c’est bête
mais dans la forêt je me fais plein d’idées,
je sens comme des énergies autour de moi,
je sens le silence parmi les arbres comme un sirop épais
dans lequel des choses mystérieuses
semblent se passer discrètement, très discrètement,
je sens comme une joie profonde, sereine et sans âge,
baignant dans la lumière parmi le feuillage dansant
vous voyez le genre,
cela ne fait pas très rationnel tout cela
mais que voulez-vous,
on sent ce que l’on sent
ou ce que l’on a très fort envie de sentir,
certains diraient …
mais c’est là, c’est bien là,
je me sens bien, profondément bien
parmi ces illusions,
je les cultive comme une plante,
elles poussent, elles croissent de plus en plus,
elles se développent, elles progressent
quand je pénètre dans la forêt,
me sens de plus en plus à l’unisson de quelque chose,
me sens de plus en plus comme fondre dans le paysage,
et j’aime cela,
comme j’aime cela
l’autre jour,
au spectacle des grands arbres soudainement,
hêtres, chênes, pins, essentiellement, au maximum de leur croissance,
après avoir longé un temps une route encombrée de voitures
puis bifurqué pour prendre enfin le chemin forestier
que j’avais choisi pour débuter ma randonnée,
au spectacle de leur majesté,
au spectacle de toute cette splendeur tranquille, immémoriale,
j’ai été étreint soudainement par une telle émotion,
que des larmes de joie et de reconnaissance
me sont montées à l’oeil

