ce matin, au réveil,
sous les couvertures, bien au chaud,
comme tous les matins,
j’eu envie de quelques notes,
que quelques notes de volupté
roulent en moi
je me suis mis à l’écoute
mais analytiquement dans un premier temps,
j’étais en mode observation de moi-même,
j’étais curieux de ce qui se passerait,
comment la magie allait opérer,
comment la mayonnaise prendrait
c’était un peu une gymnastique compliquée,
en même temps laisser faire le plus possible
et en même temps s’observer minutieusement
cela a commencé par deux, trois doigts de pied
qui se mirent à frotter la plante de l’autre pied
puis est venu rejoindre une hanche
qui bougeait lentement
puis enfin je sentis que les doigts d’une main
courait sur la cuisse, le flanc
plutôt les bouts des doigts, pour être plus exact,
couraient à gauche , à droite, comme un poulet sans tête
tout cela, je remarquai,
formait comme du boucan,
un vacarme de sensations, en moi,
rien de bien spécial pour l’instant,
des sensations assez quelconques,
pas de quoi se pâmer
je me décidai à me relâcher complètement
pour que les choses deviennent un peu plus sérieuses,
oui c’était vraiment cela,
je me suis lâché comme on enlève la laisse à son chien
pour qu’il puisse aller courir librement
et alors c’est produit l’étincelle,
c’est comme si j’embrassais ce vacarme provoqué en moi
par les différentes actions juste décrites,
c’est comme si j’embrassais mon petit chaos personnel,
de tout mon être
alors tout de suite,
ce chaos s’est présenté à moi
sous un tout autre visage,
il n’était plus qu’une sorte d’accord sauvage de notes de volupté,
un accord somptueusement riche
aux nuances sans cesse changeantes
un accord qui évoluait constamment
au fur et à mesure de l’évolution des différentes actions
le carrousel magique s’était mis en route,
je n’avais plus qu’à déguster,
à me déguster et gémir,
douce douce extase
de la communion voluptueuse
entre la chair et l’esprit

