dans la vapeur torride du hammam,
le moindre mouvement coute,
l’impression, soudainement,
de se retrouver en pleine canicule estivale,
une canicule de cauchemar
où le moindre geste fait couler des litres de sueur
et où l’on se sent exaspéré, fatigué,
fatigué, exaspéré
mais que l’on reste bien immobile,
que l’on accepte la poigne implacable de la vapeur
sur l’ensemble de notre corps,
cela devient quelque chose de spécial, de très spécial
il s’agit ici,
d’un mécanisme identique à celui
avec lequel on s’abandonne au plaisir,
on laisse son désir mener l’action,
l’on s’offre, on s’ouvre,
on est béant face à la marée de la volupté qui monte,
qui nous envahit de plus en plus
sauf qu’ici,
c’est de la chaleur de la vapeur qu’il s’agit,
notre peau brûle, pas déplacer donc même un doigt
juste se statufier et bien se laisser aller,
bien se laisser emporter par ce brouillard humide et brûlant
qui semble vouloir nous pénétrer de toutes parts,
nous faire fondre
fondue bourguignonne,
vous avez dit, fondue bourguignonne?
on est un peu le bout de viande au bout de la fourchette
en train de barboter et de cuire
dans l’huile bouillante,
c’est vrai,
faut s’y habituer pour goûter aux bienfaits multiples
de cette pratique
bon,
cela a très certainement un aspect masochiste,
il faut l’avouer
mais encore une fois,
les bienfaits sont indéniables

