la volupté est toujours
comme une soudaine révélation presque extra-naturelle, divine,
de la présence, de l’existence de la chair
soudainement elle est là,
on la sent, elle a pris une forme,
la forme d’un nectar ineffable en nous,
elle n’est plus ce matériau transparent, muet, non-existant
sauf si nous avons des douleurs, une maladie,
habituel
elle manifeste sa présence,
en ne semblant plus du tout exister,
semblant avoir été remplacé par une matière invisible,
un frissonnement, chaud, duveteux, onctueux
qui se répand, qui caresse l’intérieur de façon exquise,
qui semble progressivement faire exploser les limites et les règles habituelles
qui la régisse
la chair est un petit bout de roche en fusion,
elle est une communion, une réunion,
une prière sauvage à la terre,
un instant, nous sommes, nous sommes vraiment,
nous appartenons à nouveau un instant à la terre,
nous en faisons partie,
on tourne avec le grand manège,
le grand carrousel qui circule depuis la nuit des temps

