il faut vraiment faire un gros effort
pour se rappeler à quel point,
cela n’a pas toujours été le cas
mais bon dieu,
comme il est devenu facile, instantané,
de se laisser envahir par le plaisir,
une fois qu’on a accepté,
une fois qu’on a accueilli,
les deux genres en soi,
qu’on parvient à les lâcher ensemble
comme si l’on était leur cour de récréation
tout notre être participe tellement,
pas une fibre qui ne soit capable de générer
si sollicitée,
être généreux, être audacieux,
sans limites envers soi
et donc,
il n’y a plus qu’à se laisser faire,
à se laisser entraîner
laisser le masculin et le féminin
en notre corps et notre esprit
s’entremêler,
s’entremêler encore et encore
les laisser nous transformer de la tête aux pieds
en une soie chaude et vibrante,
cortège affolant de vagues voyageuses,
légères et éphémères nymphes de la volupté
plénitude des instants,
on est à la fois, l’instrument de musique,
les flots de notes générées,
la main, le coeur et les sens qui agissent,
l’oreille, le coeur et les sens qui réceptionnent
un chaos délicieux
en forme de cercle parfait,
on a l’âme quelques instants
en forme de papillon,
épanouissement multicolore,
inventivité somptueuse du désir
si on le laisse jouer en totale liberté

