tous ces petits frôlements, ces petits effleurements,
tous ces petits mouvement en douce,
subrepticement, au passage,
qui ne durent que quelques secondes,
le temps d’une seule vague de volupté
quelques secondes juste hors du temps,
quelques secondes
où l’on se sent nourri d’un nectar divin
jusqu’au fond de l’âme
et dans la moindre de ses fibres
quelques secondes où l’on est surpris
mais alors surpris de chez surpris,
une constante et interminable surprise
que l’on peut autant, que l’on peut cela,
que l’on peut être cela aussi
quelques secondes où l’on sent tellement
mais alors tellement
cette complicité entre le corps et l’esprit
à l’oeuvre,
cette sensation de douce, de sauvage, unisson
partout en action
la vague nous soulève tellement
et de telle manière,
une légèreté comme une grâce,
une glissade comme une caresse céleste
qui nous atteint de toutes parts,
qui nous révèle quelques instants à nous-même,
splendidement éveillé au monde,
splendidement éveillé à nous-même
une splendeur absolue
comme état d’être quelques instants,
comme épaisseur d’être
quelques instants

