j’adore plus que tout ces courts moments de volupté,
de communion avec mon corps,
qui ne durent vraiment souvent qu’à peine quelques secondes,
allant parfois jusqu’à une minute ou deux maximum
qui interviennent
alors que j’étais vraiment occupé à tout autre chose,
tâches banales du quotidien,
un balai à la main, en train de cuisiner,
en train de porter quelque chose, etc
enfin vraiment des actions triviales
que soudain j’interromps pour quelques instants
parce que le désir s’est manifesté
sous une forme ou une autre,
un « appel »
ce qui rend ces moments si particuliers, si délicieux,
c’est la soudaine transition,
d’un corps « véhicule », d’un corps « utilitaire »
à un corps vibrant, un corps ressentant,
un corps générant massivement de la volupté
et en plus en mode yin,
donc effacement soudainement aussi
du genre de mon corps
et envahissement d’un genre mixte, androgyne,
emmêlement divin de féminin et de masculin
mais donc
c’est vraiment ces transitions instantanés, abruptes,
ces chauds et froids radicaux
qui en font tout le prix,
le ressenti passe de rien à massif, à extrême,
on transitionne soudainement de rien,
d’aucune sensation, d’un désert aride,
à une oasis verte avec arbres, cours d’eau, plantes, fleurs,
plein de vie de toutes sortes,
quelque part en soi

