tant qu’on travaille,
tant qu’on est pris dans ces rouages
où chaque matin de la semaine, on se lève
et on donne en moyenne 8 heures de son temps
à effectuer des taches pour gagner son pain,
on ne se rend pas bien compte de ce que cela nous coute vraiment,
de ce que cela mange de notre vie
pour la plupart d’entre nous,
cela ne semble pas trop éreintant, pas trop encombrant, pas trop handicapant,
pas trop difficile, pas trop prenant
et puis cela nous permet éventuellement de nous acheter une maison, un appartement,
d’aller au restaurant, au cinéma, d’acheter des vêtements, des meubles, des livres,
de partir en vacances, etc
et pourtant, on s’en rend compte plus tard quand on part à la retraite,
quand enfin tout notre temps nous appartient,
cela nous a volé notre vie quelque part,
tout en douceur, tout en finesse, tout en souplesse,
chirurgicalement, sans trop de douleur
mais le résultat est là au bout du compte,
on n’aura pas vécu ce qu’on aurait pu,
qu’on aurait du,
ce qu’on aurait pu essayer, en tout cas
alors il reste quelques années,
le corps et l’intellect, sur la pente descendante,
s’usant de plus en plus vite,
pour essayer de rattraper le temps perdu
(peine perdue)
juste, en fait, essayer d’être un peu,
d’être un peu vraiment,
de déguster le flot de la vie en nous et autour de nous,
avant que de quitter cette terre
et ses atrocités et ses délices, à la pelle

