je sors la tête par la fenêtre,
du haut de mon troisième étage,
je surplombe de plusieurs dizaines de mètres la ruelle,
respire quelques grands coups,
contemple un peu
la banalité navrante du spectacle
de cette rue peu fréquentée
derrière mon immeuble
dans l’archi-centre de Bruxelles
c’est déjà bien assez de moi,
là-dehors,
internet me branche à tout le reste
quand je veux,
cent mille milliards de ramifications
qui s’insinuent partout
les présences humaines,
les voix, l’éclat rosé des peaux,
les contacts aléatoires des corps,
les rires, les méandres de conversations,
sont loin pour l’instant
seront pour plus tard dans la journée,
seraient des soudaines intrusions dans mon monde,
non bienvenues pour l’instant,
je suis tout au dialogue intérieur,
ai réouvert, remis en route, pour la nième fois
le chantier grouillant, pour l’instant

