me réveille,
suis bien au chaud sous le drap,
je m’ébroue,
mon corps se met à bouger de tous les côtés,
c’est comme un immense signal,
je sens le désir démarrer comme un camion en moi,
oh laissons faire, dégustons-nous
mes doigts de pied
commencent à frotter , presser, l’autre pied,
remontent,
jouent à présent avec le mollet,
se contentent maintenant de passer bien à plat sur les innombrables poils,
les micro-sensations qu’ils génèrent, sont délicieuses
d’en haut, les mains ne sont pas en reste,
sans relâche, ils voyagent, inspectent les courbes, les aplats,
du paysage des flancs, de la poitrine, des seins, des tétons,
des fesses, de leur crevasse
les hanches bougent,
quelle ivresse à leur moindre déplacement,
c’est capiteux en diable tout cela,
le moulin à gémissements tourne, tourne,
lâchant à la ronde une kirielle de sonorités
grasses, rauques, hoquetantes, aigues, désordonnées, sinueuses,
de volupté
mon sexe a un peu grossi, un peu épaissi,
à force d’être frotté, pressé, malaxé, par les cuisses,
on dirait un de ces arrosoirs qui tourne sur une pelouse,
lâchant dans toutes les directions
de l’onde légère, brillant au soleil, dans ma chair
des contractions
des muscles du périné,
de temps à autre,
font participer aussi la prostate,
délicieuses, délicieuses, vagues,
alors
ô mon corps chéri,
tu vieillis bien,
comme nous vibrons,
comme nous vibrons!

