreproductif

     

    associée à l’absence aussi de pornographie,

    on peut tenir longtemps, voire très longtemps,

    sans trop grand effort

    et on peut bénéficier optimalement de l’accumulation en excès d’énergie en nous

     

    mais encore une fois, il faut bien s’écouter

    et savoir rompre l’abstinence quand on sent en soi

    que des effets négatifs commencent à se faire sentir sérieusement

     

    j’ai ajouté le mot « sérieusement »

    car chacun a des limites différentes,

    question de tempérament, d’âge, de puissance de la libido, peut-être,

    si j’écris donc que chez moi, cela est d’environ deux mois,

    cela ne veut pas dire que chez vous, ce sera la même chose

    #51724
    Avatar photobzo
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    qu’est-ce qui vaut la peine?

    à mon âge, pensionné depuis quelques mois,

    c’est une question cruciale,

    le compte à rebours a commencé

     

    je reviens du théatre,

    Beckett, Fin de Partie,

    oui cela vaut la peine,

    l’intensité, l’émotion, partagée,

    l’intensité, l’émotion, en partage

     

    rien à voir avec le sexe, pour l’instant,

    vais-je y arriver dans ce texte?

    je cherche la conclusion,

    essayons d’y mêler un peu de prostate,

    un peu de volupté,

    pour justifier la présence de ces lignes dans mon fil

     

    hier, j’ai éjaculé deux fois,

    après des semaines et des semaines d’abstinence

    peux pas dire que cela ne fait pas du bien,

    je ne crois pas que je vais reprendre un autre cycle pour l’instant,

    l’envie, la sensation que cela est nécessaire,

    que cela va m’apporter quelque chose,

    doit être là,

    pour l’instant, elle n’est pas là

     

     

    #51725
    Avatar photobzo
    Participant

    les sensations,

    chez moi, en tout cas,

    sont vraiment comme des espèces de sculptures mouvantes de vibrations

    douces, douces, douces

     

    je veux dire par là,

    que je sens comme une main à l’oeuvre,

    une main qui cisèle expertement

    comme une forme éphémère dans ma chair,

    qui la fait évoluer

    extrêmement gracieusement, harmonieusement,

    mais, néanmoins,  avec une irrésisitible et nette touche de sauvagerie

     

    la main sculpte avec les doigts,

    la main sculpte avec un couteau,

    selon les moments

     

    la main travaille la masse ductile, comprimable, expansible,

    de l’éphémère forme d’un bonheur charnel indescriptible

    se figeant un instant

    puis évoluant en une sorte de danse de formes

    plutôt arrondies,

    ondulantes,

    « arabesquisantes »,

    se figeant à nouveau, pour un moment

    puis rebougeant, re-évoluant,

    se reformant différemment

    avant de se figer à nouveau,

    faisant de moi comme une sculpture vibrante en évolution

    à consommer à différents stades

     

    la forme d’une sorte de prise de conscience d’être tout en volupté

    comme hirsute de nuances variées,

    de variables de nuances, variant sans cesse

     

    la forme d’une sorte de prise de conscience

    d’être devenu tout soyeux dans ma chair,

    tout soyeux et transformé,

    se transformant

    radicalement transformable, se transformant,

    radicalement à transformer,

    transformateur radicalement d’état d’être, d’univers,

    tendant vers une sorte, constamment,

    de perte totale de sens du temps et de l’espace

     

    ils semblent n’exister plus

    que sous la forme de ce état très particulier

    qui semble être tout mon être,

    pour un instant,

    un instant de bonheur d’être

     

    quand je joue avec les mots,

    je suis comme assis devant un piano,

    les mains se gambadant sur le clavier

    #51727
    Avatar photobzo
    Participant

    bien se sentir, être bien dans sa peau,

    heureux de vivre, heureux d’exister,

    heureux de s’explorer, d’explorer ce monde,

    on est là dans ce qu’on pourrait appeler

    quelques buts dans la vie, quelques raisons d’exister

     

