ces derniers temps,
je ne pousse vraiment pas à la consommation
mais une fois qu’il y en a une qui démarre,
cela devient instantanément
tellement capiteux,
de tous parts en moi
on dirait
qu’il n’existe plus rien d’autre
que cette joie dans ma chair,
on dirait que plus rien d’autre,
n’a jamais existé
que cette joie dans ma chair,
on dirait que plus rien d’autre
n’existera jamais
que cette joie dans ma chair
il y a longtemps,
quelque chose a commencé à maturer dans les caves
qui fait que le plomb accumulé des instants,
semble se transmuter maintenant
en un or ineffable
quelque chose comme une douleur capitale
ô combien facile à subir,
sait se rendre utile désormais
ainsi est la joie désormais,
capitale et facile à subir,
on dirait presque qu’il fallait cela,
chrétien comme raisonnement,
tout cela
au fond,
j’en suis un bon de chrétien,
tout athée,
tout adorateur de la terre et du soleil
que je suis,
j’associe à une plus grande douleur,
toujours plus de joie,
toujours plus de moments extatiques,
toujours plus d’innocence,
toujours plus de culpabilité
toute ce fracassement,
toute cette dissolution,
au fil des années,
n’a finalement mené peut-être
qu’à cela,
à jouir ainsi de l’instant,
de tout mon être,
de la moindre parcelle exposé de peau
jusqu’au plus profond de mon âme

