je berce entre mes cuisses ce gros ver
qui s’amuse parfois à changer de dimensions
et d’épaisseur
comme il aime cela,
ces toutes légères pressions, ces touts légers frottements,
comme il est malléable, comme il est spongieux, mou, élastique
comme il est, en fait, malgré ces apparences,
un soleil, je vous dis,
un soleil resplendissant,
il rayonne, par exemple, en ces moments,
vous ne le voyez pas mais je le sens,
oh comme je le sens
et tout mon corps le remercie
et tout mon corps lui répond,
il incite irrésistiblement au dialogue,
il aimante les alentours,
il aimante le lointain,
la prostate pas loin, l’anus pas loin, non plus,
sont ses deux interlocuteurs préférés,
on dirait souvent un trio de jazz
en train d’improviser,
mais rapidement d’autres musiciens dans la salle,
d’autres musiciens de partout,
viennent les rejoindre
en fait il n’y a que des musiciens par ici,
la moindre cellule, la moindre fibre,
aime cela, générer des notes
et n’aime rien tant que dialoguer
tantôt frénétiquement,
tantôt tout en douceur sophistiquée,
avec tout le reste du big band

