oh la vague,
comme disent les surfeurs,
elle m’a soulevé
mais alors soulevé de chez soulevé,
je n’étais plus qu’un fétu de paille
roulé, roulé, roulé
assis dans mon fauteuil,
je venais de terminer quelque chose à l’écran,
je me suis dit que j’avais droit à une petite friandise
j’ai fermé les yeux
tout en portant les mains aux seins,
les enrobant de mes paumes,
les pressant, les frottant, un peu
tandis qu’en bas,
les cuisses se sont resserrées autour des bijoux de famille
et que j’ai fait monter une seule mais puissante contraction
des muscles du périnée
oh la vague d’ondes que cela a créé en moi,
un mur géant de vibrations qui avançait,
imprégnant tout sur son passage,
comme souvent dans ce genre de cas,
ma tête s’est rejetée vers l’arrière,
comme un roseau ployé par la force du vent
je goûtais quelques instants
à cette félicité voluptueuse
qui traversait tout mon être,
instantanée transportation
dans une autre galaxie
où règnent une soie et un velours
chauds, frémissants,
s’insinuant partout

