ce matin, le réveil fut plus calme que la plupart des autres jours,
le désir a continué à dormir en moi,
pas de départ de la journée en délicieuse fanfare
eh bien je me levais alors,
quelques actions machinales comme ouvrir les rideaux,
me laver à l’eau froide la figure, remettre mes appareils auditifs,
plus loin,
plus précisément, en sortant des toilettes,
soudainement, je me suis arrêté
dans mon action de retourner vers la pièce principale,
appuyé les mains au mur, me suis penché en avant
et ai fait monté une lente contraction tout en fermant les yeux
et laissant mes hanches se mettre à se balancer,
coordonnées au rythme de la pression de la contraction
qui augmentait graduellement
il y avait une sorte de synchronisation, de complicité totale,
entre les muscles du périné qui agissaient
pour faire monter cette contraction
et puis mes reins
qui bougeaient lentement lentement,
lascivement, latéralement
tout cela en bas,
semblaient dialoguer, semblaient s’écouter,
semblaient se coordonner parfaitement,
la soie devint de plus en plus dense,
semblait m’envahir comme l’eau monte
dans la cuvette d’un évier
appuyé, les bras tendus, contre le mur,
yeux fermés,
je me lâchais complètement,
juste sentir cet envahissement,
me rendre complètement à lui,
n’être plus que lui
cela dura, peut-être une quinzaine de secondes,
pas plus
mais la qualité de l’intensité était telle
que ce furent quinze secondes hors du temps,
hors de l’espace, hors de moi,
hors de tout,
dissolu, dissolu, merveilleusement,
dans la soie des vibrations

