assis dans mon siège face à l’ordi,
une petite envie soudainement,
je cabre les hanches, je serre un peu les fesses
et je fais monter une contraction
oh, j’ai beau avoir eu ce genre d’effet dans ma chair
des centaines, voire des milliers, de fois,
cela parait à chaque fois tellement nouveau,
tellement redécouverte totale
mieux, cela a progressé,
c’est toujours plus fin, plus riche, plus épanoui,
je ressers à chaque fois le même vin de mes caves
mais il a évolué, il a maturé,
il a acquis un petit quelque chose en plus,
un petit quelque chose s’est rajouté,
un petit quelque chose qui le rend toujours indéfinissable,
toujours plus affolant délicieusement au palais
je ferme les yeux,
en même temps que la légère contraction des muscles du périnée
s’opère,
comme un faisceau d’ondes soyeuses
semble s’être formé instantanément,
se répandre vers le haut,
envahir mes fibres du nectar tellement nourrissant
je reste ainsi quelques instants yeux fermés,
dégustant en moi
ce moment de communion avec mon corps,
ressentant avec une telle puissance
cette proximité, cette intimité
je suis là dans l’instant en cette chair
je devine des racines me reliant à la terre,
je devine l’animal,
je devine le mystère dans lequel il baigne,
dans lequel je baigne,
je me sens tout frémissant, tout vibrant,
me sens capable de plus en plus de fragilité et de force
pour m’ouvrir, pour m’offrir,
pour vivre un moment d’exploration,
de saut dans l’inconnu et le mystère,
de la volupté

