oh ces courtes envolées,
une volupté, tellement, tellement, lyrique,
il y a quelques instants, par exemple,
je remettais mon peignoir,
j’étais allé faire une petite vaisselle
vers 2 heures du matin,
nu comme un ver,
pour ne pas risquer de mouiller les manches longs en coton,
c’est tellement désagréable après
remettant donc le peignoir,
sur une intuition,
j’ai laissé le mouvement m’entraîner au-delà,
laissé les hanches se mettre à balancer,
les muscles du périné entrer en action,
les cuisses et les génitaux faire frotti frotta
c’était tout à fait hors de contrôle,
pas réfléchi pour un sou,
j’ai enclenché la chose
et cela s’est totalement emballé quelques instants,
tourné fou, tourné follement
vers une direction inconnue
cela n’a duré que quelques secondes
mais oh la la messieurs dames,
mais quelles secondes, mais quelles secondes!
de tels nuances de volupté se sont éveillées,
un envol de milliers d’oiseaux,
de toutes parts
mon corps, instantanément,
est devenu comme une sculpture en train de se faire
entre les mains du désir,
un tel état de grâce spontané s’exprimait,
s’est exprimé un bref moment
j’ai bien cru que le monde me happait,
dans un couloir d’espace temps parallèle
aux parois comme un vortex de velours et de frissons,
une déchirure dans la réalité,
m’engloutissait dans un tourbillonnement
tellement épanouissant et délicieusement fruité

