ce matin au m’éveillant,
j’eu envie un peu de me laisser porter par les notes,
mon instrument de musique étant toujours à portée,
étant devenu une telle extension de moi-même
la fusion est instantanée,
je laissai, pour l’instant,
les hanches, les cuisses, le bassin,
jouer entre eux
c’es toujours aussi magique,
peu importe que j’ai déjà vécu cela des milliers de fois,
quand les énergies s’éveillent en vous,
se mettent à danser,
à se transformer en volupté
je les sens tellement en moi,
je peux les visualiser, suivre leur progression,
les déguster note par note
et en même temps, laisser le flot rouler sans retenue
ma main maintenant descend lentement sur la hanche,
les doigts explorent, tâtent,
une belle cuvée, ce matin, de grain de peau,
les voilà déjà à l’entrée de la petite grotte derrière,
comme elle est invitante, on dirait une bouche de chaleur,
un tobogan sur lequel
il n’y a qu’à se mettre dessus et à se laisser glisser
trois, quatre doigts plongent, la tête la première,
s’enfoncent aussi profondément que possible
et immédiatement, tous les muscles de la région
se mettent à s’agiter autour d’eux
comme on danse sans retenue autour d’un totem
à la lumière d’un feu lançant ses flammes
vers le ciel dans la nuit
je commence à émettre des grognements,
cela me fait toujours cet effet,
quand je chatouille l’intérieur du volcan,
l’impression que les doigts touillent
directement parmi les entrailles
bougeons, bougeons, les hanches, encore un peu,
oh se sentir tellement totalement fétu de paille
emporté par des flots,
s’offrir sans retenue à l’instant qui passe,
à sa furie invisible, à sa furie éternelle,
à sa furie si subreptice, si fugace, pourtant
on est submergé par un océan
qui s’évapore en même temps
qu’il déferle en nous,
on rêve éveillé encore une fois,
on rêve éveillé de tout son être,
à un magnifique papillon multicolore
tout entièrement à notre place