    notre sexualité est un des piliers massifs de cela,

    rien de bien révolutionnaire, dans ces mots,

    cependant il est essentiel de le rappeler,

    au-delà d’un plaisir et d’un soulagement immédiats,

    au-delà de quelques moments de jouissance et de volupté,

    tout seul ou avec d’autre(s),

    notre sexualité est un cheminement, une progression

    qui devrait nous rendre meilleur,

    nous rendre plus heureux de vivre,

    plus content d’être sur cette terre,

    mieux dans sa peau, plus équilibré, plus joyeux,

    plus ouvert aux autres, plus tolérant,

    plus connecté à notre corps,

    plus capable d’apprécier les mystères qui sont enfouis en lui,

    plus capable, finalement, d’être connecté à ce monde,

    plus capable d’être ébloui, ému

     

    toute notre vie est un  cheminement,

    on nait innocent, on nait un animal avec du potentiel,

    on devient un adulte,

    on va essayer de se réaliser un peu, de devenir quelque chose,

    de faire quelque chose avec ce qui nous a été prêté

     

    comme a écrit Nietzsche, « deviens ce que tu es »

    ou encore comme a écrit le poète Saint-John Perse,

    « Et vous aviez si peu de temps pour naître à cet instant…’

     

     

    #51728
    Avatar photobzo
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    une sexualité, riche, épanouie,

    pour être complète, pour être optimale,

    il faut qu’il y ait au moins une autre personne

     

    je ne parle pas ici juste de la qualité et de l’intensité du plaisir qu’on a vécu,

    là, souvent, si on est un peu expérimenté avec son corps et ses besoins,

    on peut faire mieux tout seul

    mais la sexualité, ce n’est pas juste le nombre d’orgasmes,

    ce ne sont pas juste des flots de volupté

    mais aussi une rencontre avec l’autre,

    un rapprochement, des tentatives d’exploration en commun,

    des cimes atteints ensemble

     

    une altérité, un ou une autre, du même sexe ou pas,

    apporte une démultiplication des possibilités,

    une plongée dans l’inconnu

    qu’on n’obtiendra jamais tout seul dans son coin

     

    ceci étant dit,

    il faut bien avouer aussi que souvent,

    même par rapport à son cheminement personnel, intime,

    son épanouissement sexuel et autre,

    on serait mieux tout seul qu’en couple, libre ou plus conventionnel

    quand l’autre s’est refermé comme une huître, nous repousse,

    pire nous dénigre, nous transmet du poison,

    la frustration, l’isolement, peuvent être pire ainsi

     

    en solo, certes on n’a pas accès à l’autre,

    à un univers, physiquement séparé du notre,

    avec sa volonté, ses idées, ses sensations,

    ses émotions, ses réactions, ses goûts, propres,

    cependant en nous, nous avons aussi une part d’altérité

    qui est riche, qui est sans limites, aussi, quelque part,

    certes qui n’a pas le même type de potentiel

    que réellement une autre personne qui s’ouvre et qui nous accepte

    mais cependant avec de la patience et de travail sur soi,

    il y a déjà moyen de faire pas mal de chemin,

    avec ce qu’il y a d’altérité en nous,

    même, encore une fois, qu’il manquera toujours quelque chose

     

    rien que le fait que nous ayons l’autre sexe et tout son potentiel

    qui sommeille quelque part en nous,

    nous offre déjà des possibilités vertigineuses, illimitées de sexploration

    à condition de ne pas avoir peur de renverser toute une série de tabous

     

    la solitude est notre état immuable, irréversible,

    même avec une compagne ou un compagnon à côté de soi,

    le véritable défi, la véritable nature du parcours intime,

    c’est comment nous allons exploiter notre potentiel

    à briser momentanément cette solitude,

    à nous rapprocher, nous identifier à l’autre,

    à vivre des moments en commun,

    à fusionner l’instant d’un éclair

    nos sensations, nos émotions,

    la volupté, la jouissance

    #51730
    Avatar photobzo
    Participant

    les hommes, en général, ne savent pas se caresser,

    les femmes, si

     

    il s’agit pourtant, très simplement,

    de s’appliquer les mêmes gestes que l’on effectue sur quelqu’un d’autre,

    imaginez que votre amant ou que votre amante,

    soit nu(e) à côté de vous

    et que vous commenciez à le ou la caresser,

    vous observez ses réactions

    et vous laissez parler votre imagination,

    ces deux paramètres vont guider vos gestes, vos caresses

     

