un peu de théorie,
voulez-vous
accéder au corps sensible,
ce que j’appelle corps sensible,
c’est une entité formée du corps et de l’esprit,
alimentée par les énergies sexuelles en nous
(appelons-les sexuelles
bien qu’il serait plus juste
de les appeler plus simplement, énergies de la vie)
cette entité, ainsi, alimentée,
forme comme un réseau vibrant
forme comme un portail permettant d’accéder à toutes sortes d’univers,
certains sexuels, d’autres pas,
par exemple, les pratiques tantriques,
ou encore mystiques diverses et variées
permettant de vivres toutes sortes d’extases
pour accéder à ce corps sensible en nous,
la grande difficulté que tout un chacun rencontrera,
c’est soi-même,
plus précisément son intellect,
en effet, le babillage quasi constant de celui
forme comme une barrière
empêchant la connexion avec son corps
deux méthodes
que personnellement je connais pour dépasser ce problème,
celle que j’utilise en mode yin,
à savoir ne pas essayer en aucune manière de contrôler ce babillage,
d’essayer de l’éteindre,
cela pourra fonctionner quelques instants
mais tout ce que vous obtiendrez en définitive,
c’est un retour de bâton, un retour en force de celui-ci
et de la tension,
vous serez de plus en plus tendu
non, la bonne méthode, c’est de laisser faire,
d’essayer en aucune manière de contrôler le babillage de l’intellect,
juste de faire comme s’il n’était pas là, comme s’il n’existait pas
et d’essayer de se concentrer sur son corps,
de se mettre à l’écoute de celui-ci
se faisant, se insistant ainsi,
le babillage s’éteint de lui-même,
au moins vous faites attention à lui
et essayer de faire attention à la grande muette en vous,
c’est-à-dire votre corps,
au plus il s’éteindra de lui-même
l’autre méthode, c’est la respiration,
se concentrer sur sa respiration,
elle est utilisée beaucoup, par exemple,
dans le massage prostatique
en se concentrant sur sa respiration,
automatiquement le babillage s’arrête,
la voie est ouverte,
il faut encore s’engager dessus
associé maintenant à l’attention à votre respiration
des contractions des muscles du périnée et de l’anus
et vous avez déjà tous les outils qu’il faut
pour accéder au plaisir prostatique
mais pas tout de suite,
il s’agit de faire coordonner, de faire dialoguer,
sa respiration et les contractions,
qu’elles dansent ensemble, qu’elles dialoguent
et la conversation va devenir de plus en plus intéressante,
une conversation au niveau de toutes les fibres de l’être, peu à peu,
une conversation joyeuse,
de plus en plus joyeuse, de plus en plus folle, de plus en plus renversante
moi, en mode yin,
laissant donc le féminin s’emparer de mon corps sensible,
la concentration sur la respiration,
ne me convient pas,
j’utilise l’autre méthode toujours
pourquoi?
parce que le plaisir en mode yin,
se veut un flux naturel, totalement spontané,
un élan de tout son être,
sans aucune contrainte, ni directive,
ni même de technique,
juste ce qui vient dans l’instant,
mouvements, gestes, contractions, positions du corps, etc,
juste comme cela vient comme c’est mené par le désir,
et donc une attention continue à sa respiration,
ça ne le fait pas
mais il n’y a pas que le sexe dans la vie
(ou bien si?)
ce corps sensible, on peut parvenir à l’éveiller,
à le mettre à contribution en d’autres circonstances aussi,
j’ai déjà évoqué certaines pratiques tantriques
ou encore de méditation,
je ne m’engagerai pas plus loin dans cette direction,
n’ayant que très peu d’expérience
sinon dans une sorte de danse que j’ai déjà évoquée dans ce fil
où je me bouge dans l’espace,
meus les bras, le tronc, plus ou moins lentement,
laissant faire tout cela le plus possible tout seul
et où les énergies semblent se mettre à flotter comme des voiles,
se mettre à danser dans tous les sens
par contre, face à la nature,
notre corps sensible a aussi son mot à dire,
hier j’étais dans la forêt,
il suffit que je m’arrête, que je m’immobilise
et le silence devient de plus en plus dense,
semble peu à peu comme un sirop épais,
on se sent tout minuscule,
de plus en plus minuscule,
c’est assez impressionnant, même assez effrayant au début,
on devine qu’autour de nous,
il y a un océan sans limites de vie et de mort
et que notre corps sensible cherche à s’y connecter,
à se fondre dedans
bon, plus vite dit que fait,
j’ai encore beaucoup de travail de ce côté
mais cela avance,
j’arrive par moments à vivre des émotions étonnantes,
c’est assez effrayant par moments, comme je l’ai écris
car si dans sa chambre, on peut se sentir sans limites,
on peut se sentir immense,
ici, au milieu des arbres de la forêt,
on se sent juste tellement tellement minuscule
et puis toute cette mort mêlée à la vie autour de nous,
c’est en même temps tellement festif, tellement harmonieux
mais tellement impressionnant

