il faut se rendre corps et âme au yin,
au féminin en soi
si l’on veut qu’il s’empare
totalement de nous,
qu’on devienne son terrain de jeu
accepter qu’éventuellement, par moments,
nos mouvements se féminisent à l’extrême,
que nos mains se portent sur les seins,
que nos hanches se mettent à danser,
que nous écartions avec avidité les cuisses
comme pour accueillir un gourdin dressé
forcer donc les frontières de son genre,
reculer ses limites,
oser transgresser allègrement
mais comme on peut être récompensé,
la récompense,
c’est nous-même
nous-même dévoilé,
dévoilé de fond en comble,
mis à nu,
buvant à des sources
qu’on croyait inaccessibles
riant de se voir si désirable dans le miroir,
riant de se voir si empli de désir,
si capable de désir,
si capable de l’exprimer autrement
riant de se voir empli
de couleurs si étranges, si exotiques,
sans limites