    eh bien voilà, rien de plus, rien de moins, à faire,

    juste à appliquer à soi-même,

    c’est à la fois plus simple et plus compliqué,

    plus simple car vous vous rendez compte directement de l’effet de vos caresses,

    plus besoin d’observer de l’extérieur,

    plus compliqué car il s’agit de pouvoir se lâcher toujours plus,

    de s’offrir et de se prendre, en même temps

     

    le seul secret, ici, donc, c’est le total abandon,

    se laisser guider juste par le désir, par ses sensations,

    autant en tant que personne qui reçoit les caresses

    que celle qui les donne,

    laissez votre main et votre peau parler,

    laissez vos gestes parler,

    laissez tout votre corps dialoguer avec lui-même,

    soyez son intermédiaire

    #51749
    Avatar photobzo
    Participant

    oh comme ce corps est enchanteur,

    il me suffit de quelques mouvements du bassin

    tout en caressant les seins

    et je suis tellement totalement envahi de volupté,

    c’est  magique

     

    c’est comme si un tapis volant m’emportait

    #51762
    Avatar photobzo
    Participant

    connaître son corps,

    ce n’est pas connaître son corps,

    c’est avoir une complicité avec lui

     

    on ne saura jamais vraiment connaître son corps,

    comme on ne saura jamais ce qu’il y a derrière la mort

     

    mon corps me devient

    toujours plus mystérieux

    et c’est très bien et merveilleux

    comme cela

    #51774
    Avatar photobzo
    Participant

    les hanches qui partent vers le côté,

    dans un mouvement lent, glissé, dérapant,

    le dos qui se cambre,

    les fesses qui se tendent, qui s’écartent un peu

     

    il n’en faut pas plus pour la soie dans le bassin,

    une sensation de densité moelleuse,

    légère, flottante, capiteuse

     

    je me caresse maintenant,

    les mains qui vont et viennent,

    qui allument de tous les côtés,

    trompettes, fanfare, j’ai le sexe qui durcit,

    qui s’élargit, qui s’entrouvre,

    qui mouille maintenant,

    est-ce un gland ou une vulve?

     

    les deux, mon capitaine,

    les deux, mon capitaine,

    un zeste braquemart, un zeste vagin

    #51775
    Avatar photobzo
    Participant

    la qualité de votre plaisir,

    son intensité, sa richesse, sa variété,

    dépendent essentiellement d’un paramètre,

    à quel point vous parvenez dans l’instant

    à établir le lien, la connection,

    une complicité avec votre corps

     

    ceci explique pourquoi à certains moments,

    même une simple caresse

    peut vous faire jouir,

    à d’autres, elle vous laissera de marbre,

    alors que dans les faits et les gestes,

    tout semble similaire

     

    votre corps vous récompense

    si à un moment X,

    vous êtes parvenu à vous rapprocher de lui,

    à vous ouvrir à lui, à vous offrir à lui,

    il déversera ce que vous attendez,

    ce que l’oisillon insatiablement affamé que vous êtes quelque part,

    attend, bec grand ouvert, piaillant

     

    Etre complice dans l’instant de son corps,

    c’est accepter de ne plus réfléchir à ce que l’on fait,

    c’est accepter de se laisser conduire, d’être mené,

    c’est accepter de ne plus savoir,

    accepter qu’il n’y a rien à savoir dans le feu de l’action,

    que ce qui est su dans l’instant,

    est un savoir immémorial qui est dans nos tripes

     

    un savoir sans savoir qui est sans limites,

    apparaissant, s’établissant, croissant,

    dans les moments de communion voluptueuse

    de notre corps

    et de notre esprit qui est venu le rejoindre

    puis disparaissant sans laisser de traces

     

    bon, d’autres paramètres, jouent aussi, bien sûr,

    comme la technique, les automatismes acquis

    mais l’essentiel, encore une fois, est ailleurs,

    l’essentiel est là dans l’instant,

    profond enfoui dans le lit de l’instant et dans nos tripes,

    quand on est parvenu à se dépouiller de tout bagage,

    qu’on est sans passé, ni lendemain, sans précédent, ni héritage,

    qu’on est devenu un simple autel, un point de rendez-vous

    #51776
    Avatar photobzo
    Participant

    une infinité de noces

    possible ici-bas

    mais d’abord,

    épouse ton corps

    #51778
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    Participant

    j’ai eu une période où j’étais accro aux orgasmes,

    le plus possible,

    les plus intenses possible,

    cela correspond, bien sûr, à ma période massage prostatique

    avec masseur

     

