par longs moments,
la volupté semble comme une brise légère et enivrante
soufflant à travers mes cellules
sans que je fasse absolument rien comme action
sinon que de penser à mon corps,
sinon comme de me connecter à lui en pensée,
sinon comme si je me faisais l’aveu doux de tout mon être
de comme il est bon d’avoir une chair,
de comme il est bon de baigner dans tout cela
comme dans un nid chaud et douillet
le plaisir est constamment à fleur de peau chez moi
et un rien le fait basculer,
le fait remettre sur le devant de la scène,
même en mode mineure,
en arrière-plan du devant de la scène, disons
une légere vibration généralisée
qui titille ma chair,
allume mon bassin
qui fait qu’à chaque mouvement,
à chaque fois que je bouge,
j’ai l’impression de touiller dans une marmite
où de la bonne soupe est en préparation,
dégageant un fumet délicieux
qui vient emplir comme des narines secrètes
jusqu’au fond de mes fibres

