il fut un temps
où nous étions connecté en continu à notre corps,
où nos émotions et nos sensations
nageaient, tournoyaient, sautaient, librement autour de nous
comme des dauphins,
où nous étions les rois de notre univers,
où nous participions activement à tout instant,
à sa création,
où notre imagination était une baguette magique
qui avait encore ce pouvoir
ce temps avait un nom,
c’est celui de l’enfance
et puis les capacités intellectuelles ont poussé, poussé,
le désir est arrivé dans notre chair,
a commencé à l’irriguer
et nous avons été coupé progressivement
puis définitivement de l’enfance
cependant le désir
a gardé en lui quelques chemins secrets
qui permettent de retrouver ponctuellement
certaines caractéristiques de cette période bénie
et tellement riche en magie au quotidien,
comme celle d’être connecté à son corps,
ne former plus qu’un avec lui,
ou encore d’avoir ses émotions et ses sensations
qui semblent nous englober, nous transporter,
nous faire tournoyer pour un oui, pour un non,
nous rendre léger comme une plume au vent,
aussi que l’imagination redevient cette baguette magique
qui semble pouvoir recréer le monde à tout instant,
ah oui, notre capacité d’émerveillement, à être enchanté,
est à nouveau là, intacte et omnipotente
ces moments sont à notre portée,
plus particulièrement durant les moments de plaisir sexuel,
le désir nous ouvre des portes,
plein de portes,
nous proposent une progression, une quête, en soi,
pour les un peu exigeants
qui nous permettent de retrouvent certains facultés
dont nous étions gratifiés durant notre première période de la vie,
d’en jouir ponctuellement sans réserve