    je ne vais pas dénigrer ce que j’ai vécu durant ces années-là,

    oh que non,

    c’était splendidement intense

    et puis il y avait aussi le fait que c’était la découverte de tout cela,

    qu’un homme pouvait vivre des orgasmes autrement,

    qu’il y avait des chemins de traverse possible à côté du plaisir pénien

     

    cependant je m’en suis lassé peu à peu,

    me suis lassé de mon masseur peu à peu,

    je vivais des dizaines d’orgasmes par jour,

    des super O aussi, quotidiennement,

    une fois que j’étais bien au point

    et pourtant je suis parvenu à m’en lasser

    malgré le fait qu’un orgasme prostatique

    ne ressemble jamais à un autre

     

    la massivité même, du flot qui passe en nous,

    dans ces moments-là,

    fait qu’on survole constamment une infinité de détails,

    il y a tout simplement trop de choses qui passent et trop vite,

    un océan déchaîné se rue en nous

    et on n’en goûte, si je puis dire, que les vagues

    alors que moi, je voulais de plus en plus vivre mon plaisir

    au niveau des gouttes,

    au niveau de leur flux,

    sentir leur connexion se faire, se défaire,

    sentir le carrousel de leurs nuances

     

    si un raz de marée plonge sur une ville,

    les maisons sont emportées par dizaines, par centaines,

    chacune qui comporte de multiples meubles, d’objets différents,

    désormais mon plaisir est dans la dégustation de tous ces détails,

    le flux de la volupté a ralenti,

    a été rendu contrôlable,

    permettant ainsi de goûter à chaque élément qui passe, qui est entraîné,

    groupe de sensations par groupe de sensations

     

    plutot, désormais donc, des mini mini tsunamis,

    des tempêtes dans des verres d’eau

    où les maisons explosent une à une ,

    où l’on peut contrôler la vitesse de l’explosion provoquée par les flots,

    faire des retour en arrière, faire des plans par plans

     

    en même temps, la qualité de la volupté est devenue telle

    qu’il y a une sensation de jouissance en continu rapidement qui s’installe

    et puis tellement tout le corps participe,

    tellement chaque partie de mon être participe à la génération du plaisir,

    tellement il y a cette sensation de se faire l’amour constamment,

    tellement il y a une sensation d’être en même temps,

    un immense orchestre jouant ensemble

    et d’entendre le détail de chaque instrument séparément

     

    dans cette approche, je m’y retrouve beaucoup plus,

    c’est beaucoup plus moi, m’y sens beaucoup plus épanoui,

    cela me semble plus complet, plus nourrissant, plus riche,

    même si j’ai la nostalgie aussi désormais de temps à autre

    de tous ces incroyables orgasmes prostatiques à l’intensité sans pareille

    que j’ai vécus

    et que j’aimerai retrouver la capacité de vivre des moments comme cela aussi

    mais si cela n’est pas possible,

    si c’est comme de demander le beurre et l’argent du beurre,

    alors mon choix est vite fait, sans hésiter une seconde

    #51779
    Avatar photobzo
    Participant

    pendant quelques instants,

    une douce volupté

    m’envahit

     

    et tout est oublié,

    Trump,

    les israéliens et les palestiniens qui se trucident,

    le monde qui va à vau l’eau,

    des mendiants à tous les coins de rue,

    mon âge, ma maigre pension,

    mon dos qui me fait mal,

    ma cheville qui me fait mal,

    ma vieille, ma très vieille, mère

    atteinte de démence

     

    plus rien d’autre n’existe

    que cette soie chaude, frémissante,

    voyageuse,

    incroyablement légère et en même temps,

    incroyablement dense

     

    fêtes secrètes

    dans ma chair,

    régénérez-moi,

    ressourcez-moi

    #51787
    Avatar photobzo
    Participant

    free style,

    quand je me réveille sous les couvertures, au matin,

    je suis « free style »,

    me suis habitué à quelques moments comme cela

     

