il y a quelques instants
j’étais dans la salle de bain
en train de me laver les dents
avec ma brosse électrique
j’avais les yeux fermés
car, en même temps,
en bas,
mon bassin s’activait,
mon bassin tournicotait
les cuisses jouaient avec le pénis, les couilles,
les muscles du périnée s’en mêlaient,
comme toujours,
à coups de contractions
synchronisées au frotti frotta des cuisses
c’était assez étonnant
car je parvenais vraiment à bien me concentrer
sur les deux opérations en cours,
j’étais bien à l’écoute en bas de ce qui se passait,
ce que je ressentais, guidait, en même temps
et puis avec la brosse dans la main,
j’effectuais un brossage systématique, minutieux,
qui tirait certes en longueur,
concession au plaisir entre mes reins,
faire durer, faire durer
oh comme c’était délicieux,
ce piano à quatre mains,
le contraste entre la volupté
qui flottait entre mes hanches
et puis la banalité du lavage des dents,
il y avait presque comme un dialogue entre les deux,
à tel mouvement de la brosse dans la bouche,
je répondais par un mouvement des reins,
une contraction des fesses
cela devenait presque
comme une danse à deux,
un jeu,
délicieuse légère volupté,
de la soie sillonnant les veines

