ce que j’expérimente, ce que je vis,
très concrètement, de plus en plus, au quotidien,
c’est que tout mon être,
est comme la surface d’un immense lac
une partie du temps,
parfaitement immobile,
reflétant placidement ses environnements
mais que je me connecte un instant
à mon corps,
volontairement, en pleine conscience
ou pas, malgré moi, sans que je m’en rende compte,
et la surface de ce lac
semble prendre immédiatement vie,
se mettre à frémir,
à danser, ici et là
des vaguelettes, des vagues,
peuvent se former,
se mettent à courir,
à se croiser et à s’entrecroiser,
cela peut furieusement s’emballer
en quelques instants,
comme cela peut rester une farandole
relativement en mode mineure,
s’étirant, s’étirant,
toute une gamme entre
ce que je décris là, au fond,
c’est le mécanisme des émotions, des sensations,
de la volupté, des peurs,
des jouissances, des transes, diverses et variées,
des rêves et des fantasmes,
bref, de tout ce qui en nous,
nous rend vivant,
pour le meilleur et le pire,
nous plonge un peu
dans le grand flux bouillonnant
plus ou moins tranquille,
du vivant