    à savoir,

    mon corps qui se met à bouger un peu comme un ver de terre,

    il se contorsionne, se contracte, se frotte, se presse contre tout, contre rien,

    apparemment sans qu’il y ait un chauffeur dans l’engin

     

    pourtant, il y a une logique à l’oeuvre dans ces moments,

    celle de la perception, du ressenti,

    un flux de perception s’établit

    et il s’agit de le suivre, de le maintenir, de le faire grossir,

    sans faire attention comment,

    qu’est-ce qui bouge, qu’est-ce qui se contracte,

    qu’est-ce qui se frotte, qu’est-ce qui se presse,

    contre quoi

     

    il n’y a même aucune recherche de sensualité, de langueur,

    juste ressentir, être empli de vibrations,

    en fait, la seule chose vraiment nécessaire,

    c’est la connexion entre le corps et l’esprit,

    qu’ils soient parfaitement unis,

    ne forment plus qu’un,

    c’est avant tout cela, le but recherché,

    n’être plus qu’un flux de vibrations sous les couvertures

     

    c’est quoi au fond, la connexion entre le corps et l’esprit?

    me demandez-vous,

    bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée,

    en résumé, c’est se mettre à l’écoute de son corps,

    rien de plus, rien de moins

    quand l’esprit écoute, quand l’esprit est tout entièrement à l’écoute,

    sans restrictions, ni arrière-pensée qui vient perturber,

    il est lié à lui, connecté à lui

     

    les mouvements, les frottements, les contractions,

    anarchiques, désordonnés,

    envoient des vibrations à travers le lien,

    l’établissant toujours plus, le renforçant toujours plus,

    le perpétuant toujours plus

     

    à d’autres moments,

    mon sexe me semblait être immense,

    un python géant, lentement se mouvant entre les cuisses, sur le ventre

    mais en fait, il n’avait pas changé de taille pour un sou,

    était toujours aussi flasque de chez flasque,

    c’est juste qu’il était prolongé,

    prolongé densément, prolongé intensément,

    allongé densement, allongé intensément,

    par les vibrations qui s’en dégageaient

     

    à d’autres moments,

    il me semble comme une barre de trapèze

    auquel mon bassin était accroché,

    bougeant dessus, accroché,

    effectuant dessus, autour, toutes sortes de figures de style

     

    il vibrait, le bougre, comme il vibrait,

    je l’aime comme cela, tout en vibrations,

    je l’embrasse à distance de tout mon amour,

    je l’engloutis de tout mon être dans la distance de tout mon amour,

    je le récupère de tout mon être jusqu’au fond de la gorge,

    jusqu’au fond de la tête,

    le voilà qui se met à couler de bonheur,

    libérant des tonnes de liquide épais, chaud, gluant,

    j’en suis envahi, je nage dedans,

    mon cerveau en est extravagamment multicolore,

    tout en filaments nageant dans tous les sens

    comme un bal de pieuvres dansant, enlacés les uns aux autres,

    sur une musique dans le sang

    #51788
    Avatar photobzo
    Participant

    j’ai besoin de baigner du matin au soir,

    du soir au matin,

    le plus possible,

    dans le stupre, le délicieux stupre,

    dans l’art, le délicieux art,

    dans la littérature, la délicieuse littérature,

    dans la forêt, la délicieuse forêt,

    avec tous ses oiseaux, sa lumière et ses feuilles

     

    oh juste cela,

    rien que cela,

    rien que tout cela

    et la dernière ligne droite de ma vie,

    sera réussie, sera accomplie, sera pleine

    #51789
    Avatar photobzo
    Participant

    je comprends vraiment

    que dans certaines civilisations, certaines croyances, certaines légendes,

    une grande importance, une grande place,

    soient attribuées, soient accordées, aux rêves

     

    moi-même quand je me réveille,

    j’ai l’impression juste de passer d’un univers à un autre,

    chaque nuit de retourner vers une autre vie,

    avec d’autres règles, d’autres lois

     

    d’alterner quotidiennement entre deux états de moi-même,

    l’un dans ce monde, de la réalité commune, de la réalité physique, disons

    et un autre, beaucoup plus mystérieuse, beaucoup plus brumeuse,

    avec de nombreuses inconnues

    qui parait extraordinairement fascinante ,

    en tout cas, vu de ce côté

     

