on pourrait imaginer
que ma quinzaine d’années
à travailler au plus haut niveau
dans le développement informatique
comme analyste-programmeur
et donc peu à peu
l’acquisition comme un instinct
de l’analyse logique,
aussi bien dans mon ex-métier
comme dans tous les autres aspects de ma vie,
pour aborder toute problématique, en fait
on pourrait imaginer donc
que cette analyse logique comme instinct
qui cherche constamment à s’exprimer,
à s’emparer de toute problématique,
dans tous les aspects de ma vie au quotidien,
est peu compatible avec l’art, la littérature
que j’aime tellement,
que je place au-dessus de tout
mais non, pas du tout,
certes dans des oeuvres de moindre qualité
où en général les ficelles sont plus ou moins apparentes,
où il y a peu de profondeur,
cet instinct d’analyse logique , chez moi,
va s’en emparer,
va tirer impitoyablement sur ces ficelles,
va détricoter sans pitié ce que je lis
ou ce que je vois devant moi
mais avec une oeuvre d’un artiste de grand talent ou d’un génie,
par exemple, un Picasso ou un Proust,
j’essaie instinctivement de m’en emparer, de la déchiffrer,
de saisir comment elle est faite, architecturée,
analyser sa consistance, sa teneur, son grain intime,
avec mon outil favori
et rapidement, je me heurte comme à un mystère,
un mystère au-delà duquel,
il y a juste de l’émotion,
de l’émotion et encore de l’émotion
et encore plus de mystère
alors je me rends, mon esprit capitule
et je me laisse emporter,
l’oeuvre me fait sien, je m’engloutis en elle
et m’y retrouve comme un dauphin dans l’océan

