quelque part plus haut,
j’ai écrit que ces derniers jours,
je ne pratiquais plus ou quasi,
ce n’est pas tout à fait vrai, en fait,
je me suis rendu compte
car ce matin, au réveil,
comme tous les matins au réveil,
j’ai eu besoin de mes 5, 10 mn
d’enchantement
5, 10 mn de corps chantant,
de corps enchantant,
5,10 mn où je gémis tout doucement en continu,
5,10 mn de délicieuse mélodie ,
de mélodie voluptueuse,
dans mes fibres
très rapidement ce matin,
mon sexe est devenu dur
mais alors vraiment dur
et il semblait vibrer tout le temps,
comme une petite antenne toute dressée,
un petit clocher de village
qui sonnait joyeusement le tocsin
la paume entourait un sein,
le frottait, le pressait un peu,
régulièrement elle se mettait
à descendre sur le flanc,
s’attardait sur la hanche,
en palpait tout lentement la courbe
en tournant un peu dessus
puis continuait son chemin sur la cuisse
où les bouts de doigt se mettaient en action,
semblaient effectuer comme du patinage,
toutes sortes de figures de style,
des huit, des entrechats,
toute une chorégraphie parmi les poils épars de la région
avant que de reprendre le chemin vers le haut,
taquinant au passage un peu en faisant un petit détour
la crevasse derrière,
effleurant la bouche chaude,
y glissant même un doigt ou deux
pendant quelques instants
mais c’était avant tout le show des hanches,
elles imprimaient le rythme,
un rythme lent, chaloupé, lascif,
parfaite synchronisation des muscles du périnée
qui faisaient monter des contractions,
enfin tout dansait ensemble là en bas
comme ailleurs
moments délicieux de communion,
tout travaille tellement tellement de concert,
le corps et l’esprit comme un tout totalement unifié,
comme un tout incroyablement apaisé
dans le chaos en même temps si organisé et si désorganisé du plaisir
la sensation de se faire l’amour était si forte,
quel chant dans tout mon être
et c’est si particulier en mode yin,
la sensation, en même temps,
d’être pénétré et de pénétrer,
on ne s’en lasse pas,
on ne peut s’en lasser,
quand tout communie tellement,
quand tout nourrit et est nourri tellement