    l’impression de passer mon temps dans cette vie

    à commuter entre deux mondes

    qui semblent totalement séparés,

    imperméables l’un à l’autre, à première vue,

    l’un existant que dans ma tête, il semble à priori,

    l’autre étant bien réel, partagé par tous,

    où les objets et les gens sont bien réels, « touchables »,

    où quand on tombe ou que quelqu’un nous frappe, on a mal,

    où l’on meurt, disparait,

    semble-t-il, pour toujours,

    où l’on doit manger, boire, chier,

    où l’on a froid, chaud

     

    l’autre, well…

    aussi puissant et coloré qu’il soit,

    qui semble se passer uniquement dans notre tête,

    où tout semble avoir été imaginé quelque part

     

    mais est-ce que tout ne se passe pas ici aussi dans notre tête, finalement?

    les frontières sont bien plus floues qu’à première vue,

    que les apparences semblent nous le suggérer

    tellement massivement

     

    en réalité, ces deux mondes, celui de la réalité et celui du rêve,

    continuer de s’interpénétrer quelque part constamment,

    j’ai de plus en plus l’impression,

    ont des tentacules invisibles qui les prolongent l’un dans l’autre

    sans qu’on s’en rende trop compte,

    c’est toujours insidieux, cela se passe par la bande,

    rien de vraiment direct,

    cela arrive par des détours et encore des détours

    c’est assez intraçable, assez indétectable

    mais pourtant je suis de plus en plus persuadé

    que les deux mondes n’arrêtent pas de s’influencer,

    de s’alimenter l’un l’autre

     

    c’est connu dans un sens, depuis toujours, bien sûr,

    quand on rêve, on a l’impression de retrouver un méli mélo étonnant, ébouriffant

    où tout se mélange fantastiquement,

    de ce qu’on a vécu dans la réalité,

    cela a l’air de s’accumuler pêle-mêle quelque part

    et de prendre vie dès qu’on s’endort

    avec les nouveaux apports de la journée

     

    mais l’influence dans l’autre sens,

    elle est bien réelle aussi, j’en suis de plus en plus persuadé,

    constamment et massivement

    mais dans l’ombre,

    indirectement de chez indirectement

     

    nous sommes quelque part comme des pantins articulés,

    des pantins animés avec des ficelles,

    qui sont tenues par tout ce qui s’est accumulé de ce côté

    et qui reprend vie chaque nuit quand on s’endort

     

    seulement de cette vie?

    peut-être qu’il y en a déjà des milliers, des milliards d’autres,

    d’accumulées de l’autre côté

    #51790
    Avatar photobzo
    Participant

    l’autre me fait peur, l’autre me terrifie

    mais aussi l’autre m’enchante,

    l’autre me surprend, l’autre m’éblouit

    tellement, à la fois, il est identique

    et tellement il est différent de moi,

    tellement, à la fois, il est moi

    et tellement il ne l’est pas,

    tellement, à la fois, il m’attire

    et tellement il ne m’attire pas

    #51791
    Avatar photobzo
    Participant

    soirée littérature et volupté pour moi,

    je mêle un classique de la littérature japonaise médiévale

    à des moments d’exquis abandon

    où je laisse mon bassin prendre l’initiative

    et m’entrainer vers des contrées non moins lointaines

     

    prostate, génitaux, cuisses, fesses, muscles du périné,

    oh mes délicieux alliés,

    comme je me pâme dès que vous vous mettez en action

     

    comme le plaisir coule de source,

    comme il est frais et enjoué, dans ma chair,

    mêler les mots de cette littérature raffinée

    et puis l’exquise volupté du mode yin,

    cela me fait des soirées comme je les aime

    #51792
    Avatar photobzo
    Participant

    caresses solitaires dans la nuit,

    plus que jamais,

    le yin et le yang sont éveillés en moi,

    s’interpénètrent, se complètent

    m’enflamment délicieusement

     

    ce plaisir,

    même que pour quelques instants,

    est tellement riche, tellement nourrissant,

    tellement épanouissant

     

    instants papillon multicolore,

    instants ruisseau chantant,

    instants colibri aux ailes vibrantes

     

    le chant est dans mon sang,

    le chant est dans mon sang

     

     

    #51793
    Avatar photobzo
    Participant

    j’ai entre les mains le livre

    mais moi, je suis entre les mains de mon bassin,

    tour à tour,

    ce sont les mots qui m’emportent ou la volupté

    #51795
    Avatar photobzo
    Participant

    oh,

    qui est en train

    de chiffonner de la soie

    dans mon bas-ventre?

