cette fois,
je me suis décidé mais alors décidé de chez décidé,
mon plaisir en mode yin étant bien établi,
à certains moments, séismique, tempêtueux,
arrachant délicieusement tout sur son passage,
à d’autres moments, doux et ondulant comme une mer de soie,
délicat et raffiné comme de la dentelle,
faisant fondre encore et encore
étant parfaitement conscient
que c’est à moi tout cela, pour toujours,
que plus personne ne peut me l’enlever,
que cela ne peut qu’encore mûrir automatiquement
au fur et à mesure que je pratique,
aussi, j’ai décidé donc, décidé de chez décidé,
d’ouvrir vraiment sérieusement deux autres chantiers,
pour retrouver mon âme d’explorateur,
en proie aux affres des échecs momentanés
comme aux délices et ravissements de soudains progrès,
de délicieuses découvertes
d’une part, le plaisir anal,
couché sur le flanc, dans une position d’abandon,
offrant le cul à mes doigts,
un, deux ou trois, selon les moments,
les canailles inlassablement et patiemment à l’ouvrage,
trifouillant, farfouillant, frottant, pressant, titillant ,
effectuant de lents allers retours
tantôt tout en retenue,
tantôt comme s’ils cherchaient à m’assassiner
de violents coups de couteau
et d’autre part, le chantier du plaisir prostatique,
couché sur le dos, les cuisses bien écartées,
les mains allant et venant par monts et par vaux,
frottant, frottant cette peau si assoiffée,
tellement comme du buvard
tandis qu’en bas, des contractions
et en haut, une respiration de type yogique
(pour les curieux, dans le yoga, appelée, respiration ujjayi),
se coordonnent, cherchent à approfondir une complicité,
à mettre en place une danse ardente ensemble,
un rythme qui invite de plus en plus la prostate,
la reine sur son trône, enfouie en nos flancs,
que la montagne de cristal vibrant, naisse,
que la montagne de cristal vibrant
soit un moment partout en moi,
m’éclatant aux quatre coins de l’horizon

