me réveille,
09h, indique l’horloge,
bien dormi, dormi longtemps,
dormi de chez dormi,
plus longtemps que d’habitude,
me suis couché vers minuit,
j’en avais besoin
j’ai ma chaleur
partout autour de moi,
elle m’enveloppe,
elle imprègne les draps, le matelas,
avec l’obscurité encore, aussi,
grâce aux épaisses tentures tirées,
comme c’est douillet d’être là pour l’instant,
comme je me sens dans un nid
première chose à faire,
mon instinct me le dit,
c’est de vérifier que c’est encore bien là,
que toute la délicieuse machinerie est bien là,
prête à entrer en action
j’effectue un mouvement des hanches,
genre lent glissement nonchalant du bassin vers le côté
tout en contractant des muscles
du côté des fesses, de l’anus, du périnée
mais tout en douceur, bien progressivement,
bien fluidement
oh voilà, c’est bien là,
la soie apparait, la soie inonde, la soie imprègne,
quelle substance paradisiaque,
tellement tellement nourrissante,
toutes mes fibres semblent en frissonner de joie,
semblent s’en imbiber joyeusement,
éclat de rire généralisé dans tout mon être
c’est bien de cela que les dieux doivent se nourrir,
à ne pas en douter,
de quoi d’autre auraient-ils besoin?
sans doute
ne doivent-ils pas ramer le moins du monde pour cela,
ça doit être là constamment pour eux,
ils doivent baigner dedans
comme des poissons depuis toute éternité,
tournant dedans encore et encore,
plongés dans le nectar le plus sublime
qui soit
je sens tous les types d’ondes en moi
dès que je les sollicite, dès que je les réveille,
qui semblent se chercher
qui semblent chercher à se réunir
tout semble chercher à se réunir
en moi pour l’instant,
mes organes se cherchent, mes tissus adipeux se cherchent,
mes muscles se cherchent,
mes mouvements, mes gestes, même, se cherchent,
ils cherchent tout à se réunir,
à se fondre ensemble, à clapoter joyeusement ensemble
dans ce délicieux bain
ainsi va le mode yin,
une grande réunion de famille,
organisée à l’impromptu,
avec tout le brouhaha et le joyeux bordel
qui vont avec