     

    ô délicieux intrus

    que j’accueille instantanément

    à bras ouvert,

    continue seulement ton manège,

    continue

    #51797
    Avatar photobzo
    Participant

    il faut toujours un support

    à notre excitation,

    que ce soit une autre personne,

    une image, une vidéo

    ou soi-même

     

    mais dans le premier et le dernier cas,

    une autre personne ou soi-même,

    on est confronté à un challenge,

    à un cheminement, un territoire à explorer, de l’inconnu

     

    alors qu’avec l’image ou la vidéo,

    on marchande au rabais son désir,

    on est face à quelque chose de figé, de creux, de tordu,

    un miroir déformant où notre sexualité

    prend des allures grotesques et déformées

    #51798
    Avatar photobzo
    Participant

    sentez comme l’emplissement

    se répand soyeusement

    jusqu’au plus profond

    de votre être

     

    sentez comme il a des ailes,

    comme il a des nageoires,

    sentez même comme ses coups de marteau

    sont délicieux à vivre

     

    sentez comme il y a comme le déplacement d’un ascenseur

    puissant, fluide, irrésistible,

    sentez comme il semble monté sur roulement à billes,

    comme il a quelque chose d’irrépressible,

    de phénoménalement perçu de toutes parts

    et en même temps, de quasi imperceptible,

    sentez comme il est évanescent,

    comme il est intemporellement furtif

     

    ce qui s’est ouvert,

    ce qui un instant s’est empli

    ce qui un instant vous a servi

    et en même temps un instant vous a asservi,

    ce qui est retourné au néant

    ou peut-être pas,

    c’est toi, toujours toi, implacablement toi,

    grandiosement tu t’es regardé un instant,

    grandiosement tu t’es vu un instant,

    grandiosement tu as jubilé un instant

    de te voir, toi et ta face cachée, tu crois, dans le miroir

     

    #51799
    Avatar photobzo
    Participant

    j’ai vu le dernier film de Sorrentino, Parthenope,

    qui est enfin disponible en streaming.

     

    Ce réalisateur est un de mes préférés, voire le préféré

    parmi les plus jeunes générations de réalisateurs (- de 60 ans, disons)

    mais j’ai douté de lui,

    en voyant une première fois ce film.

    Il me semblait sans grand intérêt, superficiel,

    même si empli de beauté et de sensualité,

    bref raté

     

    mais c’était moi, hier

    qui n’étais pas à la hauteur lors du visionnage, je me rends compte,

    ce matin, j’ai regardé le dernier quart d’heure

    et j’ai été bouleversé,

    c’est transcendant, magistral, du tout grand art

     

    et puis là, j’ai revu l’entièreté depuis le début

    et c’est du grand Sorrentino,

    du début à la fin, en fait

     

    mais avec ce réalisateur, assez controversé

    qui ne laisse pas indifférent,

    soit on l’aime à la folie, on le place au pinnacle,

    soit on le déteste, on le trouve superficiel

     

    c’est parce que son cinéma n’est pas d’une approche aussi facile

    qu’on pourrait l’imaginer à première vue,

    le réalisateur place toute une série de couches très séduisantes, sensuelles,

    qui peuvent paraître synonymes de facilité

    sur ses images

    et il faut avoir la patience, ma persistance, d’aller plus loin,

    de les percer

    pour découvrir les splendides qualités dramatiques,

    poétiques et humaines, voire spirituelles

    que ses films recèlent

    #51800
    Avatar photobzo
    Participant

    faire feu de tout bois,

    faire feu de toutes ses fibres,

    faire feu de tout son être

     

    es-tu prêt

    pour la volupté

    que tu espères?

