j’étais en train de surfer
avec une espèce de grosse tablette entre les mains,
ne me demandez pas pourquoi
mais j’étais penché au-dessus de la cuvette des toilettes
quand soudainement,
l’appareil me glissa d’entre les doigts
et malgré mes gesticulations désespérées pour le rattraper,
il tomba droit dans l’eau,
cela me fit sursauter et pousser un cri
qui me réveilla,
j’étais en train de dormir, de rêver,
ouf la tablette était sauvée
mais de toutes façons,
je n’ai pas et n’ai jamais eu, de tablette
quelques instants après,
j’entendis une petite musique brièvement s’élever de mon smartphone,
dans l’obscurité, je le saisis de la table de nuit,
ouvris gmail et effaçais les quelques publicités
arrivées pendant mon sommeil
je le redépose,
me rends compte qu’il y a déjà beaucoup de bruits qui proviennent de dehors,
lundi matin, le chantier en bas, a redémarré,
la ruelle derrière chez moi, est fermée jusqu’à la fin de l’année
pour cause de réaménagement des bureaux de l’assureur en face,
quelle peste, moi qui hais le bruit
je laisse mes hanches se mettre à bouger
tandis que le bout de mes doigts, déjà, filent à gauche, à droite,
juste en effleurant la peau,
j’émets quelques gémissements
qui viennent se mêler aux bruits d’en bas,
aux cris gutturaux et soudains, régulièrement, des ouvriers
ils ne me voient et ne m’entendent pas heureusement,
je peux continuer à gémir et à me tordre dans tous les sens de plaisir,
je peux laisser le mode yin m’emporter,
je peux laisser en toute liberté le mode yin m’emporter,
en quelques instants,
je suis déjà en train de grimper au plafond de plaisir
heureux moi,
retraité, plus de travail pour moi dans cette vie,
je peux faire ce que je veux,
m’envoyer en l’air autant que je veux,
rester à la maison, lire toute la journée
ou aller me promener dans la forêt,
si l’envie m’en chante
je me fis la réflexion que je m’étais arrêté de bouger
et que j’étais à nouveau penché au-dessus de la cuvette
en train de surfer,
cela me fit réaliser instantanément que je m’étais rendormi
non, pas une seconde fois,
le coup de la tablette qui tombe dans l’eau,
je me réveillais et les mains se remirent à l’ouvrage,
les cuisses vinrent se presser à nouveau autour des génitaux,
à les envelopper amoureusement,
à les frotter, à les presser, lentement, expertement
mon périné, aussi, bien sûr, entra en action,
s’en est immédiatement mêlé, comme toujours,
des contractions montèrent,
tout mon bassin se remit à vibrer
et je redevins un bouquet très coloré et très agité
de gémissements

