ce que je décris comme yin et yang,
le féminin et le masculin, en soi
qui interagissent,
cette sensation de se faire l’amour,
cette sensation quand on se caresse
qu’une partie de vous-même,
en fait réagir une autre
presque comme si on était deux personnes différentes
qu’on ressent en même temps,
pour simplifier, on peut décrire cela comme cela
on peut voir cela aussi
d’une façon plus terre à terre,
dégagée de tout « romantisme »,
de toute interprétation un peu ésotérique,
juste pleinement mécanique, physiologique,
né de l’exercice et de l’habitude
qu’à force de se caresser tout seul dans son coin,
cela débloque des choses en soi
qu’on parvient à ressentir des effets
beaucoup plus riches, plus variés
qu’à force de se mettre entièrement,
de se donner tout entièrement,
dans le moindre mouvement, le moindre geste, dans l’action,
y allant avec la même passion, la même énergie
que si on interagissait avec un autre corps, un autre être,
eh bien qu’on parvient sinon à ressentir le même niveau de volupté,
du moins quelque chose de beaucoup plus puissant et riche
que la première qu’on pose la main quelque part sur soi
et que cela ne fait pas grand effet
car c’est nous-même, on le sait, on le sent,
on sait ce que l’on va faire,
notre corps n’est pas habitué à réagir à des auto-stimuli
et on n’est pas habitué à avoir du plaisir en solitaire
autrement qu’on se masturbant
mais avec le temps, à force de pratiquer ainsi,
on peut arriver à casser certaines barrières,
à passer outre certaines limitations,
on peut arriver à tourner son désir vers soi-même
et à le laisser s’exprimer
avec de plus en plus d’efficacité,
à son propre contact
et pas seulement au contact juste de son sexe,
et des minuscules zones érogènes de l’homme
qu’il y a moyen d’habituer tout son corps à réagir,
à devenir vraiment comme une peau de tambour
ultra tendue
prête à vibrer au moindre effleurement,
à la moindre contraction, au moindre geste,
au moindre déplacement
on peut voir cela aussi comme cela
mais une fois qu’on y est arrivé,
je peux vous assurer,
vu la qualité de ce que l’on vit, de ce que l’on ressent,
on est tenté irrésistiblement
d’y voir beaucoup plus,
de voir là-dedans quelque chose de plus ésotérique, de plus « magique »,
tellement le plaisir généré
est devenu quelque chose de satisfaisant, de nourrissant,
de riche et de complexe,
cela semble presque surnaturel par moments
de par la qualité et l’intensité

