envie d’une brève gâterie,
sans trop bouger,
avec le minimum du minimum nécessaire
dans ces cas, assis,
toujours, je tends la croupe,
redresse bien la colonne vertébrale,
les épaules reculent simultanément, comme entraînées,
idem pour ma tête,
elle monte, elle glisse,
semblant être tirée vers l’arrière et vers le haut, un peu,
dans une sorte de mouvement en forme d’arc,
penser à un cygne, à son col,
comme genre de mouvement
c’est un peu ma façon
de me mettre au garde à vous
pour le plaisir en mode yin
ainsi positionné,
je tends bien les muscles des fesses,
tout est désormais bien tendu là en bas
et ailleurs aussi d’ailleurs
comme une sorte de piste de décollage
semble désormais en place
ou un très haut plongeoir,
comme on veut
ainsi donc,
sans aucun geste, vraiment,
juste une sorte de mise en tension de l’ensemble de mon être
quasi instantanée,
je fais monter lentement, tout lentement,
une première contraction
comme elle semble glisser toute seule,
ben oui, la piste a été apprêtée,
elle monte, elle monte,
lent et irrésistible envahissement
d’ondes mixtes provenant de la prostate et des génitaux
mais tout le corps joue,
tout le corps génère, en fait,
la position élancée que j’ai prise,
fuselé comme un Concorde, que je suis, pour l’instant,
aérodynamisme maximal au service de la volupté,
de la génération facilitée d’ondes
le rayonnement ondulant, frissonnant
traverse à la nage mon tronc sans effort,
ondines vibrantes, ondines filantes,
pour arriver jusqu’à derrière les paupières fermées
et y terminer leur course
sous forme d’étoiles soyeuses fondantes
tournoyant un peu
tout en se dissolvant délicieusement

