le plaisir en mode yin
post-éjaculation,
lee heures, le jour d’après,
est bien sûr moins acéré
il y a du lag comme disent les gamers
mais néanmoins il est bien là,
toujours aussi riche et varié,
même si l’intensité
est moins rapidement omniprésente,
qu’il faut un peu plus de patience,
le corps étant moins réactif
que si les réservoirs d’énergie étaient bien remplis,
voire sur sursaturation
grâce à des jours et des jours
d’abstinence d’éjaculation
hier, dans la nuit vers 02h du matin,
j’avais lâché un jet laiteux ou deux ou trois,
les mouchoirs en papier,
avaient travaillé sur mon bas ventre, le haut des cuisses,
la petite forêt de poils,
pour assécher tout cela
ce matin, je sentais bien
que la région avait ce calme inhabituel,
enfin habituel aux heures post explosion spermique,
néanmoins j’ai eu tout de même envie
de quelques moments d’intimité ardente avec mon corps
les doigts de la main droite partirent pour mon circuit préféré sur la peau,
couché sur le flanc en chien de fusil, comme dab pour dormir,
ils démarrèrent le parcours par le téton droit,
jamais une mauvaise idée d’amorcer les choses
par les tétons, oh que non!
donc sur le téton droit, ils dansèrent un peu,
frottant, triturant, agaçant,
divergeant à gauche, à droite, tout autour,
remontant dessus, redescendant, tapotant, pressant, titillant
tantôt avec toute la paume, pressant le sein tout entier,
le tâtant, en sentant la légère courbe en poire sous les doigts,
après tout je n’ai rien d’une italienne opulente
du côté des protubérances mammaires,
donc cela reste des courbes légères
mais on les sent en mode yin,
on les sent définitivement féminines,
tellement délicieusement féminines
après quelques instants ainsi,
les doigts quittent les lieux
pour se rendre vers l’arête du corps
en cette position couché sur le flanc,
commencent lentement, tout lentement,
le long du thorax
à descendre vers la hanche,
on a l’impression d’être à flanc de colline comme cela,
les doigts perchés, descendant une côte,
c’est légèrement vallonneux,
oh encore une fois, pas comme chez une femme,
les hanches étant plus étroites,
mais néanmoins, on sent bien la courbe
tellement tellement harmonieusement
on a envie de s’attarder dessus,
c’est magnétique, c’est tellurique,
le moindre contact par ici
bien sentir chaque millimètre de peau de ce bassin
dans cette position sur le côté
on sent tout de suite sous les doigts
que cela regorge par ici de capiteux, de langoureux, en excès
qui s’exprime directement à chaque mouvement des hanches,
en provoquant une inondation d’ondes
comme si on pressait une éponge imbibée, engorgée,
jusqu’à la moelle
qu’il suffit d’à peine effleurer
pour qu’elle se mette à dégorger des vagues et des vagues
on passe et repasse sur chaque pore de la peau,
on caresse avec insistance la zone,
tellement elle est parlante aux doigts et aux sens,
ivresse de bouger, ivresse d’être,
ivresse de communier avec son corps
puis l’on continue de descendre,
on atteint rapidement la cuisse,
une grande région plate et poilue légèrement,
on s’avance un tout petit peu dessus,
la zone est encore bien sensible au toucher
le chant en nous continue de ses variations voluptueuses
même si l’on a quitté le bassin,
on est comme en sa périphérie
après quelques instants,
les doigts se décalent, dérivent vers l’arrière de la cuisse
et on commence à remonter,
on arrive rapidement à la crevasse là-derrière
qui abrite le volcan,
et l’on commence à tournicoter autour de l’orifice chéri,
on fouille, comme du museau des doigts, le terrain,
on plonge, on ressort, on replonge, on titille, on retitille
et enfin on s’immerge plus en profondeur,
changement d’ambiance, changement de milieu,
changement de faune et de flore
les doigts sont sur une autre planète,
là, désormais, en immersion,
je les arrête, je goûte un peu au contact de ces parois étroites, musclées,
encore bien humides, bien glissantes,
de tout le beurre de karité dont je m’enduits l’anus
chaque soir, avant de m’endormir,
cela dérape, cela glisse, donc délicieusement encore là-dedans,
une vraie patinoire, oh la la, mes aïeux
cependant je garde le ou les doigts, à présent, bien statiques,
petits poteaux de chair plantés là
et je laisse les muscles de la région prendre le relai,
ils se mettent en mouvement, les puissants coquins
semblent danser autour comme autour de totems
à adorer dans un rituel païen
ainsi, les doigts se mettent à bouger malgré eux, entraînés,
créant toutes sortes d’effets délicieusement volcaniques
comme toujours dès que l’anus entre en action,
je laisse tout cela jouer un peu entre eux
puis je reprends ma promenade, mon circuit
les doigts sortent,
commencent à rebrousser chemin,
remontent, grimpent sur la hanche,
s’y attardent un peu,
apprécient encore une fois ce galbe tellement unique
en corps de violon
au passage, la paume à plat embrasse un peu la fesse,
la frotte un peu en se redirigeant vers la crevasse
évalue chaque centimètre carré de cette peau un peu plus rugueuse
que le reste,
sans doute toutes ces années à rester assis face à un écran
ont endurci le grain par ici,
l’ont rendu moins fin, plus micro-chaotique
puis enfin les doigts remontent, retournent vers le haut,
quittant définitivement le bassin,
sur la crête du thorax filent lentement
et enfin, bifurquent pour arriver à nouveau
sur le sein
où le téton les attend impatiemment
frissonne frissonne encore un peu, mon petit bout,
ma petite érection d’en haut,
ma petite antenne émetteuse d’ondes
tellement généreusement