    #51801
    Avatar photobzo
    Participant

    j’ai repris la lecture

    de mon classique médiéval japonais,

    cela va prendre un certain temps,

    même un temps certain

    car il y a 3 gros volumes et 1300 pages

    dont 550 illustrations tout de même,

    estampes japonaises de toute beauté

     

    je m’arrête très régulièrement

    pour m’offrir quelques instants de plaisir,

    certains, c’est la pause cigarette,

    moi, c’est la pause volupté

    #51802
    Avatar photobzo
    Participant

    toutes proportions gardées,

    il y a de sérieuses similarités entre le rejet d’une part des critiques

    (surtout français) du cinéma du réalisateur italien Sorrentino

    et puis celui qu’a connu en son temps, Proust,

    depuis reconnu comme un des plus grands, voire plus grand écrivain

    qui n’ai jamais vécu

     

    Proust aussi, le récit de la Recherche du Temps Perdu, se passe dans les milieux huppés, privilégiés

    les nobles de l’époque, leurs réceptions fastes,

    les vacances dans les hotels cinq étoiles en bord de mer, de l’époque,

    les salons où l’on reçoit, les papotages malveillants,

    beaucoup de futilités, de choses insignifiantes

    tout cela forme comme une surface, l’écume sur plusieurs couches,

    de ses livres

     

    mais bien sûr, si on prend la peine d’aller un peu au-delà,

    de creuser un peu,

    toute l’humanité se trouve là, toutes ses qualités et ses défauts, toute sa diversité, sa richesse,

    toutes les qualités dramatiques possibles, la nostalgie, l’humour,

    tout ce qu’on peut attendre d’un chef d’oeuvre parmi les chef d’oeuvre,

    est bien là

     

    eh bien, il en va un peu de même pour le cinéma de Sorrentino,

    cela se passe la plupart du temps dans des milieux très favorisés,

    dans des paysages de carte postale,

    le  regard de la caméra s’attarde avec concupiscence sur la beauté des femmes,

    le récit insiste sur bien des choses qui peuvent paraître superficielles

    mais cela, comme chez Proust,

    ce ne sont que les premières couches,

    il y a dessous un noyau extraordinairement riche, complexe

    qui nous offre de splendides moments d’émotion cinématographique

    et un récit passionnant de bout en bout

    #51803
    Avatar photobzo
    Participant

    je suis en train de mettre au point tranquillement, peu à peu

    ma propre danse « Tandava »

     

    enfin quelque chose qui y ressemble plus ou moins,

    peut-être de moins en moins,

    désormais que je customise de plus en plus

     

    je décris un peu pour que vous compreniez,

    je ferme les yeux, assis ou debout,

    je me mets à bouger lentement,

    un bras, le torse, la tête

    et puis  les mouvements s’enchaînent

    comme au ralenti,

    voire ralenti de chez ralenti,

    un flux s’établit

    qui semble déplacer des énergies,

    par blocs, par lacs, par montagnes russes,

    par filaments, par morceaux en train de fondre,

    par continents en train de se former

     

    cela se met royalement à circuler intérieurement,

    ce n’est pas vraiment de la volupté

    mais c’est très agréable, mystérieux et cela détend,

    oh oui, cela détend somptueusement

     

    bon, je n’en suis qu’à mes débuts

    et puis je ne pratique pas parfois pendant des jours,

    sans doute cela permet d’atteindre d’espèces d’états seconds de transe,

    j’imagine,

    des états de réceptivité, de connexion supérieure à son corps

    et par conséquent à l’univers aussi,

    puisque notre corps, c’est un petit morceau d’univers

    qui s’est incarné dans notre chair

    #51804
    Avatar photobzo
    Participant

    c’est différent en ce sens

    que chez moi, c’est en train de devenir beaucoup plus minimaliste

    que ce que l’on peut voir dans les vidéos de tandava sur le net

     

    cela bouge très très lentement

    et souvent ce n’est qu’un bras ou la tête,

    un seul membre ou partie de corps à la fois,

    c’est comme cela que je sens, je me suis rendu compte,

    le mieux les énergies,

    je parviens à dessiner avec, intérieurement,

    à créer des formes, à les déplacer, à les sculpter quelques instants

     

    intéressant manège, en tout cas,

    je ne sais pas très bien où cela mène

    mais comme dirait l’autre,

    c’est le cheminement qui compte avant tout

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